Cri d’alarme à Vilnius : Zelensky réclame des armes pour protéger un hiver glacial
Auteur: Adam David
L’appel pressant venu du froid

C’est un dimanche marqué par l’urgence et la gravité qui s’est déroulé à Vilnius. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, s’y est rendu pour une rencontre cruciale avec ses homologues, le polonais Karol Nawrocki et le lituanien Gitanas Nauseda. Loin des simples formalités diplomatiques, le leader ukrainien a, une fois de plus, dû plaider sa cause avec insistance : il faut, et vite, plus de moyens de défense antiaérienne.
Pourquoi cette urgence ? Parce que l’hiver bat son plein et que les frappes russes, méthodiques et brutales, ont privé des centaines de milliers d’habitants, notamment à Kyiv, de ce qui est vital : l’électricité et le chauffage. À l’issue de cette rencontre tripartite, Zelensky a résumé la teneur des échanges : « Aujourd’hui nous avons parlé de l’énergie en Ukraine, de la situation difficile pour notre peuple, de la manière de soutenir les Ukrainiens ». Mais la discussion a inévitablement glissé vers le militaire, vers la « façon de renforcer l’Ukraine » pour qu’elle puisse tout simplement survivre à cette saison.
Un déluge de feu et une capitale frigorifiée

Les chiffres donnent le vertige, et c’est peu de le dire. En arrivant à Vilnius, M. Zelensky a lâché un bilan terrifiant de l’activité militaire russe rien que pour cette semaine. Tenez-vous bien : les forces russes ont lancé plus de 1700 drones d’attaque, largué plus de 1380 bombes aériennes guidées et tiré 69 missiles de divers types. C’est une pluie de fer ininterrompue. « C’est pourquoi des missiles pour les systèmes de défense antiaérienne sont nécessaires chaque jour », a martelé le président, précisant que le travail continue avec les États-Unis et l’Europe pour tenter de sécuriser le ciel ukrainien.
Sur le terrain, les conséquences sont humaines, terriblement humaines. Des centaines de milliers d’Ukrainiens sont plongés dans le noir et le froid. La capitale, Kyiv, semble payer le prix fort. Le maire de la ville, Vitali Klitschko, a dressé un tableau sombre ce dimanche après-midi : « Il y a actuellement à Kyiv 1330 grands immeubles résidentiels qui sont privés de chauffage après l’attaque de l’ennemi sur la ville le 24 janvier ».
La situation est telle que l’on assiste à un exode massif… Selon M. Klitschko, plus d’un demi-million de personnes ont quitté Kyiv rien qu’au mois de janvier. C’est énorme. Bien sûr, des équipes techniques travaillent d’arrache-pied, 24 heures sur 24, pour rétablir le courant et la chaleur, mais comment faire quand le gel mord et que les frappes aériennes s’enchaînent ? Ce n’est pas pour rien que mi-janvier, Zelensky avait dû déclarer l’« état d’urgence » pour le secteur énergétique.
L’Histoire qui bégaye : de 1863 à aujourd’hui

Mais ce déplacement à Vilnius n’était pas purement logistique, il était aussi chargé de symboles. Volodymyr Zelensky participait aux commémorations de l’insurrection de 1863, ce moment d’histoire où la Pologne et la Lituanie se sont levées contre la Russie tsariste. Le président polonais, Karol Nawrocki, n’a pas manqué de dresser un parallèle saisissant – et peut-être un peu effrayant – avec la guerre actuelle.
Ses mots résonnent fort : « Qu’il s’agisse de la Russie tsariste, de la Russie bolchevique ou de la Russie de Vladimir Poutine, nos pays, aujourd’hui indépendants, se heurtent toujours au même problème : la menace que représente la Fédération de Russie ». La Pologne et la Lituanie, qui font partie des soutiens les plus fidèles de Kyiv au sein de l’UE, ne se contentent pas de mots ; elles ont récemment fait don de générateurs, une aide précieuse quand le réseau électrique flanche.
Conclusion : Entre diplomatie et réalité du terrain

Pendant que les bombes tombent, on tente de parler. Un premier cycle de négociations directes s’est tenu samedi à Abou Dabi, réunissant des délégations ukrainienne, russe et américaine autour d’un plan de règlement américain. Résultat ? Pas d’avancée majeure apparente pour ce conflit qui a déjà fait des centaines de milliers de morts depuis 2022.
Zelensky, depuis Vilnius, a qualifié ces discussions de « constructives », un terme diplomatique qui cache souvent des impasses, tout en admettant que les positions de Kyiv et de Moscou sur les territoires de l’est restent « fondamentalement différentes ». Il y a tout de même une lueur d’espoir dans le processus : « Les Américains essayent de trouver un compromis. Nous allons vers une communication sous un format tripartite. Ce sont peut-être les premières étapes pour trouver ce compromis », a-t-il confié. D’ailleurs, de nouveaux pourparlers pourraient avoir lieu, potentiellement dès la semaine prochaine, toujours à Abou Dabi. On attend de voir.
Selon la source : lapresse.ca
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