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Avertissement américain au Canada : Washington menace d’envoyer des chasseurs et d’élargir son intervention militaire
Crédit: shutterstock

Une menace directe sur la souveraineté aérienne

Ambassador Peter Hoekstra. U.S. State Department via wikimedia

C’est une nouvelle qui fait l’effet d’une douche froide dans les relations diplomatiques nord-américaines. Les États-Unis, par la voix de leur ambassadeur Pete Hoekstra, viennent de lancer un avertissement pour le moins… direct. En gros, si le gouvernement canadien décide de faire marche arrière sur l’achat des 88 avions de chasse F-35 de Lockheed Martin, l’Oncle Sam pourrait bien revoir les règles du jeu.

Hoekstra a été très clair : si le Canada achète moins de jets que prévu, les États-Unis se chargeront eux-mêmes de « combler ces lacunes » sécuritaires. Qu’est-ce que ça veut dire concrètement ? Eh bien, cela impliquerait que les Américains achèteraient davantage de F-35 pour leur propre usage et n’hésiteraient pas à intervenir beaucoup plus fréquemment dans l’espace aérien canadien. C’est une remise en question brutale d’un partenariat vieux de plusieurs décennies.

Actuellement, les termes du NORAD (le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord) permettent aux deux pays d’opérer dans l’espace aérien de l’autre pour traquer ou intercepter des menaces. C’est du donnant-donnant, un héritage de la Guerre Froide. Mais là, Hoekstra laisse entendre que l’intervention américaine irait bien plus loin si l’accord changeait, nécessitant de nouvelles conditions. « Le NORAD devrait être modifié », a-t-il lâché au micro de CBC News. Une phrase courte, mais lourde de sens.

L’explosion de la facture et le contexte politique tendu

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Pourquoi en est-on arrivé là ? Il y a quelques mois, le gouvernement canadien a indiqué qu’il « réexaminait » les termes de ce fameux accord. La raison est simple : le programme coûte beaucoup, beaucoup plus cher que prévu. On parle d’un audit initial de 2025 qui a révélé que la facture est passée de 19 milliards de dollars à un montant vertigineux de 27,7 milliards de dollars.

En 2022, le Canada avait pourtant accepté d’acheter ces 88 chasseurs avancés F-35A, s’engageant au départ à financer 16 jets livrables. Mais le programme a rapidement rencontré des obstacles. Non seulement la fabrication des jets prend plus de temps que ce qu’on imaginait, mais les coûts s’envolent. Face à cela, et dans un climat où les tensions montent entre les États-Unis et le Canada — notamment à cause des menaces de tarifs douaniers du président Donald Trump —, le Premier ministre canadien Mark Carney a demandé cette révision.

C’est une situation délicate. D’un côté, une facture qui explose, de l’autre, un voisin puissant qui met la pression. On sent bien que les décisions prises à Ottawa ne plaisent pas du tout à Washington.

L’alternative suédoise : des emplois contre des avions ?

lanature.ca (image IA)

Face à cette impasse financière, les officiels canadiens ne restent pas les bras croisés. Ils regardent ailleurs, et plus précisément vers la Suède. Selon les rapports, le Canada s’intéresse de très près à Saab, l’entreprise de défense et d’aérospatiale qui fabrique le chasseur JAS 39 Gripen E. Et Saab ne vient pas les mains vides : ils ont proposé de fabriquer les jets directement au Canada.

L’argument est de taille : cela créerait 12 600 emplois. Pour un gouvernement, c’est un chiffre qui pèse lourd dans la balance, vous ne trouvez pas ? Mélanie Joly, la ministre de l’Industrie, a confirmé cet intérêt à CBC News en déclarant : « Le gouvernement est intéressé par tous les projets majeurs qui peuvent non seulement protéger la sécurité et la souveraineté du Canada, mais aussi créer des emplois à travers le pays. »

Elle a ajouté une réflexion assez pragmatique : « Nous ne pouvons certainement pas contrôler le président Trump, mais… nous pouvons contrôler nos investissements de défense, à qui nous attribuons les contrats et comment nous sommes finalement capables de créer des emplois au Canada. Donc nous allons nous concentrer là-dessus. » C’est une façon polie mais ferme de dire que le Canada compte bien défendre ses propres intérêts économiques.

Conclusion : Pression maximale et guerres d’influence

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Mais revenons à Hoekstra (qui, sur une photo, décrit la relation de défense actuelle comme « géniale » tout en se tenant à gauche de Trump). Il a prévenu que si le Canada optait pour les jets Gripen E de Saab, les États-Unis devraient reconsidérer la manière dont ils travaillent avec leur voisin du nord. Pour lui, il n’y a pas photo sur la qualité. « S’ils décident d’opter pour un produit inférieur qui n’est pas aussi interchangeable, interopérable que ce qu’est le F-35, cela change notre capacité de défense », a-t-il martelé.

Il a ajouté, presque comme une fatalité : « Et en tant que tel, nous devons trouver comment nous allons remplacer cela. » C’est une pression énorme. Cet avertissement de Hoekstra est la dernière tentative en date d’un officiel américain pour forcer un autre pays à se plier aux désirs de l’administration, surtout sur les questions de sécurité nationale.

Cela intervient d’ailleurs juste après que Trump a menacé d’imposer des tarifs à ses alliés européens parce qu’ils ne soutenaient pas un accord américain pour acquérir… le Groenland. On voit bien que le contexte est tout sauf calme. Entre les enjeux technologiques, les milliards de dollars et la souveraineté des frontières, la partie d’échecs ne fait que commencer.

Selon la source : independent.co.uk

Créé par des humains, assisté par IA.

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