Un rétropédalage diplomatique inattendu

C’est une situation qui rappelle à quel point la diplomatie peut être volatile, n’est-ce pas ? On apprend aujourd’hui que le premier ministre du Canada, Mark Carney, aurait tenté de rectifier le tir concernant son récent discours marquant prononcé à Davos. Cette tentative d’apaisement se serait déroulée lors d’un appel téléphonique avec Donald Trump, ce lundi.
L’information ne vient pas de n’importe qui, mais directement du secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent. Il semble que les mots prononcés en Suisse ont résonné d’une manière bien particulière à la Maison-Blanche, provoquant une nécessité, visiblement urgente, de s’expliquer de vive voix.
Dans les coulisses du Bureau ovale : dépendance et géographie
Scott Bessent n’a pas mâché ses mots lors d’une entrevue accordée à Fox News en soirée. Il a raconté, avec une précision assez saisissante, avoir été présent dans le fameux Bureau ovale aux côtés du président américain lors de cet échange. Selon ses dires, M. Carney est « revenu de manière très agressive sur certaines remarques malheureuses qu’il avait faites à Davos ».
Treasury Secretary Scott Bessent, speaking to Fox News tonight, says Trump and Carney spoke today and claims Carney was “very aggressively walking back some of the unfortunate remarks he made at Davos.” pic.twitter.com/LjnurWXIWM
— Josh Wingrove (@josh_wingrove) January 27, 2026
C’est assez rare d’entendre des termes aussi forts pour décrire une conversation entre chefs d’État. M. Bessent en a profité pour rappeler une réalité économique que nous connaissons tous, mais qui mérite d’être soulignée : la dépendance du Canada envers les États-Unis. Pour lui, le message est clair : le premier ministre canadien devrait concentrer ses énergies sur le développement des relations commerciales avec son voisin du sud, plutôt que de chercher des partenaires ailleurs.
Son argumentaire repose sur une logique géographique implacable. Il a soutenu, je cite, qu’il y a « bien plus d’échanges commerciaux nord-sud qu’il ne pourrait jamais y avoir d’échanges est-ouest ». Une façon de dire, peut-être un peu brutalement, que la géographie dicte ses propres lois économiques.
L’écho de Davos et le spectre de François Mitterrand
Mais qu’avait donc dit Mark Carney pour susciter une telle réaction ? Rappelez-vous, c’était la semaine dernière seulement, à Davos, en Suisse. Il avait prononcé un discours qui, disons-le, a fait le tour du monde. Il y appelait les « moyennes puissances » à s’unir, à faire front commun face aux superpuissances qui n’hésitent pas à utiliser les tarifs douaniers comme une arme.
C’était un appel à la résistance qui avait du panache, certes. Cependant, pour le secrétaire au Trésor américain, cette stratégie est non seulement imprudente, mais vouée à l’échec total. Et pour appuyer son propos, il a convoqué l’Histoire, la grande.
« Je suis assez âgé pour me souvenir de l’époque où le président français François Mitterrand a tenté de suivre cette voie », a-t-il plaidé avec une pointe de nostalgie ou d’avertissement, c’est selon. Il a rappelé que cette tentative avait échoué dans les années 80, prédisant avec assurance que « cela échouera de nouveau aujourd’hui ». Une comparaison historique qui donne à réfléchir sur la marge de manœuvre réelle dont nous disposons.
Conclusion : Le pragmatisme avant tout ?
En fin de compte, cet épisode nous montre une fois de plus la complexité des relations avec notre puissant voisin. Entre les grands discours sur la scène internationale et la réalité des coups de fil privés, il y a parfois un monde.
Si les propos rapportés par M. Bessent sont exacts, le réalisme économique semble avoir repris le dessus sur les ambitions diplomatiques multilatérales. Reste à voir comment cela influencera la suite des échanges commerciaux.
Selon la source : journaldemontreal.com
Créé par des humains, assisté par IA.