Les scientifiques révèlent pourquoi le cancer du côlon tue de plus en plus de personnes de moins de 50 ans
Auteur: Simon Kabbaj
Une exception inquiétante dans un monde qui progresse

De plus en plus de gens survivent au cancer. C’est un fait. La science moderne nous a donné les armes pour repousser des maladies qui, autrefois, passaient inaperçues jusqu’à ce qu’il soit trop tard.
Des millions de vies sont prolongées, sauvées même. C’est formidable. Mais voilà… il y a un « mais ». Une exception vient assombrir ce tableau plutôt positif : le cancer du côlon. C’est assez déroutant, voire effrayant, car alors que nous gagnons du terrain presque partout ailleurs, ce cancer spécifique semble résister, et pire encore, il gagne du terrain chez une catégorie de population qu’on pensait à l’abri : les jeunes.
Ce qui se passe est assez inédit. Les progrès scientifiques ont réussi à faire chuter la mortalité pour la plupart des cancers touchant les jeunes. Mais pour les maladies affectant le côlon, la courbe ne suit pas la même direction. Elle monte. Inexorablement.
Les chiffres alarmants d’un nouveau rapport

Les chiffres, on peut leur faire dire ce qu’on veut, mais ceux-là sont têtus. Un nouveau rapport de l’American Cancer Society vient de tomber, et il fait froid dans le dos. Pour la toute première fois, le cancer colorectal est devenu la principale cause de décès lié au cancer chez les jeunes. Vous vous rendez compte ?
Les chercheurs se sont penchés sur les taux de mortalité des cinq cancers les plus meurtriers chez les hommes et les femmes de moins de 50 ans. Et ce qu’ils ont découvert est… comment dire… paradoxal. Tenez-vous bien : entre 1990 et 2023, les décès par cancer dans cette tranche d’âge ont globalement chuté de 44 %. C’est énorme ! Cette baisse concerne quatre des cinq types de maladies les plus courants.
Mais voilà le hic. Alors que le tabagisme recule, que les traitements s’améliorent et qu’on dépiste plus tôt, le nombre de personnes mourant d’un cancer colorectal, lui, a grimpé. Et pas qu’un peu. On parle d’une augmentation constante d’environ 2 % chaque année. C’est insidieux.
Résultat des courses : c’est désormais le cancer le plus mortel pour les moins de 50 ans. En 1990, il n’était qu’en cinquième position. Aujourd’hui, il est la première cause de décès par cancer chez les jeunes hommes, et la deuxième chez les femmes, juste derrière le cancer du sein. C’est d’autant plus surprenant que, comme l’explique le Dr Jeff Meyerhardt, expert en cancers gastro-intestinaux : « Ils sont considérés comme des cancers du vieillissement ». Il précise à Scientific American que l’âge d’apparition était assez fixe pendant longtemps… jusqu’à récemment.
Symptômes ignorés et dépistage tardif : pourquoi ça nous échappe ?

Alors, la question que tout le monde se pose, je suppose, c’est : pourquoi ? Pourquoi plus de jeunes meurent-ils de ce cancer ? Les scientifiques pointent du doigt un problème majeur : le manque de détection précoce. C’est logique, mais tragique. Le cancer du côlon est beaucoup plus difficile à traiter s’il n’est pas pris à temps.
Le souci, c’est que les moins de 50 ans ont tendance à ignorer les signaux d’alarme. On se dit « je suis jeune, ça va passer ». Pourtant, il y a des signes qui ne trompent pas, ou du moins qui devraient alerter :
- Des ballonnements persistants ;
- Du sang dans les selles ;
- Des selles douloureuses.
C’est peut-être gênant d’en parler, mais c’est vital. Une partie du problème vient aussi des directives de dépistage. Le dépistage standard ne commence généralement qu’à l’âge de 45 ans. C’est une limite qui a déjà été abaissée de cinq ans (c’était 50 avant) justement à cause de cette prévalence croissante chez les jeunes. Mais pour quelqu’un dans la trentaine, c’est souvent hors radar.
Le mystère biologique et l’urgence d’agir

Il y a quelque chose d’encore plus troublant dans cette histoire. Les scientifiques se demandent comment ces cancers peuvent se développer si tôt. Imaginez un peu : si une personne est diagnostiquée dans la vingtaine ou la trentaine, cela signifie que la tumeur a dû commencer à se former alors qu’elle n’était qu’adolescente.
Andrea Cercek, co-directrice du Centre pour le cancer colorectal et gastro-intestinal à début précoce, l’explique très bien : « Si vous pensez au processus typique pour, disons, un jeune de 22 ans, le polype aurait dû commencer, littéralement, quand il avait 10 ans. » C’est fou, non ? Elle ajoute : « Nous sommes très intéressés de voir s’il y a quelque chose dans le processus qui pourrait être plus accéléré, qui pourrait être différent. »
Les hypothèses actuelles ? Elles se tournent vers les grands changements de ces 30 dernières années. On parle de notre mode de vie, de notre alimentation, et même… des microplastiques. Andrea Cercek ne cache pas son inquiétude : « Ce qui se passe ‘dans l’ensemble’ est alarmant. »
Mais il ne faut pas oublier l’humain derrière la statistique. Survivre à un cancer colorectal quand on est jeune adulte, c’est une épreuve qui change la vie. Comme le dit Mme Cercek, c’est incroyablement difficile et éprouvant sur le plan émotionnel, physique et financier. Le message est clair : plus nous pourrons diagnostiquer tôt, mieux ce sera pour les patients. Ne négligez aucun symptôme, vraiment.
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.