Les singes-araignées mettent en commun leurs connaissances pour trouver les meilleurs fruits
Auteur: Mathieu Gagnon
L’art de partager les bons coins

Vous savez comment ça se passe quand on cherche un bon restaurant avec des amis ? On se disperse, on regarde les menus, et on se retrouve pour décider. Eh bien, il semblerait que la nature ait eu cette idée bien avant nous. Une nouvelle étude fascinante, publiée dans la revue npj Complexity, révèle que les singes-araignées font exactement la même chose pour dénicher les meilleurs arbres fruitiers de la forêt.
Ce n’est pas juste du hasard, loin de là. Lorsqu’ils veulent informer les autres de l’existence de fruits succulents — ou peut-être de ceux qu’ils ont ratés —, ces primates modifient littéralement la composition de leurs groupes sociaux pour partager leur savoir. C’est un système franchement astucieux, vous ne trouvez pas ? Grâce à cette méthode, le groupe entier localise la meilleure nourriture beaucoup plus rapidement que ne pourrait le faire n’importe quel singe agissant en solitaire. C’est une belle leçon de coopération.
Une enquête de terrain au cœur du Yucatán

Pour en arriver à ces conclusions, il a fallu se lever tôt et marcher. Beaucoup marcher. Des scientifiques de l’Université Heriot-Watt, de l’Université d’Édimbourg et de l’Université nationale autonome du Mexique ont uni leurs forces pour étudier ces animaux à l’état sauvage. Ils ont posé leurs valises — et leurs instruments — dans la péninsule du Yucatán, au Mexique. C’est un cadre magnifique, certes, mais le travail était rigoureux.
Ce qui distingue cette recherche des précédentes, c’est l’approche. Alors que beaucoup d’études antérieures se focalisaient sur les interactions en tête-à-tête, cette équipe s’est intéressée à la manière dont les singes mettent leurs connaissances en commun en tant que groupe. Ils ont choisi les singes-araignées pour une raison bien précise : il est de notoriété publique qu’ils se séparent en petits groupes pour mieux se retrouver à différents moments de la journée. C’est assez unique. Entre 2012 et 2017, l’équipe a suivi les singes à pied, notant scrupuleusement les emplacements et l’évolution de la composition de leurs groupes sociaux à l’aide de GPS portables. Une sacrée patience, si vous voulez mon avis.
Une géométrie sociale complexe

Ce qu’ils ont découvert est surprenant. Les singes ne se contentent pas de se copier ou de se suivre bêtement, et ils n’errent pas non plus au hasard. Leurs mouvements se complètent. Imaginez un groupe d’amis explorant un nouveau quartier : au lieu de descendre la même rue tous ensemble, chacun prendrait un pâté de maisons différent et se retrouverait plus tard pour partager ses trouvailles. C’est exactement ce que font ces singes pour combler les lacunes du reste de la troupe.
Pour comprendre cette mécanique fine, les scientifiques ont dû sortir l’artillerie lourde mathématique. Ils ont utilisé un cadre appelé complexes simpliciaux pour cartographier les mouvements du groupe. Le résultat ? Ils ont constaté que les singes restent suffisamment éloignés les uns des autres pour que chacun puisse explorer sa propre zone de forêt sans empiéter inutilement sur celle d’un autre. Mais, et c’est là toute la subtilité, ils restent assez proches pour garder le contact et partager ce qu’ils ont appris. Cet équilibre garantit que le groupe dispose d’une image plus complète de la disponibilité de la nourriture. D’ailleurs, une mention spécifique apparaît dans l’étude créditée à npj Complexity (2026) avec le DOI 10.1038/s44260-025-00060-0, soulignant cette stratégie d’analyse des chevauchements spatiaux.
Conclusion : L’intelligence collective en action

Les chercheurs ont résumé la situation avec des mots assez justes dans leur article : « Les singes-araignées ayant une connaissance différente de leur zone de recherche de nourriture contribuent par différents morceaux d’information à la connaissance au niveau du groupe, de telle sorte que le groupe dans son ensemble peut accéder à plus d’arbres fourragers dans un paysage dynamique que n’importe quel individu ne le pourrait seul. » C’est un peu la définition parfaite du travail d’équipe, non ?
Cette stratégie de recherche de fruits est un exemple brillant d’intelligence collective à l’œuvre dans la nature. Au-delà de la simple curiosité scientifique, comprendre ce fonctionnement pourrait bien aider les écologistes à protéger les structures sociales dont cette espèce, malheureusement menacée, a besoin pour survivre. Espérons que nous saurons utiliser ce savoir pour les préserver.
Selon la source : phys.org
Créé par des humains, assisté par IA.