La Chine exécute 11 membres d’une famille mafieuse impliquée dans une vaste escroquerie à plusieurs milliards
Auteur: Simon Kabbaj
Une sentence impitoyable pour un empire du crime

C’est une nouvelle qui fait froid dans le dos, mais qui marque peut-être la fin d’une ère d’impunité. La Chine n’a pas tremblé : 11 membres de la célèbre famille Ming ont été exécutés. Ces individus, reconnus coupables d’avoir dirigé un réseau mafieux tentaculaire, ne se sont pas contentés de petites escroqueries. On parle ici d’une industrie du crime à l’échelle industrielle.
Tout s’est accéléré jeudi dernier, lorsque le tribunal populaire intermédiaire de la ville de Wenzhou a annoncé que les sentences avaient été exécutées. Il faut dire que la justice n’a pas traîné, même si le processus a suivi son cours. Les membres de ce clan avaient été condamnés à la peine capitale en septembre de l’année dernière. Ils avaient bien tenté de faire appel, sans doute en espérant une clémence improbable, mais leur demande a été sèchement rejetée en novembre.
Les charges qui pesaient sur eux étaient accablantes, c’est le moins qu’on puisse dire. Outre une fraude estimée à des milliards de dollars, ils ont été reconnus coupables du meurtre de 14 citoyens chinois, ainsi que de détention illégale. C’est brutal, certes, mais cela donne une idée de la violence avec laquelle cette famille opérait.
L’usine à arnaques : des milliards volés et des vies brisées

Comment ont-ils pu amasser autant d’argent ? Le chiffre donne le tournis : on estime que leur opération rapportait plus de 1 000 000 000 £ chaque année, et ce petit manège durait depuis 2015. C’est colossal. Leur méthode était aussi simple que cruelle. Ils attiraient des gens en ligne dans des relations amoureuses factices — ce qu’on appelle souvent des arnaques aux sentiments — pour ensuite les dépouiller via des investissements frauduleux en cryptomonnaies.
Mais le pire, c’est peut-être la logistique humaine derrière ces écrans. Le centre d’arnaque, basé au Myanmar, ciblait principalement des locuteurs chinois. Il fonctionnait grâce à des travailleurs victimes de trafic humain, forcés d’escroquer autrui sous la contrainte. Leur quartier général se trouvait à Laukkaing, une petite ville frontalière. Cette zone a finalement été remise aux autorités chinoises lors d’un conflit entre l’armée du Myanmar et des milices, comme le rapporte la BBC.
L’histoire de leur chute contient d’ailleurs un détail sordide concernant le patriarche du clan. Selon un rapport de Metro, le chef de la famille, Ming Xuechang, a préféré se donner la mort en 2023 pour échapper à la détention alors que les autorités venaient arrêter le reste de sa famille. Une fin lâche pour un homme qui a causé tant de souffrances. C’est en 2023 que les autorités ont finalement capturé le reste de la famille avant de les extrader vers la Chine pour leur procès.
Témoignages de l’horreur et répression élargie

La Cour suprême populaire de Pékin a approuvé la peine de mort, qualifiant les preuves de « concluantes et suffisantes ». On imagine mal le contraire vu l’ampleur du dossier. Certains membres de la famille, peut-être réalisant trop tard la gravité de leurs actes, ont avoué leurs crimes au tribunal et ont semblé exprimer des remords. Mais était-ce sincère ou juste une stratégie de la dernière chance ? Difficile à dire.
En plus des onze exécutés, plus de 20 autres personnes ont écopé de peines de prison allant de cinq ans à la perpétuité. Le groupe ne se limitait pas à la fraude téléphonique ; ils touchaient à tout : casinos illégaux, trafic de drogue et prostitution. Un vrai catalogue de l’horreur.
Les témoignages recueillis avant l’exécution sont glaçants. Des individus kidnappés et forcés de faire tourner la boutique ont raconté leur calvaire. Ils ont décrit un lieu ultra-sécurisé, saturé de violence, où les passages à tabac et la torture faisaient partie de la routine quotidienne. C’était un camp de concentration moderne, ni plus ni moins.
Un contexte régional explosif

Cette affaire met en lumière la détermination de la Chine à nettoyer ses frontières. L’ONU a d’ailleurs tiré la sonnette d’alarme, estimant que des centaines de milliers de personnes ont été victimes de trafic pour gérer ces arnaques en ligne au Myanmar, mais aussi au Cambodge et au Laos. C’est une épidémie silencieuse.
Frustrée par l’incapacité de l’armée du Myanmar à stopper ces escroqueries, la Chine a fini par soutenir une offensive menée par une alliance d’insurgés ethniques dans l’État Shan à la fin de l’année 2023. Une ingérence directe qui montre à quel point Pékin prenait la menace au sérieux.
Le clan Ming n’est d’ailleurs pas le seul à payer le prix fort. La BBC rapporte que cinq membres d’une autre famille ont été condamnés à mort en novembre, tandis que les procès de deux autres familles doivent encore être conclus. Le message est clair : la fête est finie.
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