Un départ difficile, mais l’histoire nous apprend la prudence

Ouch. On ne va pas se mentir, c’est ce qu’on appelle un réveil brutal. Les résultats du tout premier coup de sonde concernant la course à la succession de François Legault ont eu l’effet d’un véritable coup de massue pour Bernard Drainville. C’est décourageant, c’est le moins qu’on puisse dire. À voir les chiffres, on serait presque tenté de dire que les carottes sont cuites pour lui, avant même que l’eau ne bouille. Mais attendez un peu… la partie ne fait que commencer. Il reste deux mois et demi de campagne, à condition bien sûr qu’il décide de persévérer.
Je me souviens, et vous aussi probablement, que dans un passé pas si lointain, les courses à la chefferie du Parti Québécois nous ont offert des rebondissements spectaculaires. Ce n’est pas parce qu’on mène au départ qu’on franchit la ligne d’arrivée en premier. Rappelez-vous juin 2016 : Alexandre Cloutier dominait tout le monde, il avait une avance confortable de 22 % sur Jean-François Lisée et empilait les appuis au sein du caucus péquiste comme des briques. Et pourtant… à peine trois mois plus tard, c’est Lisée qui triomphait.
Même scénario, ou presque, après le départ de Lisée. C’est l’humoriste Guy Nantel qui, en février 2020, déclassait ses adversaires avec, tiens donc, encore une avance de 22 % sur Sylvain Gaudreault. On connaît la suite : parti de très loin derrière, c’est finalement Paul St-Pierre Plamondon qui est monté sur la plus haute marche du podium après une longue course. Et regardez au PLQ récemment : Pablo Rodriguez l’a emporté de justesse, alors qu’il était bien plus connu et qu’un sondage plaçait les libéraux au coude-à-coude avec le PQ sous sa gouverne. Comme quoi, rien n’est jamais gravé dans le marbre.
Le duel des perceptions : le mal-aimé contre l’inconnue

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à nos caquistes. Dans cette course précise, on se dirige vers un duel strict entre Christine Fréchette et Bernard Drainville. Il n’y aura pas de stratégie pour se faufiler entre deux adversaires lors d’un second tour de scrutin, c’est du un contre un. Et là, le bât blesse. Le principal défi de l’ex-ministre de l’Éducation, ça va être de surmonter l’impact de sa faible cote de popularité, mise en lumière cruellement par le sondage Léger.
Dans son camp, chez ses supporteurs, on essayait de miser sur son côté « coloré », vous savez, ce tempérament qui ne laisse personne indifférent. C’est bien beau, mais avec 46 % des Québécois qui ne l’aiment pas, Drainville va avoir un mal fou à convaincre qu’il est l’homme de la situation pour mener les caquistes à la victoire en octobre prochain. C’est un boulet lourd à traîner.
Certes, l’ex-animateur et journaliste jouit d’une notoriété bien plus grande. Mais comme on le dit ironiquement dans le clan Drainville à propos de Christine Fréchette : on ne peut pas avoir une perception négative de quelqu’un qu’on ne connaît pas. C’est peut-être là que réside le danger pour lui.
La forteresse Fréchette et l’enjeu économique
De son côté, la « superministre » de l’Économie et de l’Énergie semble avoir le vent dans les voiles. Elle a déjà récolté une vingtaine d’appuis parmi les élus de la CAQ, et pas des moindres : des ministres importants comme Jean Boulet et Jean-François Roberge sont derrière elle. Ce qui est fascinant, c’est que des caquistes plus nationalistes se sont rangés dans son camp dès le départ. Ils n’ont même pas attendu de connaître les intentions de Simon Jolin-Barrette, qui était pourtant perçu comme le chien de garde « bleu » du parti. C’est dire la confiance qu’elle inspire.
Pourquoi cet engouement ? Ces élus sont convaincus d’une chose : le véritable enjeu de la prochaine élection, ce sera l’économie. Surtout dans ce contexte d’incertitude un peu angoissant lié aux menaces de Donald Trump. Pour eux, seule Fréchette a les épaules pour damer le pion aux libéraux dans l’affrontement inévitable avec le PQ et sa fameuse promesse de référendum.
Conclusion : l’urgence de se réinventer
Alors, que reste-t-il à Bernard Drainville ? Il va devoir abattre ses cartes, et vite, s’il veut entretenir une lueur d’espoir. Il doit trouver une façon de se démarquer sur le plan des idées, c’est impératif, et surtout d’asseoir une crédibilité économique qui lui fait peut-être défaut aux yeux de certains. Il ne pourra pas se contenter de matchs nuls lors des deux débats qui se tiendront en mars. Non, il devra gagner, et nettement.
Ça va jouer dur, c’est certain. Il a beau compter sur une solide organisation — ce qui n’est pas rien —, ce sondage va nuire considérablement à l’opération charme nécessaire au recrutement de nouveaux membres. C’est le cercle vicieux de la politique. Bonne chance, il va en avoir besoin.
Selon la source : journaldequebec.com
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