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Votre cerveau vous ment : pourquoi vous vivez (littéralement) dans le passé
Crédit: lanature.ca (image IA)

L’illusion du direct

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Vous avez probablement l’impression, là, tout de suite, de lire ces lignes en temps réel. C’est intuitif, non ? Votre regard se pose sur les mots, et hop, votre cerveau les enregistre. C’est du direct. Enfin… c’est ce qu’on croit tous. Mais si je vous disais que tout ça, c’est du différé ?

C’est un peu vertigineux, je sais. Pourtant, une convergence de pensées émergeant de chercheurs en mémoire, en perception et en neurologie vient bousculer nos certitudes. Leur constat est assez dingue : les circuits neuronaux qui nous servent à nous souvenir du passé ne servent pas juste à ça. Ils sont aussi aux commandes pour prédire le futur et, tenez-vous bien, pour fabriquer notre perception consciente du présent.

Autrement dit, ce que vous vivez comme l’instant présent est peut-être déjà un souvenir. C’est troublant, mais c’est exactement ce que suggèrent ces nouvelles recherches.

Quand la perception devient mémoire

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Dans une nouvelle perspective publiée dans le Journal of Cognitive Neuroscience, des chercheurs expliquent pourquoi notre feeling intuitif est sans doute faux. Même si notre perception consciente semble être un miroir fidèle du monde extérieur, les délais de traitement neuronal rendent cette instantanéité physiquement impossible. Le temps que l’info monte au cerveau, c’est déjà trop tard, le monde a changé.

Alors, que fait le cerveau ? Il triche, probablement. Au lieu de voir le réel, des mécanismes perceptuels inconscients créent une ligne temporelle qui est ensuite… remémorée consciemment. C’est là que ça devient technique (mais fascinant) : le réseau du mode par défaut, ainsi que les réseaux de contrôle frontopariétal et de saillance, sont essentiels pour la simulation et la mémoire. Par conséquent, ils deviennent critiques pour la conscience elle-même.

Le Dr Andrew Budson, auteur correspondant de l’étude, résume ça mieux que personne. Il explique que « les mêmes processus de simulation sont utilisés, que nous soyons en train de nous souvenir consciemment du passé, de vivre le présent ou d’imaginer l’avenir ». C’est une sorte de boucle continue. Selon lui, nos mécanismes perceptuels représentent une « meilleure estimation » continue et modifiable de notre passé, présent et futur. Il lâche cette phrase qui fait réfléchir : « Il n’y a pas de frontière nette entre la perception consciente et la mémoire aux échelles de temps de l’ordre de la milliseconde à la seconde ».

Une équipe de choc pour une théorie audacieuse

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Ce n’est pas juste l’opinion d’un seul homme dans son coin. Andrew Budson, MD, a un CV long comme le bras : professeur de neurologie à la Boston University Chobanian & Avedisian School of Medicine, il est aussi chef de la neurologie cognitive comportementale et directeur du Centre de neurosciences cognitives translationnelles au système de soins de santé des anciens combattants (VA) de Boston.

Pour ces travaux, il ne s’est pas lancé seul. Il a collaboré avec des pointures, notamment Hinze Hogendoorn, Ph.D., professeur de neurosciences à la Queensland University of Technology, et Donna Rose Addis, Ph.D., professeure de psychologie à l’Université de Toronto.

D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que Budson explore cette piste. Il avait déjà publié un article d’opinion décrivant la « Théorie de la mémoire de la conscience » dans la revue Cognitive and Behavioral Neurology. L’idée centrale ? Nos perceptions conscientes, nos décisions et nos actions seraient en réalité des souvenirs de sensations, décisions et actions inconscientes antérieures. Oui, on réagit après coup.

Ses collègues appuient cette vision. Hogendoorn, qui est un expert sur le timing de la perception consciente, soutient qu’aux échelles de millisecondes et de secondes, « il n’y a pas de frontière naturelle dure entre la perception et la mémoire ». De son côté, Addis, qui étudie la mémoire à l’aide de l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), suggère que la mémoire, l’imagination et même notre expérience du présent sont toutes des simulations créées par notre cerveau. On vit dans une simulation, mais c’est la nôtre.

Conclusion : À quoi sert la conscience finalement ?

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Si on accepte cette synthèse de leurs théories combinées, cela pourrait expliquer bien des mystères, y compris l’anatomie et la physiologie de la conscience. « Si notre synthèse est correcte, alors nous connaissons maintenant le but de la conscience », ajoute Budson avec une certaine assurance. Et ce but, c’est celui de la mémoire explicite : utiliser les informations antérieures pour comprendre le moment présent, imaginer des futurs possibles et planifier en conséquence.

Cela implique aussi quelque chose de massif sur le plan biologique : l’anatomie de la conscience serait tout simplement l’anatomie de la mémoire explicite. Budson avance que cela concerne l’ensemble du cortex cérébral. Rien que ça.

Pour finir, les chercheurs notent que cette nouvelle synthèse ne sort pas de nulle part pour écraser le reste ; elle complète d’autres théories existantes, comme celles de l’espace de travail neuronal global et du traitement prédictif. Comme le note Budson, « cette nouvelle synthèse suggère que de nombreuses théories majeures de la conscience décrivent peut-être ses différentes parties ». C’est un peu comme si, enfin, toutes les pièces du puzzle commençaient à s’assembler. Fascinant, non ?

Selon la source : medicalxpress.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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