L’apathie : ce changement « anodin » qui pourrait bien cacher un début de démence
Auteur: Adam David
Plus qu’une simple fatigue passagère

On a souvent tendance à rationaliser, vous savez ? Papi est fatigué, c’est l’âge, c’est normal qu’il ait moins envie de sortir… Pourtant, ce que nous prenons parfois pour un simple désintérêt ou une lassitude naturelle pourrait cacher quelque chose de bien plus complexe. C’est en tout cas le message, un peu inquiétant mais nécessaire, que portent plusieurs neurologues américains.
Ils tirent la sonnette d’alarme sur un symptôme que nous sous-estimons massivement : l’apathie. Ce n’est pas juste un « coup de mou ». Ce changement de comportement, qui semble anodin en surface, mérite toute notre attention car il pourrait annoncer un déclin cognitif accéléré. Le vieillissement charrie son lot de modifications, c’est certain, mais perdre son élan vital ne devrait pas être balayé d’un revers de main. C’est une distinction subtile, je vous l’accorde, mais elle est capitale pour ne pas passer à côté d’un diagnostic crucial.
Un signal d’alarme neurologique souvent invisible

Alors, de quoi parle-t-on exactement ? L’apathie, c’est cette baisse notable de motivation pour des choses qui, avant, faisaient vibrer la personne. Le Dr Adel Aziz, qui est spécialiste des troubles cognitifs au JFK University Medical Center, le définit très bien : pour lui, « l’apathie représente la perte des comportements orientés vers un but ». C’est technique dit comme ça, mais concrètement, c’est l’un des premiers indicateurs de certaines démences, et je pense notamment à la démence frontotemporale.
Dans la vie de tous les jours, ça ne saute pas aux yeux comme un trou de mémoire. C’est plus insidieux. Ça se manifeste par :
- Un abandon progressif des sorties et activités sociales habituelles ;
- Une sorte de désamour pour les loisirs qu’on adorait ;
- Une baisse des initiatives (on ne planifie plus rien) ;
- Un visage plus fermé, une réduction de l’expression des émotions ;
- Un repli sur soi qui s’installe sans raison apparente.
Le piège, c’est que contrairement à quelqu’un qui souffre visiblement, l’apathie ne provoque pas de « détresse active ». Ça passe sous les radars. D’ailleurs, une étude parue en 2020 dans la revue Alzheimer’s & Dementia a confirmé ce lien étroit entre une apathie précoce et l’arrivée ultérieure de troubles cognitifs bien plus lourds.
L’engrenage : quand le symptôme accélère la maladie

C’est là que ça devient vraiment problématique, et c’est un point soulevé par le neurologue Daniel Lesley, de la plateforme Remo Health. Il explique que l’apathie n’est pas juste un « signe » passif ; elle joue un rôle actif. Elle peut aggraver le déclin. Selon lui, elle « réduit la capacité d’adaptation face à la diminution des fonctions cérébrales ». C’est un cercle vicieux, en fait. Une spirale négative.
Pourquoi ? Parce qu’en étant apathique, la personne délaisse tout ce qui protégeait son cerveau jusque-là. On parle de l’abandon progressif de piliers essentiels comme :
- Les interactions sociales (qui stimulent énormément le cerveau) ;
- L’activité physique ;
- La stimulation intellectuelle (lecture, petits jeux…) ;
- Une alimentation équilibrée ;
- Et même la qualité du sommeil.
En arrêtant tout cela, on accélère la détérioration. Mais attention à ne pas tout mélanger ! Le Dr Katherine Amodeo du New York Medical College insiste sur une nuance fondamentale, et c’est souvent là que les familles se perdent. Il faut différencier l’apathie de la dépression. On peut croire que Maman déprime, alors que « le mécanisme neurologique sous-jacent est tout autre », précise le Dr Amodeo. C’est une distinction difficile à faire pour les proches, mais elle change tout pour la prise en charge.
Conclusion : Observer, comprendre et agir tôt

Pour y voir plus clair, il ne faut pas s’arrêter à l’apathie seule. Les spécialistes recommandent de guetter d’autres signes qui pourraient accompagner ce désintérêt. Est-ce qu’il y a des troubles de la mémoire récents ? Des difficultés à trouver ses mots ou à suivre une conversation ? Parfois, ce sont des problèmes pour se repérer dans l’espace ou le temps, ou même des changements d’humeur bizarres, voire des hallucinations. Ce sont autant de drapeaux rouges.
Face à ce tableau, il n’y a pas trente solutions : seule une consultation spécialisée permettra de faire le tri entre une dépression, le vieillissement normal ou un processus neurodégénératif qui débute. L’enjeu est de taille, car repérer l’apathie tôt, c’est pouvoir intervenir plus vite. Avec une stimulation adaptée et des traitements ciblés, on peut espérer ralentir la progression des troubles. Alors, si vous remarquez que vos proches changent, qu’ils se retirent doucement du monde, ne vous dites pas simplement « c’est la vie ». Soyez vigilants.
Selon la source : futura-sciences.com
Créé par des humains, assisté par IA.