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Calculs rénaux : ce coupable microscopique qu’on n’avait jamais soupçonné
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une découverte qui bouscule nos certitudes

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C’est le genre de nouvelle qui vous fait reconsidérer ce que vous pensiez savoir sur le corps humain. On a longtemps cru, peut-être avec un peu trop d’assurance, que les calculs rénaux n’étaient qu’une affaire de chimie et de physique. Une histoire de minéraux qui s’agglutinent, rien de plus. Eh bien, il semblerait qu’on se soit trompé, ou du moins qu’on ait raté une pièce maîtresse du puzzle.

Une équipe dirigée par l’UCLA vient de faire une découverte assez stupéfiante : des bactéries se cachent à l’intérieur même du type de calcul rénal le plus courant. C’est un composant totalement insoupçonné dans leur formation. Cette trouvaille, qui est sur le point d’être publiée dans la revue très sérieuse Proceedings of the National Academy of Sciences, pourrait bien changer la donne pour les millions de personnes qui souffrent de cette condition souvent atrocement douloureuse. Comme l’explique le Dr Kymora Scotland, professeure adjointe d’urologie à l’école de médecine David Geffen de l’UCLA et co-auteure principale de l’étude, cette percée remet en cause l’idée reçue selon laquelle ces pierres se développent uniquement par des processus physico-chimiques.

Au contraire, les bactéries pourraient non seulement résider dans les pierres, mais participer activement à leur formation. C’est… inattendu, c’est le moins qu’on puisse dire. En dévoilant ce nouveau mécanisme, l’étude ouvre la porte à des stratégies thérapeutiques inédites qui viseraient directement l’environnement microbien des calculs rénaux. Gerard Wong, professeur aux départements de bioingénierie et de chimie de l’UCLA, ainsi qu’au California NanoSystems Institute, a également cosigné cette étude marquante.

Le mystère du calcium et des bactéries cachées

credit : lanature.ca (image IA)

Pour bien comprendre l’ampleur de la chose, il faut revenir aux bases. Les calculs rénaux, ce sont ces amas de petits cristaux qui se forment quand l’urine est trop concentrée. Malheureusement, leur fréquence a grimpé en flèche ces dernières années à l’échelle mondiale. Tenez-vous bien : aujourd’hui, environ 1 personne sur 11 en souffrira au cours de sa vie. C’est énorme. Les facteurs de risque ? Ils sont nombreux : antécédents familiaux, syndrome métabolique, ou tout simplement le fait de ne pas boire assez d’eau. Le processus démarre quand des cristaux grossissent dans l’urine jusqu’à devenir trop imposants pour être évacués naturellement par le flux urinaire.

Il existe plusieurs sous-types de calculs. On savait déjà qu’un type rare contenait des bactéries, mais on pensait que le plus courant, celui à l’oxalate de calcium (CaOx) — qui représente tout de même près de 80 % des cas — en était dépourvu. C’était une erreur. En examinant des données issues de microscopie électronique et à fluorescence, les chercheurs sont tombés, presque par hasard j’ai envie de dire, sur des bactéries bien vivantes. Plus surprenant encore, ils ont observé des couches, ou biofilms, de bactéries littéralement intégrées dans les cristaux. Le Dr Scotland souligne que ce nouveau mécanisme pourrait expliquer pourquoi ces calculs sont si fréquents et faire le lien, souvent flou jusqu’ici, entre les infections urinaires à répétition et la formation récurrente de calculs.

Un effort collectif pour de futurs traitements

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L’étude s’est concentrée sur les calculs à base de calcium, mais cela soulève une question légitime : qu’en est-il des autres types, moins courants ? Leur formation reste encore un point d’interrogation. Les chercheurs concluent, avec prudence, que d’autres études seront nécessaires pour saisir pleinement l’interaction entre ces bactéries et les calculs. L’équipe ne compte pas s’arrêter là. Comme le précise le Dr Scotland, leur groupe multi-institutionnel mène actuellement des recherches pour comprendre exactement ce qui rend certains patients particulièrement vulnérables aux récidives, et ce qui, chez ces espèces bactériennes spécifiques, leur permet de « nucléer » ces pierres.

Il faut souligner que ce travail titanesque est le fruit d’une collaboration massive. Ce n’est pas l’œuvre d’une seule personne. Parmi les co-auteurs de l’étude, on retrouve une liste impressionnante de chercheurs : William Schmidt, Rena Yang et Ava Mousavi de l’UCLA ; Qian Chen et Jiahui Li de l’Université de l’Illinois à Urbana-Champaign. N’oublions pas non plus l’apport de Gerson Gonzalez Marin et Aaron Celestian du Musée d’histoire naturelle de Los Angeles.

La liste continue avec une forte contribution de l’Université de Washington, représentée par Henry Schreiber IV, Rachael Hammann, Chloe Obernuefemann, Karla Bergeron, Aleksandra Klim, Daniel Wong, Kefu Du et Scott J. Hultgren. À noter que Schmidt et Mousavi sont aussi affiliés à l’Université de l’Illinois, Urbana-Champagne, et que Qian Chen est rattaché au Chan Zuckerberg Biohub de Chicago. C’est cette mise en commun des savoirs qui permettra peut-être, demain, de mieux prévenir ce mal douloureux.

Selon la source : medicalxpress.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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