Aller au contenu
Tensions commerciales : Le gouvernement Carney tente de calmer le jeu face aux foudres de Trump
Crédit: Side-by-side fusion: "Mark Carney - World Economic Forum Annual Meeting 2012-cropped.JPG" by World Economic Forum licensed under CC BY-SA 2.0 via Wikimedia Commons + "January 2025 Official Presidential Portrait of Donald J. Trump.jpg" by Daniel Torok (Public domain) via Wikimedia Commons

Ottawa joue les pompiers diplomatiques

L’ambiance est pour le moins électrique dans la capitale fédérale. Face aux menaces qui pleuvent depuis Washington, le gouvernement Carney se retrouve à devoir marcher sur des œufs, tentant désespérément de minimiser la portée de son récent rapprochement commercial avec Pékin. C’est un exercice d’équilibriste délicat, disons-le franchement.

Pour éteindre l’incendie allumé par les déclarations explosives de Donald Trump — qui parle tout de même d’une nouvelle salve de tarifs douaniers, ce n’est pas rien —, c’est Dominic LeBlanc, le ministre responsable du Commerce Canada–États-Unis, qui est monté au créneau. Son message ? Circulez, il n’y a rien à voir, ou presque. Il a insisté, peut-être avec un peu trop d’emphase, pour dire que l’entente avec la Chine restait « très ciblée sur quelques secteurs de l’économie ».

Pour s’assurer que le message passe bien de l’autre côté de la frontière, M. LeBlanc a décroché son téléphone hier pour discuter directement avec l’ambassadeur américain au Commerce, Jamieson Greer. L’objectif était clair : rassurer l’allié américain sur les intentions canadiennes. Selon le ministre, qui s’est confié aux journalistes dans le foyer du parlement ce lundi, son homologue américain « comprend très bien » la situation. L’idée, selon Ottawa, était simplement de « diminuer des tarifs douaniers qui se sont ajoutés au cours des dernières années ». Une explication technique pour tenter de désamorcer une bombe politique.

La colère numérique de Donald Trump

credit : lanature.ca (image IA)

Cette opération de relations publiques orchestrée par le ministre fait directement écho aux menaces virulentes lancées par Donald Trump ces derniers jours. On connaît le style, imprévisible et direct. C’est sur son terrain de jeu favori, le réseau social Truth, que l’ancien président a d’abord dégainé, indiquant sans détour qu’il comptait doubler les droits de douane sur les importations canadiennes. Rien que ça.

Mais il ne s’est pas arrêté là. Dans un message ultérieur, avec ce sens de la formule qui lui est propre, il a affirmé que la Chine « mangerait le Canada tout rond » si une telle entente était conclue. Une image forte, destinée à marquer les esprits et à mettre la pression sur ses voisins du Nord.

Ce que contient réellement l’accord avec Pékin

Mais au fond, de quoi parle-t-on exactement ? Qu’est-ce qui a bien pu déclencher une telle ire ? La semaine dernière, alors qu’il était en visite officielle à Pékin, Mark Carney est parvenu à sceller une série d’ententes avec le président chinois, Xi Jinping. Ce n’était pas juste une visite de courtoisie.

Le « gros morceau » de ces négociations, celui qui pèse lourd dans la balance, c’est sans doute le retour sur le marché canadien de quelque 50 000 véhicules électriques chinois de la marque BYD. En échange de quoi ? D’une levée des tarifs sur le canola canadien. Un donnant-donnant classique, diront certains, mais qui passe mal aux États-Unis.

Il y a aussi ce document — un peu plus obscur et certainement plus controversé — concernant la sécurité et la lutte au crime signé avec Pékin. Ça, c’est le genre de détail qui a fait sourciller pas mal d’experts, surtout quand on connaît les divergences profondes entre les deux pays sur ce front précis. C’est le genre de paradoxe diplomatique qui laisse perplexe.

Stratégie de négociation ou crise réelle ?

Malgré ce réchauffement évident des relations, Mark Carney a tenu à mettre les points sur les i ce lundi : aucune entente de libre-échange, ni même aucun plan en ce sens, n’est sur la table avec la Chine. Il semble vouloir calmer les ardeurs de ceux qui y verraient un pivot stratégique majeur.

Le premier ministre a d’ailleurs laissé entendre que les éclats de voix de Donald Trump ne seraient, au fond, qu’une stratégie de négociation bien rodée. Ça tombe pile avant le début des pourparlers sur l’accord de libre-échange nord-américain, l’Accord Canada–États-Unis–Mexique. Carney a qualifié Trump de négociateur « coriace », mais estime que ses déclarations doivent être prises avec des pincettes, dans un contexte « plus large ».

Il faut dire qu’il y a quelques semaines à peine, le président Trump avait balayé cet accord d’un revers de main, le qualifiant de « sans importance » pour son pays, arguant que les États-Unis avaient tout le nécessaire pour être autonomes. Du bluff ? Peut-être.

Quoi qu’il en soit, à Ottawa, on ne prend pas ça à la légère. Les fonctionnaires canadiens s’activent déjà en coulisses pour échafauder des plans en vue de l’ouverture des négociations qui arrivent à grands pas. La preuve ? « Jamieson [Greer] et moi sommes d’accord qu’au cours des prochaines semaines, j’irai le rencontrer à Washington », a conclu le ministre LeBlanc. La suite au prochain épisode, donc.

Selon la source : tvanouvelles.ca

Créé par des humains, assisté par IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu