La justice déclare pénalement non responsable un jeune de Montréal accusé d’avoir tué ses parents et sa grand-mère
Auteur: Simon Kabbaj
Un verdict lourd de sens au palais de justice

C’est une décision difficile, mais attendue, qui est tombée ce jeudi au palais de justice de Montréal. Arthur Galarneau, ce jeune homme de 22 ans qui a ôté la vie à ses deux parents et à sa grand-mère il y a près de trois ans, a été déclaré non criminellement responsable de ses actes. La juge Annie Émond, de la Cour supérieure du Québec, a pris le temps… beaucoup de temps, en fait, pour revenir sur le long historique de santé mentale de l’accusé avant de trancher.
Elle a raconté comment sa famille, désespérément, avait tout tenté pour l’aider. Les faits, d’une tristesse absolue, remontent au 17 mars 2023. Ce jour-là, dans le duplex familial du quartier Rosemont, trois vies ont été fauchées à coups de couteau : celles de Mylène Gingras, 53 ans, de Richard Galarneau, 53 ans également, et de la grand-mère, Francine Gingras-Boucher, âgée de 75 ans.
L’horreur du 17 mars et l’arrestation

Je ne sais pas vous, mais lire les détails de cette journée me donne des frissons. C’est Mylène Gingras, la mère, qui a eu la force d’appeler le 911. Au bout du fil, elle a supplié pour une ambulance, répétant à deux reprises que son fils allait la tuer. C’est terrifiant d’imaginer cette scène. Lorsque les premiers policiers sont arrivés sur place, ils ont vu l’impensable par une fenêtre : le jeune homme poignardait sa mère, encore et encore.
Arthur Galarneau est ensuite sorti de la maison. Il était tellement agité que les agents ont dû utiliser du poivre de Cayenne pour le maîtriser et l’arrêter. Une fois menotté, ses propos étaient… complètement délirants. Il parlait du diable, disait aux policiers qu’il voulait mourir. Dans l’ambulance qui l’éloignait de cette scène de crime, il a même lancé : « Je suis le diable. Je suis un démon. Tuez-moi. »
Plus tard ce jour-là, alors que les enquêteurs des homicides l’interrogeaient et lui expliquaient pourquoi il était en état d’arrestation, il a semblé confus, demandant : « Ce n’était pas deux (personnes tuées) ? ». Il était visiblement en état de choc. Quand on l’a questionné sur les blessures qu’il avait aux mains, sa réponse fut glaciale : « Ça vient avec un massacre. »
Une descente aux enfers et des parents dévoués

Ce qu’il faut comprendre, c’est que ce drame ne s’est pas produit dans le vide. Ses parents avaient fait des pieds et des mains pour faire soigner la schizophrénie dont il souffrait. Pour la petite histoire, Richard et Mylène s’étaient séparés quand Arthur avait cinq ans, mais son père était récemment revenu vivre avec la famille justement parce que les symptômes de son fils s’aggravaient. C’est triste, quand on y pense, cette solidarité parentale face à la maladie.
Les premiers signes sont apparus en 2020. Il avait été emmené à l’hôpital Sainte-Justine. Sa famille rapportait qu’il devenait délirant quand il consommait du cannabis. Avant cette hospitalisation, il avait quitté son emploi, se disputait avec sa mère et était suicidaire, a rappelé la juge en lisant sa décision. On lui avait prescrit des médicaments et dirigé vers une clinique. L’année suivante, en 2021, nouvelle hospitalisation après s’être montré agressif envers ses parents tout en continuant de parler de suicide. Il avait quitté l’hôpital après avoir accepté un nouveau traitement.
Mais tout a basculé peu avant le drame. Le 13 mars 2023, soit quatre jours avant les meurtres, sa mère a signalé à une clinique que ça n’allait plus du tout. Arthur avait des délires très précis : il pensait par exemple que ses sous-vêtements contenaient un dispositif permettant de le localiser par satellite. Trois jours plus tard, le 16 mars, son père Richard a passé beaucoup de temps avec lui, notant même qu’« après des jours de bas, des petits hauts faisaient du bien ». Quel espoir déçu… Car quelques heures plus tard, la nuit précédant les coups de couteau, l’état d’Arthur a empiré. Il a regardé un film plusieurs fois, buvant énormément de café pour tenir le coup. Il est devenu paranoïaque, persuadé d’entendre ses parents chuchoter dans la cuisine.
La suite : Pinel et une possible détention prolongée
Après son arrestation, les choses ont suivi leur cours médical. Des semaines plus tard, le 25 mai 2023, Galarneau a été admis à l’Institut Philippe-Pinel sur une base volontaire. Le psychiatre qui l’a évalué par la suite a été formel : il était incapable de distinguer le bien du mal au moment où il a tué ses parents et sa grand-mère. C’est ce qui a mené au verdict d’aujourd’hui.
Mais l’histoire ne s’arrête pas tout à fait là. La juge Émond a ordonné qu’Arthur Galarneau subisse une autre évaluation à Pinel. Pourquoi ? Pour déterminer la prochaine étape, et surtout pour voir s’il doit être déclaré « accusé à haut risque ». C’est une désignation spéciale du Code criminel. Si elle est appliquée, cela pourrait permettre de le détenir dans un hôpital comme Pinel pour une période beaucoup plus longue que ce qui est prévu dans d’autres cas de non-responsabilité criminelle. C’est une mesure de sécurité, je suppose, pour s’assurer qu’il ne représente plus un danger avant toute éventuelle sortie.
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