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Le coût caché de la pandémie : des millions de maladies chroniques restées non diagnostiquées
Crédit: lanature.ca (image IA)

Un système de santé sens dessus dessous

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Vous vous souvenez sans doute de ce moment où tout a basculé. Quand le Covid a frappé, nos systèmes de santé, pourtant réputés solides, se sont retrouvés sens dessus dessous. Les hôpitaux ont dû vider des lits en catastrophe, les rendez-vous de routine ont été annulés par milliers et la consigne était claire : restez chez vous, sauf urgence absolue. C’était une période étrange, n’est-ce pas ?

En Angleterre, par exemple, les visites chez le médecin de famille et les admissions à l’hôpital pour des raisons non liées au Covid ont chuté d’un tiers durant les premiers mois de la pandémie. Le personnel médical était redéployé, les cliniques fermées… Bref, le chaos. C’est dans ce contexte troublé que mes collègues et moi avons mené une étude, publiée dans le prestigieux BMJ. Nous avons analysé les données de santé anonymisées de près de 30 millions de personnes pour comprendre ce qui est arrivé aux nouveaux diagnostics de maladies chroniques. Et le constat est… comment dire… préoccupant.

Le grand vide : asthme, peau et os fragiles

credit : lanature.ca (image IA)

Ce que nous avons découvert, c’est une chute vertigineuse des diagnostics, particulièrement pour les maladies qui nécessitent des tests de routine ou l’avis d’un spécialiste. Prenons l’asthme : les nouveaux diagnostics ont baissé de plus de 30 % la première année. C’est énorme. Pour la maladie pulmonaire obstructive chronique (BPCO), c’est encore pire, avec une chute de plus de la moitié. Logique, me direz-vous, puisque ces deux maladies nécessitent des tests respiratoires qui ont été massivement perturbés à l’époque, créant des retards monstres.

Même constat pour la peau. Des affections comme le psoriasis ou la dermatite atopique ont été moins détectées. Sans doute parce que les gens ont hésité à consulter, ou parce que les renvois vers les spécialistes étaient bloqués. Mais là où ça devient vraiment inquiétant, c’est pour l’ostéoporose. Vous savez, cette condition où les os s’affinent et risquent de casser. Il existe des médicaments très efficaces pour éviter les fractures, mais encore faut-il être diagnostiqué pour les recevoir.

Les nouveaux diagnostics d’ostéoporose ont chuté d’un tiers au début de la pandémie et, tenez-vous bien, ils n’ont pas retrouvé leur niveau attendu pendant près de trois ans. Le résultat ? Entre mars 2020 et novembre 2024, il y a eu 50 000 personnes de moins que prévu diagnostiquées avec de l’ostéoporose en Angleterre. C’est autant de patients qui passent à côté d’un traitement préventif vital.

L’énigme de la dépression et des reins

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La reprise des diagnostics a été lente et, franchement, très inégale selon les maladies. Deux cas sortent du lot : la dépression et la maladie rénale chronique. Pour la dépression, c’est assez paradoxal. Les diagnostics ont chuté de près de 30 % la première année, ont un peu remonté, puis ont dégringolé à nouveau depuis 2022. Est-ce que les gens vont mieux ? J’en doute. Le nombre de demandes d’invalidité pour des problèmes de santé mentale a doublé en Angleterre entre 2020 et 2024. C’est le signe que quelque chose ne tourne pas rond.

Alors, pourquoi cette baisse des diagnostics officiels ? Plusieurs pistes. D’abord, la pression continue sur les services de santé allonge les délais. Ensuite, depuis 2022, les directives recommandent les thérapies par la parole (comme les TCC) plutôt que les antidépresseurs pour les dépressions légères. En Angleterre, on peut s’y inscrire soi-même sans voir un médecin. Du coup, ces patients n’apparaissent jamais dans les dossiers médicaux avec un « diagnostic » formel. Il y a aussi un changement de classification : alors que les diagnostics de dépression baissent, ceux du TDAH et de l’autisme explosent. On interprète peut-être différemment des symptômes qui se chevauchent.

À l’inverse total, les diagnostics de maladie rénale chronique ont doublé depuis 2022 ! C’est l’une des rares conditions à dépasser les niveaux d’avant la pandémie. Pourquoi ? Probablement grâce à de meilleures détections recommandées depuis 2021 pour les personnes à risque (diabète, hypertension). C’est une bonne nouvelle car les nouveaux traitements permettent d’agir tôt. Mais on ne peut pas exclure que le Covid lui-même, ou les retards de soins pour le diabète, aient abîmé les reins de nombreux patients.

Conclusion : Une leçon pour l’avenir

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Au fond, ce que cette étude nous dit est crucial. C’est un peu un mal pour un bien, si j’ose dire. La pandémie a perturbé les soins, c’est indéniable, mais elle a aussi forcé l’innovation. Aujourd’hui, nous sommes capables de détecter ces changements dans les maladies bien plus vite qu’avant. Il n’y a pas si longtemps, nous aurions attendu des années pour avoir ces données. Trop tard pour agir.

Désormais, l’analyse sécurisée et anonyme des dossiers médicaux nous permet de suivre les diagnostics et les traitements presque en temps réel. C’est une petite révolution. Même si les constats sont parfois sombres et que la pression sur le système reste énorme, savoir ce qui se passe au moment où cela se passe nous donne une chance incroyable : celle de réagir vite et mieux.

Selon la source : medicalxpress.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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