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Tensions à Caracas : Delcy Rodriguez met en garde l’opposition exilée sans jamais la nommer
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une mise en garde à peine voilée depuis Fuerte Tiuna

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L’ambiance était lourde, presque théâtrale, au Fuerte Tiuna. C’est dans cette enclave militaire de Caracas – le lieu même où l’ancien président Nicolas Maduro a été capturé par l’armée américaine le 3 janvier dernier – que la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, a pris la parole. Devant un parterre impressionnant de quelque 3200 militaires réunis pour lui jurer loyauté, elle n’y est pas allée par quatre chemins.

Sans jamais prononcer son nom, elle a lancé un message cinglant qui visait manifestement Maria Corina Machado, la cheffe de l’opposition et prix Nobel de la paix. Son conseil ? Que les opposants versés dans ce qu’elle appelle « l’extrémisme » feraient mieux de « rester à Washington ». C’était une allusion à peine masquée, lourde de sous-entendus.

Elle a martelé sa position avec une certaine véhémence : « Que viennent tous ceux qui aiment véritablement le Venezuela, mais que ceux qui cherchent à perpétuer les dommages et l’agression contre le peuple vénézuélien restent à Washington ! », a-t-elle lancé à la foule, fustigeant encore une fois cet « extrémisme » qu’elle semble voir partout chez ses rivaux.

Menaces, dialogue de sourds et l’ombre de Machado

Le ton est rapidement monté d’un cran. Mme Rodriguez ne s’est pas contentée d’inviter ses opposants à rester loin ; elle a proféré des menaces claires concernant leur retour éventuel. « Ils n’entreront pas ici pour nuire à la paix et à la tranquillité de la République : il y aura la loi et il y aura la justice », a-t-elle averti, laissant planer le doute sur le sort qui attendrait l’opposante si elle remettait les pieds au pays.

Pourtant, dans un souffle presque contradictoire, elle a tenté d’afficher une ouverture, affirmant : « Nous sommes disposés à l’entente, nous sommes disposés au dialogue, mais nous ne sommes pas disposés à une autre agression ». Une main tendue, mais l’autre sur le fourreau, en quelque sorte.

De son côté, Maria Corina Machado ne semble pas impressionnée. Elle qui a soutenu l’intervention ayant mené à la capture de Maduro le 3 janvier, se trouvait justement à Washington mercredi. Elle y a rencontré Marco Rubio, le chef de la diplomatie américaine. Sa réaction aux propos de Caracas a été sans appel : « Je pense que personne n’a confiance en Delcy Rodriguez », a-t-elle confié aux journalistes. Il faut dire que son parcours récent a été chaotique : empêchée de se présenter à la présidentielle de 2024, elle a dû vivre dans la clandestinité avant de réussir à quitter le pays pour recevoir son prix Nobel à Oslo en décembre, pour finalement gagner les États-Unis.

L’ambiguïté américaine et la diplomatie du pétrole

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C’est là que la situation devient complexe, voire un peu confuse pour l’observateur extérieur. Washington entretient une relation pour le moins ambiguë avec Mme Machado. Les États-Unis disent soutenir cette figure de proue de l’opposition, c’est vrai, mais dans les faits… ils préfèrent traiter avec les autorités par intérim, du moins jusqu’à nouvel ordre.

Mercredi, M. Rubio a d’ailleurs défendu cette politique pragmatique devant une commission parlementaire, évoquant des « progrès satisfaisants » dans les relations avec Caracas. Il faut dire que Mme Rodriguez a donné des gages : depuis début janvier, elle a signé des accords pétroliers avec les États-Unis, promis une réforme législative ainsi que la libération de prisonniers politiques, et procédé à de nombreuses nominations.

Sur le plan diplomatique, les choses bougent aussi. M. Rubio entrevoit une présence diplomatique américaine permanente au Venezuela dans un « avenir proche ». L’objectif ? « Obtenir des informations en temps réel et d’interagir avec les autorités vénézuéliennes ainsi que des membres de la société civile ». Un sacré revirement quand on sait que les deux pays n’ont plus de relations diplomatiques depuis 2019, suite à la réélection contestée de Maduro. Pour l’instant, c’est Laura Dogu, ancienne ambassadrice au Nicaragua et au Honduras, qui a été nommée la semaine dernière chargée d’affaires, bien qu’elle soit basée temporairement à Bogota, en Colombie.

Cérémonie de loyauté : l’armée et la police font bloc

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Revenons à cette cérémonie de mercredi à Caracas, car elle était hautement symbolique. L’armée et la police ont tenu à réitérer leur fidélité à la présidente par intérim, une mise en scène destinée à montrer que le pouvoir est solide. Le ministre de la Défense, Vladimir Padrino Lopez, a déclaré sans sourciller : « Nous jurons loyauté et soumission absolue ». Rien que ça. Il a ensuite joint le geste à la parole en remettant à Mme Rodriguez le bâton de commandement en chef des armées ainsi que l’épée de Simon Bolivar, le héros de l’indépendance. L’armée avait d’ailleurs déjà affirmé son soutien dès le 4 janvier.

Le puissant ministre de l’Intérieur, Diosdado Cabello, n’était pas en reste. S’exprimant au nom de la police, il a assuré : « Notre loyauté envers la Constitution nationale et sa présidente par intérim est absolue ». Il a justifié cette allégeance en expliquant que défendre l’action de la présidente revenait à défendre « la continuité du gouvernement et l’intégrité du peuple vénézuélien ». Il a conclu en promettant que sous son commandement, ils garantiraient « avec efficacité l’ordre intérieur et la protection du peuple ». Une démonstration de force qui vise sans doute autant à rassurer l’intérieur qu’à envoyer un message à ceux qui sont restés… à Washington.

Selon la source : tvanouvelles.ca

Créé par des humains, assisté par IA.

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