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Le sel présent dans l’eau potable pourrait faire augmenter la tension artérielle dans le monde entier
Crédit: lanature.ca (image IA)

Au-delà de la salière : l’ennemi invisible

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Quand on parle d’hypertension, on pointe souvent du doigt le contenu de nos assiettes. Les chips, les plats préparés, le fast-food : ce sont les suspects habituels sur lesquels s’abattent les conseils de santé. Mais qui pense à regarder ce qu’il y a dans son verre ? L’eau potable est rarement invitée dans le débat public sur le sel.

Pour la majorité d’entre nous, l’eau reste cette substance neutre, inoffensive, vitale. Pourtant, de nouvelles preuves scientifiques viennent bousculer cette certitude : le sel présent dans l’eau que nous buvons pourrait bien avoir un impact direct sur la santé de notre cœur. C’est la conclusion frappante d’une vaste étude mondiale publiée dans le journal BMJ Global Health, qui établit désormais un lien clair entre une eau de boisson salée, une pression artérielle plus élevée et un risque accru d’hypertension.

Ce phénomène touche particulièrement les régions côtières. Pourquoi ? Parce que les sources d’eau douce souterraines y rencontrent souvent l’eau de mer. Et avec le changement climatique et la montée du niveau des océans, ce mélange s’intensifie, faisant grimper les taux de sel dans l’eau utilisée quotidiennement pour s’hydrater.

74 000 participants sous la loupe des chercheurs

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Pour en arriver là, une équipe de scientifiques a passé au peigne fin les preuves existantes aux quatre coins du globe. Ces travaux ont été dirigés par Rajiv Chowdhury, qui préside le département de santé mondiale à l’Université internationale de Floride. Concrètement, l’analyse a combiné les résultats de pas moins de 27 études de population, englobant plus de 74 000 participants.

Les données proviennent de partout : États-Unis, Bangladesh, Vietnam, Kenya, Australie, Israël, ainsi que plusieurs pays européens. Le point commun de la plupart de ces études ? Elles se sont concentrées sur des communautés côtières où les nappes phréatiques, souvent salées, fournissent l’eau potable.

Mais comment le sel agit-il sur nos artères ? Rappelons d’abord que la pression artérielle mesure la force avec laquelle le sang pousse contre les parois des artères. Les médecins utilisent un brassard gonflable pour obtenir deux chiffres, comme 120 sur 80 millimètres de mercure (mm Hg). Le chiffre du haut grimpe quand le cœur pompe, celui du bas reflète la pression au repos entre deux battements. Quand ces valeurs s’envolent, les risques de maladie cardiaque, d’accident vasculaire cérébral (AVC) et de dommages rénaux explosent.

Une mécanique implacable pour vos artères

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Le sel joue un rôle clé : il contrôle le volume sanguin et la tension des vaisseaux. En gros, l’excès de sodium provoque une rétention d’eau à l’intérieur du corps. Plus de fluide retenu signifie un volume sanguin plus important, ce qui augmente mécaniquement la pression dans les vaisseaux. L’analyse a révélé que les personnes buvant une eau plus saline affichaient une tension moyenne plus élevée : la pression systolique augmentait d’environ 3,2 mm Hg et la diastolique de près de 2,8 mm Hg.

Plus inquiétant encore, un risque d’hypertension supérieur de 26 % est apparu chez les groupes exposés à une eau plus salée, avec des effets plus marqués et constants chez les populations côtières. Rajiv Chowdhury nuance : « Ce sont des augmentations modestes au niveau individuel. Mais lorsque de vastes populations sont exposées, même de petits changements dans la pression artérielle peuvent avoir des effets significatifs sur la santé publique. »

Pour vous donner une idée, Rajiv Chowdhury précise que le niveau de risque observé ici pour la salinité de l’eau est comparable à d’autres facteurs de risque cardiovasculaire bien établis, comme le manque d’activité physique, qui augmente le risque d’hypertension d’environ 15 à 25 %. L’excès de sodium modifie les petites artères, augmente la résistance au flux sanguin et réduit l’oxyde nitrique, un produit chimique qui aide les vaisseaux à se détendre. Résultat ? Des artères plus rigides. De plus, cela affecte les signaux nerveux qui contrôlent le resserrement des vaisseaux et surcharge les reins, qui peinent alors à éliminer l’excès.

Quand le climat dicte notre santé

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C’est un défi environnemental autant que sanitaire. Les eaux souterraines fournissent près de la moitié de l’eau potable mondiale. Or, plus de 3 milliards de personnes vivent dans des régions côtières ou proches des côtes, où la montée des eaux pousse l’eau salée dans les systèmes d’eau douce. De nombreuses communautés dépendent de puits plutôt que d’eau de surface traitée.

Certaines régions d’Asie du Sud affichent des niveaux de sodium particulièrement élevés, parfois bien au-delà de ce qu’on rapporte en Europe ou en Amérique du Nord. Si l’on ajoute à cela la cuisine à l’eau salée et les cultures poussant sur des sols salins, l’apport quotidien en sodium grimpe en flèche. Pourtant, ce problème est souvent ignoré. Les directives de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) fixent une limite de sodium pour l’eau basée sur le goût, et non sur les effets pour la santé. Les experts en santé publique appellent désormais à une surveillance accrue, surtout dans les zones vulnérables au climat.

Des solutions existent, comme la collecte des eaux de pluie, de meilleurs systèmes de filtration et une gestion plus fine des eaux souterraines. « La nourriture reste la principale source de sodium pour la plupart des gens », rappelle M. Chowdhury. « Mais là où la salinité est élevée, l’eau potable peut s’ajouter à l’apport total. » Surveiller les rapports locaux sur la qualité de l’eau est une étape pratique. Car même une hausse de 2 mm Hg peut augmenter le risque de maladie cardiaque pour des millions de personnes. Comprendre l’exposition au sel par l’eau offre une nouvelle voie de prévention : l’eau propre ne sert pas qu’à étancher la soif, elle protège aussi votre cœur.

Selon la source : earth.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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