Les États-Unis avaient prévu d’envahir le Canada en 1930… Trump ravive désormais ces anciennes inquiétudes
Auteur: Simon Kabbaj
Un vieux cauchemar oublié refait surface

Imaginez un instant le scénario. Des forces américaines qui lancent des attaques au gaz toxique pour s’emparer d’une ville portuaire stratégique. Des soldats qui coupent les câbles sous-marins, détruisent les ponts et sabotent les voies ferrées pour paralyser totalement le pays. L’objectif ? Capturer les grandes villes le long des lacs et des rivières pour étouffer toute résistance civile. Ce n’est pas le script d’un film catastrophe, non… c’était un véritable plan.
Cela s’appelait le War Plan Red. Une stratégie classifiée, approuvée en 1930, conçue pour une guerre hypothétique contre la Grande-Bretagne où les États-Unis chercheraient à lui refuser tout point d’ancrage en Amérique du Nord. La cible, c’était le Canada. Les architectes de ce plan estimaient que l’attaque serait brève et que le pays assiégé tomberait en quelques jours, après une invasion terrestre massive et des débarquements amphibies suivis d’internements de masse.
Pendant longtemps, on a classé ces documents comme une bizarrerie historique, un truc un peu loufoque du passé. Mais aujourd’hui, alors que les États-Unis pivotent leur politique étrangère vers une vision de plus en plus aggressive de leur « prééminence » dans l’hémisphère occidental, ces vieux plans prennent une résonance effrayante. Vraiment effrayante.
Une agressivité nouvelle : du Venezuela au Groenland

On le sentait venir, je suppose. Début janvier, cette fusion entre nationalisme économique et politique étrangère belliqueuse, si chère à Donald Trump, a éclaté au grand jour. Son gouvernement a ordonné la capture du président vénézuélien, Nicolás Maduro, lors d’une attaque nocturne audacieuse, et le président américain a annoncé sans détour sur les réseaux sociaux que les États-Unis allaient prendre le contrôle du pétrole de ce pays sud-américain. C’est brutal, mais c’est la réalité actuelle.
Et ça ne s’arrête pas là. Quelques jours plus tard, Trump et son vice-président, JD Vance, parlaient ouvertement d’utiliser la force militaire pour s’emparer du Groenland. Pourquoi ? Pour sa position stratégique et son immense richesse minérale, évidemment. Trump a déclaré aux journalistes à bord d’Air Force One : « Nous avons besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale, et le Danemark ne sera pas capable de le faire ». JD Vance a renchéri en disant que le Danemark n’avait « évidemment » pas fait le boulot et que Trump était prêt à aller « aussi loin qu’il le faut ».
Mais ce qui glace le sang des Canadiens, c’est que cette logique s’applique aussi à eux. L’année dernière, Trump a déclaré que la frontière séculaire entre les deux nations n’était rien de plus qu’une « ligne tracée artificiellement » qui pourrait être redessinée par la force et la persuasion. Il a même dit au Premier ministre canadien, Mark Carney : « Quelqu’un a tracé cette ligne il y a de nombreuses années avec, genre, une règle – juste une ligne droite tout en haut du pays », ajoutant qu’un continent unifié était « la façon dont cela devait être ». Le 20 janvier, il a posté une image altérée montrant le drapeau américain recouvrant le Canada, le Groenland et le Venezuela. Difficile d’être plus clair.
Vulnérabilité et géographie : une inquiétude grandissante

Le War Plan Red de 1927, approuvé en 1930, partait du principe que si les États-Unis perdaient contre les Britanniques, le Canada exigerait l’Alaska. Mais surtout, il soulignait à quel point les Américains pensaient que le Canada tomberait vite, sa population étant massée le long de la frontière. Thomas Homer-Dixon, un chercheur canadien sur les conflits qui dirige l’Institut Cascade, ne mâche pas ses mots : « J’ai toujours pensé que le Canada était ce pays incroyablement
Réaction citoyenne et préparatifs de défense

Les Canadiens ne sont pas dupes. Un sondage de 2025 a révélé que 43 % d’entre eux estimaient qu’une attaque militaire des États-Unis dans les cinq ans était au moins « quelque peu probable », 10 % la jugeant même « très probable ou certaine ». C’est énorme quand on y pense. Face à cela, les appels à une réponse « pangouvernementale » se multiplient. En mai, une directive signée par le chef d’état-major de la défense du Canada a esquissé comment l’armée pourrait former les employés fédéraux et provinciaux au maniement des armes à feu, à la conduite de camions et au pilotage de drones pour renforcer la réserve supplémentaire du pays.
Actuellement, cette réserve compte 4 384 personnes, principalement des soldats inactifs ou retraités. C’est peu. Mais les Forces canadiennes suggèrent que de nouveaux plans pourraient faire grimper ce chiffre à 300 000. L’Institut Cascade a aussi publié un plan suggérant qu’un programme de service national « de base » pourrait être mis en place pour 1,1 milliard de dollars canadiens, avec une version plus robuste coûtant 5,2 milliards.
Au final, comme le dit Homer-Dixon, nous nous sommes bercés d’illusions pendant des décennies. « Cette idée que
Selon la source : theguardian.com
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