Aller au contenu
Mark Carney et le poids de l’histoire : le silence du Canada face à l’Holocauste qualifié de « trahison concrète »
Crédit: CarletonU, Faculty of Public and Global Affairs, Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Un mea culpa national devant le Monument de l’Holocauste

credit : lanature.ca (image IA)

C’était ce mardi, à Ottawa. L’ambiance était sans doute lourde devant le Monument national de l’Holocauste lorsque le premier ministre Mark Carney a pris la parole. Il n’y est pas allé par quatre chemins pour marquer cette Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste. En fait, ses mots ont résonné comme un avertissement brutal : il a rappelé que l’ignorance et la haine ont des conséquences terribles, tangibles.

Ce qui frappe surtout dans son discours, c’est cette reconnaissance explicite d’une faute collective. M. Carney a déclaré, sans détour, que le Canada s’était rendu complice du meurtre de millions de Juifs durant la Seconde Guerre mondiale. Comment ? Simplement en gardant le silence. Une passivité coupable. Pour lui, il est impératif de se souvenir de cette histoire sombre pour s’assurer — espérons-le — qu’elle ne se répète jamais.

En évoquant la libération d’Auschwitz-Birkenau, il a souligné que cet événement avait révélé au monde l’ampleur des crimes nazis. C’est devenu le symbole de l’horreur, certes, mais aussi de la résilience des survivants et, il faut le dire, de la culpabilité des complices. Le premier ministre a eu cette phrase marquante, qui mérite qu’on s’y arrête : « détourner le regard n’est pas un acte passif, mais une trahison concrète ». C’est fort, n’est-ce pas ?

Le poids des chiffres et les ombres du passé

credit : lanature.ca (image IA)

Il faut se rappeler le contexte. Cette journée de mémoire a été instituée par les Nations unies en 2005 pour commémorer les vies fauchées par la barbarie nazie. On parle d’environ six millions de Juifs exécutés dans le cadre d’un génocide orchestré par l’État entre 1941 et 1945. Ce sont des chiffres qui donnent le vertige, mais qu’on ne doit jamais oublier.

Et le Canada dans tout ça ? Eh bien, l’image n’est pas rose. À l’époque, l’antisémitisme était monnaie courante ici, chez nous. C’est ce climat de haine qui a favorisé l’adoption de politiques d’immigration restrictives, empêchant de nombreux réfugiés juifs de trouver asile alors qu’ils tentaient désespérément de fuir l’Europe. C’est un fait historique souvent balayé sous le tapis, mais le Musée canadien pour les droits de la personne est formel : le Canada est le pays allié qui a accueilli le moins de réfugiés juifs pendant la guerre. C’est… glaçant.

Le gouvernement fédéral note tout de même qu’après la fin du conflit, environ 40 000 survivants de l’Holocauste ont fini par s’installer au pays. M. Carney insiste sur notre responsabilité actuelle : réfléchir, agir, et surtout soutenir ces survivants et leurs familles qui, aujourd’hui encore, vivent avec les séquelles de ce drame absolu.

Une haine qui persiste : la montée inquiétante de l’antisémitisme actuel

On pourrait croire que tout cela appartient au passé, mais les nouvelles sont mauvaises. Les données provenant de la police et des organisations juives montrent une hausse considérable des signalements d’actes antisémites ces dernières années. Et on ne parle pas juste d’insultes : il s’agit d’incidents violents, d’incendies criminels visant des écoles et des synagogues. C’est une réalité qui fait froid dans le dos.

Face à cette recrudescence, B’nai Brith Canada a tapé du poing sur la table en début de semaine. Le groupe a demandé à Ottawa de mettre sur pied une commission spéciale sur l’antisémitisme. Pourquoi maintenant ? Parce que, selon eux, on voit de plus en plus de gens blâmer l’ensemble des Juifs pour les politiques de l’État d’Israël, faisant un amalgame dangereux.

Sur le plan législatif, ça bouge un peu. M. Carney a souligné le travail au Parlement autour du projet de loi C-9. L’idée est de créer une nouvelle infraction au Code criminel pour punir ceux qui intimident une personne au point qu’elle craigne de se rendre dans une institution religieuse ou culturelle. La loi viserait aussi ceux qui bloquent intentionnellement l’accès à ces lieux. Le premier ministre a précisé qu’il collaborait avec le chef conservateur Pierre Poilievre sur ce dossier. « Nous savons que ces lois sont tragiquement nécessaires, mais elles sont loin d’être suffisantes », a-t-il admis, ajoutant avec justesse que les lois peuvent punir, mais pas empêcher la haine de prendre racine.

Conclusion : L’appel à l’unité et au droit de vivre ouvertement

Pierre Poilievre interview with TVA Nouvelles June 2024.jpg
credit : TVA Nouvelles, Wikimedia Commons (CC BY 3.0)

Présent devant le même monument, Pierre Poilievre a lui aussi pris la parole pour dénoncer cet antisémitisme qui grimpe en flèche, non seulement au Canada mais partout dans le monde, se propageant jusque dans nos établissements d’enseignement. Le chef conservateur a été très clair sur la nécessité de défendre le droit des Juifs à vivre en sécurité.

Il a évoqué des symboles forts : porter une étoile de David sur la poitrine, installer une mézouza sur la porte ou porter une kippa. Pour lui, ils doivent pouvoir proclamer fièrement leur judaïsme et célébrer leur identité. Il a conclu avec une promesse solennelle : « En faisant cela, et quand chaque Juif se sentira en sécurité et accepté dans ce pays, alors, et seulement alors, nous pourrons dire que nous faisons honneur à notre serment – plus jamais. » C’est un rappel que le travail est loin d’être terminé. (D’après les informations rapportées par Anja Karadeglija).

Selon la source : lapresse.ca

Créé par des humains, assisté par IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu