Aller au contenu
Tchernobyl : L’incroyable secret des loups mutants qui défient le cancer
Crédit: lanature.ca (image IA)

Quand la vie reprend ses droits sur l’apocalypse

credit : lanature.ca (image IA)

C’était le 26 avril 1986. Une date gravée dans la mémoire collective. Ce jour-là, une série d’explosions de vapeur a provoqué la fusion du cœur nucléaire de la centrale de Tchernobyl, une petite ville frontalière entre l’Ukraine et la Biélorussie, qui faisait alors partie de l’Union soviétique. On se souvient des images, de la panique. Cet événement apocalyptique a bouleversé la vie de centaines de milliers de personnes et contaminé l’environnement pour des siècles. Enfin, c’est ce qu’on pensait.

Près de 40 ans plus tard, il se passe quelque chose de vraiment étrange là-bas. La Zone d’Exclusion de Tchernobyl (ZEC), ce périmètre d’environ 2 600 kilomètres carrés (ou 1 000 miles carrés pour être précis) autour de la centrale, s’est transformée. C’est devenu, un peu par hasard, l’une des plus grandes expériences scientifiques au monde pour étudier les effets à long terme des rayonnements ionisants. Alors que les humains ont déserté la zone, d’autres habitants ont décidé de rester. Et ils ne font pas que survivre.

C’est assez fascinant de voir comment la nature réagit quand on lui fiche la paix, même dans les pires conditions. Dans l’ombre de ce désastre nucléaire, certains animaux font preuve d’une résilience qui dépasse tout ce qu’on imaginait, défiant littéralement la maladie mortelle qu’est le cancer.

Une énigme biologique : De la grenouille au loup

credit : lanature.ca (image IA)

Ce n’est pas la première fois qu’on remarque des anomalies bizarres dans le coin. Déjà en 2016, une étude avait montré que les rainettes arboricoles orientales (Hyla orientalis) de la ZEC n’avaient pas tout à fait la même tête que leurs cousines vivant ailleurs. Plus récemment, en 2023, on a découvert des différences génétiques distinctes entre les chiens errants de Tchernobyl et ceux vivant à peine 16 kilomètres plus loin, dans la ville de Tchernobyl même. C’est comme si la zone avait ses propres règles.

Mais là, on passe à un autre niveau. Cara Love et Shane Campbell-Stanton, deux biologistes de l’Université de Princeton, se sont penchés sur un cas encore plus intriguant : la population de loups, qui prospère de manière inattendue. Ils ont étudié ces animaux pendant une décennie entière. Oui, dix ans de recherches. Les résultats de ce travail de longue haleine ont été présentés lors de la réunion annuelle de la Society of Integrative and Comparative Biology en 2024. Et ce qu’ils ont trouvé est stupéfiant.

Pourquoi les loups ? Parce que ce sont des superprédateurs, ce qu’on appelle des prédateurs au sommet de la chaîne alimentaire. Normalement, c’est une position privilégiée, mais dans un écosystème inondé de radiations, c’est plutôt un cadeau empoisonné. Imaginez un peu : ces loups mangent des proies irradiées, qui elles-mêmes ont mangé des plantes irradiées, qui ont poussé dans un sol irradié. C’est de la radiation à tous les étages, du bas jusqu’en haut.

Des données qui défient la logique : 6 fois la dose limite

credit : lanature.ca (image IA)

Logiquement, ces loups devraient être les plus touchés, non ? Eh bien, Cara Love affirme que ce n’est pas le cas. Au contraire. Elle a expliqué à la NPR une statistique qui m’a fait écarquiller les yeux : la densité de la population de loups dans la zone d’exclusion est sept fois supérieure à celle des zones protégées de la Biélorussie voisine. Sept fois ! C’est dingue quand on y pense.

Pour comprendre comment c’est possible, l’équipe de Princeton a équipé ces loups de colliers spéciaux dès 2014. Ces gadgets étaient munis de GPS et de dosimètres de radiation. Le but était simple : voir où ils allaient et ce qu’ils encaissaient. Au fil du temps, ils ont découvert que ces animaux sont constamment exposés à des niveaux de radiation six fois supérieurs à la limite légale autorisée pour les humains. N’importe qui d’entre nous serait probablement très malade, mais eux, ils continuent leur vie.

Shane Campbell-Stanton a eu une réflexion intéressante à ce sujet. Il a déclaré : « Les loups gris offrent une opportunité vraiment intéressante de comprendre les impacts d’une exposition chronique, à faible dose et multigénérationnelle aux rayonnements ionisants ». En tant que biologiste de l’évolution, sa première question a été de savoir si cette radiation était un facteur de stress suffisant pour agir comme une pression sélective. En gros, est-ce que la radiation force l’évolution ?

Une évolution accélérée et un espoir pour l’Homme

credit : lanature.ca (image IA)

La théorie de Love et Campbell-Stanton, c’est que ces loups subissent une sorte de sélection naturelle ultra-rapide. L’environnement a changé brutalement, alors ils ont dû s’adapter ou mourir. Certains loups dans la ZEC possédaient des gènes qui les rendaient plus résistants au cancer que les autres. Même s’ils développent des cancers au même rythme, ces canidés résilients ne sont tout simplement pas aussi impactés, ce qui leur permet de survivre assez longtemps pour transmettre ces « super-gènes » à la génération suivante.

C’est là que ça devient technique mais passionnant. Campbell-Stanton a précisé à la NPR : « En général, nous avons découvert que les régions qui évoluent le plus rapidement à l’intérieur de Tchernobyl se situent dans et autour des gènes dont nous savons qu’ils jouent un rôle dans la réponse immunitaire au cancer ou la réponse immunitaire antitumorale chez les mammifères ». C’est littéralement l’évolution en marche sous nos yeux.

Bien sûr, il faut rester prudent. Campbell-Stanton souligne rapidement que si la génétique joue un rôle clé, ces loups profitent aussi de l’absence d’une autre menace majeure : les humains. Pas de chasse, pas de voitures, pas de perturbation. L’équipe travaille actuellement avec d’autres spécialistes du cancer pour voir si ces mutations particulières pourraient avoir des applications thérapeutiques pour nous. C’est l’ironie ultime de Tchernobyl. Pendant des décennies, on a vu cet endroit uniquement comme une catastrophe écologique immense (ce qu’il est, ne nous méprenons pas), mais depuis dix ans, la ZEC ressemble de plus en plus à une opportunité scientifique sans précédent.

Selon la source : popularmechanics.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu