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Jean Dorion s’éteint à 83 ans : Le Québec perd un militant infatigable et un esprit libre
Crédit: Bouchecl, Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Une fin de parcours paisible pour un géant du mouvement

C’est une nouvelle qui résonne tristement dans les couloirs du mouvement souverainiste et bien au-delà. Le Parti québécois (PQ) vient de perdre l’une de ses figures tutélaires, un homme qui était là, aux origines. Jean Dorion, que beaucoup ont connu comme l’inamovible président de la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) de Montréal avant son passage remarqué en politique fédérale, nous a quittés. Il avait 83 ans.

La fin a été douce, heureusement. Selon sa famille, qui s’est exprimée via Facebook, Jean Dorion est parti « paisiblement dans son sommeil » dans la matinée du 23 janvier 2026. Ce départ marque la fin d’un combat que l’on imagine éprouvant, une « longue lutte difficile » comme l’écrivent ses proches, contre deux adversaires redoutables : la maladie de Parkinson et le cancer de la prostate.

Dans ce moment de deuil, nos pensées vont évidemment vers ceux qui restent. Il laisse derrière lui sa femme, mais aussi une grande famille avec ses cinq enfants, sans oublier ses nombreux amis qui doivent se sentir bien seuls aujourd’hui.

Des racines militantes profondes à la présidence de la SSJB

Il faut se rappeler que Jean Dorion n’était pas qu’un simple politicien; c’était un sociologue de formation, un intellectuel qui a mis sa réflexion au service de ses convictions. Souverainiste de la toute première heure, il ne s’est pas contenté de suivre le mouvement. Il a d’abord milité au sein du Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN), ce qui n’est pas rien, avant de contribuer activement à la fondation du PQ en 1968. C’est tout un pan de notre histoire, ça.

Il a d’ailleurs joué un rôle clé dans plusieurs cabinets sous le gouvernement de René Lévesque. Mais pour beaucoup de Montréalais, son visage reste indissociable de la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) de Montréal. Il en a tenu les rênes à deux reprises, une fidélité rare. D’abord de 1989 à 1994, puis il y est revenu, presque dix ans plus tard, pour un second mandat de 2003 à 2008.

D’ailleurs, parlons-en de ses réalisations à la SSJB, car ce n’est pas anecdotique. C’est à lui, lors de son premier mandat, que l’on doit la relance du défilé de la fête nationale du Québec en 1990. Imaginez, cela faisait plus de 20 ans que l’événement avait disparu! Il a aussi présidé le comité de la langue de l’organisation à l’époque charnière des grandes manifestations pour la défense de la loi 101. Un homme de terrain, assurément.

L’aventure fédérale, le Japon et l’esprit critique

Entre ses deux mandats à la SSJB, Jean Dorion ne s’est pas tourné les pouces, loin de là. Il a renoncé à sa première présidence pour endosser le costume de délégué général du Québec au Japon. Cette expérience diplomatique l’a marqué profondément. Près de quinze ans plus tard, il a fait le saut dans l’arène fédérale avec le Bloc québécois de Gilles Duceppe.

Il a siégé à Ottawa pendant trois ans, de 2008 à 2011. À titre de porte-parole du Bloc en matière d’affaires étrangères et de développement international, il a pu continuer à cultiver ses liens avec le Japon. D’ailleurs, c’est assez exceptionnel, mais en mars 2020, il a été décoré de l’Ordre du Soleil levant pour ses services. Son mandat de député a pris fin abruptement lors de la fameuse « vague orange » de 2011, où le NPD de Jack Layton a balayé le Québec, lui coûtant son siège.

Mais Jean Dorion, c’était aussi un esprit libre, capable de surprendre son propre camp. On se souvient — enfin, certains s’en souviennent peut-être — de son essai publié en 2013. Il avait fait grand bruit en critiquant la charte des valeurs que voulait mettre en place le gouvernement péquiste de Pauline Marois. Il a pris part aux débats sur la laïcité et l’identité avec une franchise qui, disons-le, forçait le respect même quand on n’était pas d’accord.

Conclusion : L’hommage d’une nation

credit : lanature.ca (image IA)

La SSJB de Montréal est évidemment en deuil. Sa présidente générale actuelle, Marie-Anne Alepin, a eu des mots très touchants dans un communiqué diffusé vendredi. Elle rappelle que Jean Dorion « est demeuré profondément fidèle à son engagement envers le Québec » tout au long de sa vie. Il semble même qu’il répétait souvent que sa présidence à la SSJB était l’une des plus grandes fiertés de son existence.

Selon Mme Alepin, sa feuille de route témoigne d’un « engagement exceptionnel au service de la patrie » et elle ajoute, avec une émotion palpable, qu’il « nous manquera profondément ». C’est indéniable, son parcours politique, diplomatique et civique est marqué par des réalisations majeures.

Pour ceux qui voudraient lui rendre un dernier hommage, les funérailles auront lieu à la Maison Ludger-Duvernay, le siège social de la SSJB de Montréal. Les détails précis seront communiqués un peu plus tard. Une page se tourne, c’est certain.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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