Un changement de ton inattendu

On pensait la situation figée, mais voilà que les choses bougent encore. Depuis que le Venezuela se trouve, de fait, sous la coupe de l’administration Trump, on avait l’impression que Caracas marchait au pas, n’est-ce pas ? Tout a basculé le 3 janvier dernier, une date que personne n’a oubliée là-bas, marquée par cette incroyable capture du président Nicolás Maduro et de son épouse par les autorités américaines. Depuis ce jour, Washington n’a pas caché son jeu, affirmant haut et fort son influence considérable non seulement sur les dirigeants politiques restants, mais aussi sur le tréso vital du pays : le secteur pétrolier.
Les Américains ont même joint le geste à la parole en saisissant des actifs pétroliers clés, une manœuvre qui semblait laisser peu de marge de manœuvre au gouvernement par intérim. Pourtant, contre toute attente, la présidente par intérim Delcy Rodríguez vient de briser ce silence pesant. Elle a signalé ce qui ressemble fort à une première réaction publique d’envergure, une sorte de révolte contre l’administration Trump, en lançant un retentissant « ça suffit ».
Le pétrole au cœur des tensions à Puerto La Cruz

C’est dans la ville côtière de Puerto La Cruz, face à un groupe de travailleurs du secteur pétrolier — des gens qui connaissent la réalité du terrain —, que cette scène surprenante s’est déroulée. L’événement était diffusé par la chaîne publique Venezolana de Televisión, et je dois dire que le ton a changé du tout au tout. Mme Rodríguez a rompu avec plusieurs semaines de retenue officielle, une période où l’on sentait le gouvernement marcher sur des œufs. Elle a dénoncé ce qu’elle qualifie d’ordres imposés par les États-Unis au Venezuela, soulignant une résistance qui semble grandir face au rôle de plus en plus intrusif de Washington dans la gouvernance et, surtout, l’industrie énergétique locale.
Il faut comprendre le contexte : l’administration Trump ne s’est pas contentée de mots. Ils ont déjà saisi plusieurs cargaisons de pétrole vénézuélien. Washington a intensifié la pression sur Caracas, exigeant ni plus ni moins que la reprise et l’expansion de la production pétrolière selon leurs termes. C’est dans cette atmosphère électrique que Delcy Rodríguez a déclaré : « Assez des ordres de Washington aux politiciens vénézuéliens ». C’est une phrase forte, vous ne trouvez pas ? D’après ce que rapporte CNN, les responsables américains auraient récemment mis la pression sur Rodríguez avec une série d’exigences précises sur la production et la politique d’exportation, alors que la tension monte autour du contrôle des ressources stratégiques.
Ingérence politique et l’étrange épisode de la Maison-Blanche

Mais ce n’est pas tout. Dans ce même discours, qui restera peut-être comme un tournant, la présidente par intérim a élargi ses critiques bien au-delà du pétrole. Elle a touché à la souveraineté même du pays en déclarant : « Laissons la politique vénézuélienne résoudre nos différends et nos conflits internes ». Elle a ajouté, avec une certaine gravité : « Cette République a payé un prix très élevé pour avoir dû faire face aux conséquences du fascisme et de l’extrémisme dans notre pays. »
Ces remarques ne sortent pas de nulle part. Elles interviennent alors que Donald Trump a publiquement déclaré que son administration « allait diriger » le Venezuela suite à l’opération contre le gouvernement Maduro. Une affirmation qui a du mal à passer sur place, on l’imagine bien. Et puis, il y a cet épisode assez singulier, pour ne pas dire bizarre, qui s’est déroulé au début du mois. Une réunion a eu lieu à la Maison-Blanche entre Trump et la leader de l’opposition, María Corina Machado. Tenez-vous bien : Machado lui aurait remis son propre prix Nobel de la paix ! Le but ? Obtenir le soutien de Trump pour la future direction du Venezuela. Pour les alliés de Rodríguez, c’est la preuve flagrante, s’il en fallait une, de l’ingérence étrangère dans la transition politique délicate que traverse le pays.
Conclusion : Un avenir incertain

Crédit : Mohammad Ali Marizad (Wikimedia)
Au final, on se demande bien où tout cela va nous mener. Cette prise de parole soudaine de Delcy Rodríguez montre que, malgré la capture de Maduro et la mainmise apparente de Washington, l’histoire n’est pas encore finie. Entre les pressions sur le pétrole, les saisies d’actifs et les ballets diplomatiques étranges à la Maison-Blanche, le peuple vénézuélien reste pris entre deux feux. C’est une situation complexe, humaine avant tout, où chaque déclaration peut remettre le feu aux poudres.
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