Un revirement soudain après Davos

Donald Trump vient de faire machine arrière, et pas qu’un peu. Il a brutalement retiré l’invitation qu’il avait lui-même envoyée au Premier ministre canadien, Mark Carney, pour rejoindre son fameux « Conseil de la paix ». C’est une initiative dont on entend beaucoup parler, censée se concentrer sur la reconstruction de Gaza et les efforts de paix, mais qui reste, disons-le franchement, assez floue pour le moment.
Tout ça s’est joué juste après le Forum économique mondial de Davos, en Suisse, qui s’est tenu du 20 au 24 janvier dernier. Les deux hommes y étaient. Trump, fidèle à lui-même, a décidé quelques jours plus tard de publier un message sur Truth Social. Ça commençait poliment par « Cher Premier ministre Carney », pour ensuite annoncer froidement que « le Conseil de la paix retirait son invitation concernant l’adhésion du Canada ». Une façon bien publique de pointer du doigt le dirigeant canadien après son discours qui a visiblement dérangé.
Ce « Conseil », Trump le vend comme le forum d’élite ultime, « ce qui sera le conseil de dirigeants le plus prestigieux jamais réuni, à tout moment ». Rien que ça. Mais ce retrait soudain montre bien le fossé énorme qui se creuse : d’un côté, l’approche très « affaires » de Trump, et de l’autre, la vision de Carney.
Un ticket d’entrée à un milliard de dollars et une liste d’invités surprenante

Accrochez-vous, parce que les détails financiers de ce club sont… comment dire… vertigineux. Trump a affirmé que ce conseil comprendrait un siège permanent au prix d’un milliard de dollars. Oui, un milliard. Et le plus fou, c’est que la Russie envisagerait sérieusement d’acheter ce ticket d’entrée. Vladimir Poutine a même déclaré qu’il pourrait fournir cette somme en puisant dans les actifs américains gelés suite à l’invasion de l’Ukraine. C’est une provocation à peine voilée, vous ne trouvez pas ?
Malgré ce contexte, Trump et ses alliés assurent que la salle sera pleine. Ils ont cité une liste de pays qui auraient donné leur accord de principe. C’est un mélange assez hétéroclite : l’Argentine, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, Bahreïn, la Biélorussie, l’Égypte, la Hongrie, le Kazakhstan, le Kosovo, le Maroc, le Pakistan, les Émirats arabes unis, le Vietnam et Israël. Ça fait du monde.
Pendant ce temps, de l’autre côté de l’échiquier, plusieurs pays de l’OTAN et des nations européennes préfèrent garder leurs distances. Ce scepticisme des diplomates n’est pas étonnant ; ils s’interrogent, à juste titre je pense, sur la crédibilité réelle et les intentions cachées derrière ce projet.
Le choc des visions : Ordre mondial contre nationalisme

Ce qui a mis le feu aux poudres, c’est sans doute ce qui s’est dit sur l’estrade à Davos. Mark Carney a prononcé un discours qui a été très écouté et largement salué. Il n’y est pas allé par quatre chemins : il a parlé d’une rupture structurelle de l’ordre international d’après-guerre. Selon lui, le pouvoir sert de plus en plus à la coercition plutôt qu’à la coopération. Il a prévenu que l’intégration économique, celle qu’on pensait garante de stabilité, expose désormais nos pays à des pressions stratégiques. Son message aux puissances moyennes comme le Canada était clair : renforcez votre autonomie stratégique et votre résilience nationale.
Donald Trump, lui, a dû s’étouffer en entendant ça. Son propre discours était l’opposé total. Combatif, nationaliste, il a vanté la diplomatie transactionnelle — donnant-donnant, quoi. Il a parlé de souveraineté nationale, de levier économique, et n’a pas hésité à menacer ses partenaires européens de droits de douane. Il a surtout insisté sur les intérêts stratégiques américains, avec cette sortie controversée sur le Groenland, qu’il a décrit comme un territoire que « seuls les États-Unis peuvent défendre ». Une remarque qui a fait grincer des dents chez les alliés de l’OTAN, mais qui résume bien sa vision du monde.
Conclusion : Un dialogue de sourds

Au final, cette affaire d’invitation retirée n’est qu’un symptôme d’un mal plus profond. Carney appelle à un ordre fondé sur des règles et des partenariats diversifiés face à un paysage instable. Trump, de son côté, mise tout sur la force, le leadership énergétique et une politique commerciale agressive. On a deux monologues qui ne se croisent pas.
L’incident du « Conseil de la paix » montre bien qu’à l’avenir, la coopération multilatérale risque d’être mise à rude épreuve par ces visions irréconciliables. Reste à voir si ce fameux conseil à un milliard le siège verra vraiment le jour ou s’il restera une autre de ces annonces fracassantes sans lendemain.
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