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« Une trahison » : l’Europe indignée après les propos de Trump sur les soldats alliés
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une onde de choc diplomatique

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C’est le genre de déclaration qui laisse des traces, même chez les alliés les plus solides. Samedi, une bonne partie de l’Europe s’est réveillée avec la gueule de bois après avoir entendu les propos tenus par Donald Trump sur la chaîne Fox News. Dans une entrevue diffusée jeudi, l’ancien (et peut-être futur ?) président n’y est pas allé de main morte concernant les 20 ans de conflit en Afghanistan. Sa thèse ? Les alliés de l’OTAN seraient restés « un peu loin des lignes de front ». Pire encore, il a lâché, avec cette désinvolture qu’on lui connaît, que les États-Unis n’avaient « jamais eu besoin d’eux ».

Forcément, ça a coincé. Plusieurs pays européens sont montés au créneau samedi pour dénoncer ce qu’ils perçoivent comme une insulte à la mémoire de leurs soldats. Face au tollé, Donald Trump a dû faire un pas de côté… enfin, un demi-pas, dirons-nous. Il est revenu partiellement sur ses propos, mais uniquement pour calmer le jeu avec son allié historique, le Royaume-Uni.

Tout s’est joué après un appel avec le premier ministre britannique, Keir Starmer. Ce dernier n’avait pas mâché ses mots, qualifiant les déclarations de Trump d’« insultantes » et de « franchement consternantes ». Peu après leur échange samedi, une mise à jour est apparue sur la plateforme Truth Social de l’Américain. Et là, changement de ton radical : « Les GRANDS et TRÈS BRAVES soldats du Royaume-Uni seront toujours aux côtés des États-Unis d’Amérique ! » a-t-il écrit, rappelant que 457 d’entre eux sont morts et que beaucoup ont été gravement blessés. Il les a même qualifiés de « plus grands guerriers », affirmant que le lien entre les deux nations était « bien trop fort pour qu’il soit rompu ». Il faut dire que les chiffres sont têtus : avec 2 400 morts côté américain, le Royaume-Uni est bien le pays ayant enregistré le plus de pertes en Afghanistan.

Le silence pesant pour les autres alliés

credit : lanature.ca (image IA)

Si les Britanniques ont eu droit à leur mea culpa, les autres ? Rien. Pas un mot. Donald Trump, s’il a fait amende honorable pour l’Union Jack, a totalement ignoré l’engagement des soldats des autres nations. Et pourtant, le sang a coulé ailleurs aussi. Prenez le Canada, par exemple, qui déplore la perte de 158 soldats. Ottawa a condamné les propos, mais l’amertume reste vive.

En Europe continentale, la réaction oscille entre la colère froide et l’émotion pure. En France, l’entourage d’Emmanuel Macron a choisi la carte de la dignité, refusant de polémiquer directement tout en disant l’essentiel. « Ces déclarations inacceptables n’appellent aucun commentaire », a-t-on fait savoir, préférant rediriger l’attention vers les familles endeuillées. Le message est clair : c’est à elles que le chef de l’État veut apporter du réconfort et redire la « reconnaissance et la mémoire respectueuse de la nation ». Pour rappel, la France a perdu 89 soldats en Afghanistan entre 2001 et 2014.

Du côté de l’Italie, c’est la stupéfaction. La première ministre Giorgia Meloni a exigé « le respect », purement et simplement. Son chef de la diplomatie, Antonio Tajani, a utilisé le réseau X samedi pour rendre hommage aux « 53 militaires italiens » tombés là-bas. Mais c’est peut-être la Pologne qui a réagi avec le plus d’émotion personnelle. Le premier ministre Donald Tusk a partagé un souvenir poignant sur X : une cérémonie d’adieux en 2011 pour cinq soldats polonais tués au combat. Il raconte : « Les officiers américains qui m’accompagnaient alors m’ont dit que l’Amérique n’oublierait jamais les héros polonais. Peut-être le rappelleront-ils au président Trump ».

Danemark : entre douleur et sentiment de trahison

credit : lanature.ca (image IA)

C’est sans doute au Danemark que la blessure est la plus vive. La première ministre Mette Frederiksen a jugé « insupportable » que l’engagement des soldats alliés soit ainsi remis en question. Elle a dit comprendre la douleur des vétérans, affirmant qu’« aucun mot ne peut décrire à quel point cela fait mal ». Et effectivement, l’Association des vétérans danois a déclaré « manquer de mots ».

Leur communiqué est cinglant de vérité : « Le Danemark a toujours été aux côtés des États-Unis, et nous avons répondu présents dans les zones de crise à travers le monde lorsque les États-Unis nous l’ont demandé ». Pour marquer le coup, ils ne vont pas en rester là : les vétérans appellent à une marche silencieuse le samedi 31 janvier à Copenhague. Une façon digne de protester contre ces attaques.

Mais il y a un contexte plus lourd derrière tout ça. On sent comme un sentiment de trahison qui s’installe. Soren Knudsen, le vice-président de l’association, ne mâche pas ses mots auprès de l’AFP. Pour lui, on est passé de propos offensants à des propos impolis, et maintenant, « nous avons l’impression qu’il s’agit d’une trahison ». Ce n’est pas juste faux, dit-il, c’est quelque chose contre quoi il faut réagir « très, très fermement ». M. Knudsen sait de quoi il parle : il a servi dans le sud de l’Afghanistan en 2006 et a même été commandant adjoint d’une mission de l’OTAN en 2012, composée essentiellement… de militaires américains.

Le malaise ne date pas d’hier. Le « premier coup de canif » était venu de J.D. Vance, le vice-président américain. Lors d’une visite sur la base de Pituffik au Groenland en mars 2025, il avait carrément qualifié le Danemark de « mauvais allié ». Ça commence à faire beaucoup. Pour mémoire, les forces armées danoises rappellent le prix payé : 44 soldats danois morts en Afghanistan, dont 37 tués au combat et 7 décédés suite à des maladies, accidents ou blessures.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

Créé par des humains, assisté par IA.

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