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Pourquoi ce feu de cheminée si réconfortant cache en réalité un danger mortel
Crédit: lanature.ca (image IA)

L’illusion de la bûche dans l’âtre

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On connait tous ce sentiment. Jeter une autre bûche dans la cheminée qui crépite par une froide nuit d’hiver, ça semble être une tradition tellement douillette, presque inoffensive, n’est-ce pas ? Pourtant, il semblerait que nous ayons tout faux. Des scientifiques de l’Université Northwestern viennent de mettre le doigt sur une réalité dérangeante : le chauffage au bois résidentiel est un contributeur majeur — et franchement, souvent ignoré — de la pollution atmosphérique hivernale aux États-Unis.

C’est assez fou quand on regarde les chiffres. Seulement 2 % des foyers américains utilisent le bois comme source de chauffage principale. Un chiffre minuscule, non ? Et pourtant, cette pratique est responsable de plus d’un cinquième — oui, plus de 20 % — de l’exposition hivernale des Américains aux particules fines extérieures (les fameuses PM2.5), selon cette nouvelle étude.

Le problème avec ces minuscules particules aéroportées, c’est qu’elles sont sournoises. Elles peuvent pénétrer profondément dans les poumons et même s’infiltrer dans la circulation sanguine. Une fois là, elles sont liées à des risques accrus de maladies cardiaques, pulmonaires et même de décès prématuré. Tenez-vous bien : les scientifiques ont calculé que la pollution issue du chauffage au bois résidentiel est associée à environ 8 600 décès prématurés par an. C’est un chiffre qui fait réfléchir, vous ne trouvez pas ?

Une analyse quartier par quartier qui change la donne

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Pendant des décennies, on a braqué les projecteurs sur les suspects habituels : les voitures, les centrales électriques, l’agriculture, l’industrie… Mais dans cette nouvelle étude publiée dans la revue Science Advances, l’équipe a décidé de regarder ailleurs. Kyan Shlipak, étudiant en génie mécanique à la McCormick School of Engineering de Northwestern, et Daniel Horton, professeur associé au Weinberg College of Arts and Sciences, se sont penchés sur ce pollueur de l’ombre : les chaudières, les fourneaux et nos chères cheminées.

Leur méthode ? Plutôt impressionnante. Ils n’ont pas fait les choses à moitié. Ils ont d’abord récupéré les données de l’Inventaire National des Émissions (NEI) de l’EPA, qui se base sur tout un tas de facteurs : enquêtes nationales, données sur le logement, climat… Ensuite, ils ont utilisé un modèle atmosphérique haute résolution. Imaginez qu’ils ont découpé les États-Unis continentaux en une grille de carrés de 4 kilomètres sur 4 kilomètres. C’est du travail de précision. Ce modèle prend en compte la météo, le vent, la température et même la chimie atmosphérique pour estimer la qualité de l’air heure par heure.

Comme l’explique Horton, qui dirige le Climate Change Research Group (CCRG) : « Les émissions de la combustion du bois entrent dans l’atmosphère, où elles sont affectées par la météorologie. » En gros, certaines émissions sont des polluants primaires, comme le carbone noir, mais d’autres interagissent avec l’atmosphère pour former de nouvelles espèces de pollution particulaire. En comparant deux simulations — une avec la fumée de bois, une sans — ils ont pu isoler le coupable. Résultat des courses ? Le chauffage au bois résidentiel représente environ 22 % de la pollution PM2.5 en hiver. C’est l’une des plus grandes sources uniques de pollution aux particules fines durant les mois les plus froids.

L’injustice invisible : quand la fumée voyage

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C’est là que l’étude devient vraiment poignante, je trouve. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, la majorité des personnes les plus touchées vivent dans les zones urbaines, et non à la campagne. C’est un paradoxe cruel. La fumée émise par les banlieues, où l’on brûle du bois pour le plaisir ou le chauffage, ne reste pas sagement au-dessus des cheminées. Elle voyage. Elle dérive vers les cœurs urbains plus densément peuplés.

Shlipak et Horton ont découvert une inégalité flagrante. Le fardeau sanitaire pèse de manière disproportionnée sur les personnes de couleur. Pourtant — et c’est important de le noter — ces populations brûlent statistiquement moins de bois. Mais elles subissent des niveaux d’exposition plus élevés et des dommages à la santé plus importants. Pourquoi ? Probablement à cause de taux de mortalité de base plus élevés et d’une longue histoire de politiques discriminatoires, comme l’explique l’étude.

Prenons l’exemple de la région métropolitaine de Chicago. Les chercheurs estiment que les communautés noires y font face à des effets néfastes sur la santé supérieurs de plus de 30 % par rapport à la moyenne de la ville. C’est énorme. Comme le dit très justement Horton : « Bien qu’une grande partie des émissions provienne des banlieues, les polluants ne restent pas sur place. » Shlipak renchérit en soulignant que, bien que les personnes de couleur soient corrélées à des taux d’émission plus faibles, une grande partie de cette pollution est « transportée vers ces communautés, plutôt qu’émise par elles ».

Conclusion : Une prise de conscience nécessaire

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Au fond, que peut-on faire ? Kyan Shlipak, l’auteur principal de l’étude, est formel : « L’exposition à long terme aux particules fines est associée à un risque accru de maladies cardiovasculaires. » La solution semble évidente, même si elle demande un changement d’habitude. En utilisant des appareils alternatifs pour chauffer nos maisons au lieu de brûler du bois, nous pourrions avoir un impact majeur sur la qualité de l’air.

Horton nous rappelle que nous entendons souvent parler de la fumée des feux de forêt, mais que nous considérons rarement les conséquences de nos propres foyers. Faciliter la transition vers des sources de chaleur plus propres pourrait entraîner des améliorations démesurées de la qualité de l’air, sauvant potentiellement des milliers de vies. Il faut noter, pour finir, que cette étude ne s’est penchée que sur les impacts extérieurs. Les conséquences de l’exposition intérieure, bien qu’elles n’aient pas été incluses ici, ajoutent sans doute encore une couche au problème. Alors, la prochaine fois que vous craquerez une allumette, vous y penserez peut-être à deux fois.

Selon la source : medicalxpress.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

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