Pizza Margherita : L’addition calorique est plus salée que prévu (et le temps de course effrayant pour l’éliminer)
Auteur: Adam David
Une simple Margherita, vraiment sans conséquence ?

On a tous cette image en tête : une soirée détendue, une boîte en carton qui s’ouvre et cette bonne vieille Margherita qui nous fait de l’œil. C’est la base, non ? Tomate, mozza, basilic. On se dit souvent que c’est l’option la plus sage, la plus « équilibrée » du menu, loin des monstres à quatre fromages ou des carnivores dégoulinantes. Et pourtant, il semblerait qu’on se voile un peu la face sur sa légèreté réelle. C’est ce que révèle une analyse assez percutante menée outre-Manche, qui risque de nous faire voir notre prochaine part d’un autre œil.
Ce n’est pas juste une question de culpabilité, c’est une question de mathématiques physiologiques. Des chercheurs britanniques, épaulés par la Royal Society for Public Health, se sont penchés dès 2019 sur ce qu’il faut vraiment donner de sa personne pour « effacer » l’ardoise calorique d’une telle pizza. Leur approche est pragmatique, presque brutale : ils ont relié le contenu énergétique de l’assiette à l’effort physique pur et dur nécessaire pour le neutraliser. Une démarche qui remet pas mal en question notre petite habitude de se dire « bof, j’irai courir demain pour compenser ».
Le verdict des chiffres : préparez vos baskets (pour longtemps)

Accrochez-vous, car les chiffres font un peu froid dans le dos si vous n’êtes pas un marathonien dans l’âme. Prenons une Margherita entière standard, disons 400 grammes. Ce simple plaisir coupable pèse environ 1 060 calories. Quand on y pense, c’est énorme. Pour vous donner une idée de l’échelle, cela représente une part massive des apports recommandés sur une journée entière, qui tournent autour de 1 800 à 2 200 kcal pour une femme et 2 400 à 2 600 kcal pour un homme. On grille presque la moitié de son « crédit » journalier en un seul repas.
Là où ça devient vraiment intéressant – ou décourageant, c’est selon – c’est quand on traduit ça en sueur. Selon les estimations britanniques, pour éliminer totalement ces calories, il ne suffit pas de faire un tour de pâté de maisons. Il faudrait courir pendant près de trois heures à une vitesse de 8 km/h. Oui, trois heures. Si vous êtes plutôt du genre marcheur, prévoyez votre après-midi : on parle d’environ cinq heures et demie de marche active. C’est un constat assez édifiant qui tord le cou à ce mythe tenace selon lequel un petit footing d’une heure le dimanche matin suffirait à gommer les excès du samedi soir. On est loin du compte, n’est-ce pas ?
C’est dans cette optique que des travaux publiés dans le Journal of Epidemiology and Community Health ont mis en avant le système PACE (Physical Activity Calorie Equivalent). L’idée ? Afficher direct la couleur sur les emballages. Au lieu de simples calories abstraites, on verrait le temps d’effort requis. Pour une pizza considérée comme basique dans leur référentiel, l’étiquette afficherait 85 minutes de course ou carrément 170 minutes de marche. Le but est noble : choquer un peu le consommateur pour qu’il réduise les portions, sans pour autant lui donner un « permis de manger » sous prétexte qu’il va faire du sport après.
Au-delà du calcul : équilibre et bon sens

Cela dit, faut-il transformer nos repas en équations mathématiques ? Le débat reste largement ouvert. Les professionnels de santé tirent d’ailleurs la sonnette d’alarme : ce n’est pas parce qu’on court trois heures qu’on annule les effets d’une malbouffe. La qualité des aliments compte tout autant, sinon plus, que leur valeur énergétique brute. Se dire « je compense par le sport » est un piège, car cela ne protège ni des carences, ni des risques liés aux produits ultra-transformés bourrés d’additifs. L’alimentation, c’est de la chimie complexe, pas juste un réservoir d’essence qu’on vide et qu’on remplit.
Alors, comment on fait ? On arrête de vivre ? Bien sûr que non. Pour continuer à savourer une pizza sans ruiner sa santé, il y a des stratégies plus fines que la privation totale. On peut modérer les portions (la moitié d’une pizza avec une salade, c’est déjà mieux), privilégier une pâte fine pour limiter les glucides, ou encore réduire la dose de fromage. Les versions végétariennes ou complétées avec des légumes frais sont aussi des alliées de taille. Et surtout, plutôt que de viser une compensation punitive post-repas, les autorités de santé recommandent la régularité : viser 150 à 300 minutes de sport à intensité modérée par semaine, ou 75 à 150 minutes d’activité soutenue. C’est ce fond de roulement qui permet de lisser les écarts occasionnels, sans avoir à courir un semi-marathon chaque fois qu’on craque pour une Margherita.
Selon la source : passeportsante.net
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