L’Horloge de l’Apocalypse avance à 85 secondes de minuit, un record historique
Auteur: Mathieu Gagnon
Le compte à rebours s’accélère dangereusement

Vous entendez ce tic-tac ? C’est le bruit de notre vulnérabilité. Le Bulletin of the Atomic Scientists vient de faire une annonce qui fait froid dans le dos : l’horloge de l’apocalypse a été avancée à 85 secondes avant minuit. Jamais, dans toute l’histoire de ce baromètre symbolique créé en 1947, nous n’avons été aussi proches de la catastrophe finale.
Pour rappel, minuit, c’est l’Armageddon. La fin des haricots. Et selon les scientifiques, nous sommes plus près du précipice qu’à n’importe quel moment ces 80 dernières années. Pourquoi un tel pessimisme ? Le Bulletin ne mâche pas ses mots : les ententes mondiales, pourtant durement acquises, sont en train de s’effondrer. Nous assistons à une compétition féroce entre grandes puissances où le gagnant rafle tout, sapant la coopération internationale indispensable pour freiner les risques nucléaires, le changement climatique ou encore les dérives de l’intelligence artificielle.
Le constat est sévère pour nos dirigeants. Le communiqué dénonce une classe politique devenue « complaisante et indifférente », adoptant des rhétoriques qui, au lieu de nous protéger, appuient sur l’accélérateur. C’est cet échec du leadership qui a poussé le Conseil des sciences et de la sécurité du Bulletin à régler les aiguilles sur cet horaire terrifiant.
Un monde en ébullition : de Caracas à Téhéran

Il faut dire que les années 2020 ne nous épargnent pas. Regardez la carte du monde : elle s’enflamme. L’invasion russe en Ukraine continue, tandis que des conflits ravagent le Soudan et le Congo. Au Moyen-Orient, la situation est explosive avec le génocide perpétré par Israël à Gaza et les attaques au Liban et en Iran. D’ailleurs, en Iran, la répression gouvernementale des manifestations de ce mois-ci a fait des milliers de morts aux mains des forces de sécurité, le tout sous un blackout internet total pour dissimuler ces actions.
Et que fait l’Amérique pendant ce temps ? Sous le second mandat du président Donald Trump, les États-Unis jouent des muscles, inquiétant la planète entière. En janvier, une frappe militaire au Venezuela a mené à la capture du président Nicolás Maduro et de son épouse. Officiellement pour des histoires de drogue, mais tout le monde a les yeux rivés sur les réserves de pétrole du pays. Plus surprenant encore, l’administration Trump a menacé à plusieurs reprises d’annexer le Groenland, une idée qui risque ni plus ni moins de détruire l’OTAN.
Le tableau institutionnel n’est guère plus reluisant. Les États-Unis ont de nouveau quitté l’Accord de Paris et se sont retirés de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), suivis par d’autres nations comme l’Argentine. Une décision risquée alors que la menace d’une nouvelle pandémie plane toujours et que les leçons du COVID sont encore en cours d’assimilation.
Technologie hors de contrôle et leçons du passé

Comme si les bombes ne suffisaient pas, la menace technologique s’invite à la fête. Le manque de régulation autour de la cybertechnologie et de l’IA générative pointe le bout de son nez. Tenez, un chiffre effarant rapporté par le Center for Countering Digital Hate (CCDH) : entre le 29 décembre 2025 et le 8 janvier 2026, Grok, l’IA d’Elon Musk, a généré 23 000 images sexualisées d’enfants en seulement onze jours. Ajoutez à cela l’érosion continue des droits de l’homme et la désinformation massive relayée par les médias et les politiques, et vous comprenez pourquoi les scientifiques s’arrachent les cheveux.
Mais comment ça marche, au fond, cette horloge ? Née à la fin des années 40 après le choc de la Seconde Guerre mondiale, elle a débuté à 7 minutes de minuit. Son moment le plus « détendu » ? En 1991, à la fin de la Guerre froide, quand les tensions entre l’URSS et les USA sont retombées, avec la réunification allemande et le premier traité de réduction des armes stratégiques. On était alors à 17 minutes de la fin.
Pour bouger l’aiguille, les membres du Bulletin se posent deux questions simples : l’humanité est-elle plus en sécurité que l’an dernier ? Et est-elle plus en sécurité que durant les 78 dernières années ?
Ce n’est pas une fatalité

Ne nous y trompons pas : si le nucléaire reste la menace reine — avec des accords de réduction à l’arrêt et un traité majeur USA-Russie qui expire cette année —, ce n’est pas le seul danger. Pourtant, même un « petit » conflit nucléaire pourrait tuer des dizaines de millions de personnes en quelques heures. Une guerre totale ? On estime à 5 milliards le nombre de morts, victimes de l’impact direct ou de la famine qui suivrait.
L’horloge, qui avait atteint les 90 secondes pour la première fois en 2023, est restée sous la barre des deux minutes ces dernières années. Aujourd’hui, à 85 secondes, l’alerte est maximale. L’action climatique piétine alors même que les énergies renouvelables sont devenues la première source d’énergie mondiale. C’est un paradoxe frustrant.
Mais il y a une lueur d’espoir dans ce tableau sombre. Tout cela est d’origine humaine. Ces menaces sont « auto-infligées », le fruit de nos actions ou de notre inaction. Ce qui signifie, concrètement, qu’à tout moment, nous avons le pouvoir de décider de changer la donne.
Selon la source : iflscience.com
Créé par des humains, assisté par IA.