RFK Jr. remanie le comité sur l’autisme en y intégrant des figures sceptiques sur les vaccins
Auteur: Simon Kabbaj
Un grand ménage controversé au sein du HHS

On dirait que le secrétaire à la Santé, Robert F. Kennedy Jr., n’a pas l’intention de ralentir la cadence. En ce 30 janvier 2026, il continue méthodiquement de placer ses pions, si je puis dire, pour faire avancer son agenda personnel. Après avoir commencé à démanteler plusieurs pans des agences de santé publique, il s’attaque maintenant au Comité de coordination inter-agences sur l’autisme (IACC).
Mercredi dernier, l’annonce est tombée : Kennedy a dévoilé la nouvelle mouture de ce comité crucial du HHS, chargé de guider la politique fédérale et la recherche sur l’autisme. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le changement est radical. Il a remplacé l’intégralité des membres par une toute nouvelle équipe. Ce qui inquiète particulièrement les observateurs, c’est le profil de ces nouveaux venus. Plusieurs d’entre eux ont par le passé soutenu des théories non prouvées ou carrément relayé les convictions anti-vaccination de RFK Jr., remettant en cause la sécurité des vaccins. La communauté scientifique retient son souffle.
Une rupture totale avec l’expertise scientifique traditionnelle

Les réactions ne se sont pas fait attendre, et elles sont vives. Alison Singer, présidente de l’Autism Science Foundation et ancienne membre de l’IACC, n’a pas mâché ses mots dans une déclaration récente. Selon elle, tout comme cela s’est passé avec le Comité consultatif sur les pratiques de vaccination (ACIP), les membres ont été « triés sur le volet pour atteindre une conclusion prédéterminée », plutôt que pour chercher un consensus scientifique honnête. Elle dénonce une volonté d’écarter les experts qualifiés.
Pour comprendre l’ampleur du changement, il faut savoir que l’IACC, créé en 2006, a pour mission de fournir des recommandations (non contraignantes, certes) sur l’allocation des ressources gouvernementales pour la recherche. Habituellement, lors d’un changement d’administration, on conserve une certaine continuité parmi les membres. La dernière réunion du comité avait d’ailleurs eu lieu en janvier 2025, juste avant la seconde investiture de Trump. Mais là, Kennedy a fait table rase du passé, exactement comme il l’avait fait avec l’ACIP l’année dernière.
Certes, parmi les 21 nouveaux membres, on retrouve des personnes autistes et des parents d’enfants autistes, ce qui respecte une longue tradition du comité. Cependant, Singer pointe une « absence frappante d’expertise scientifique » et note qu’aucun représentant des grandes organisations de l’autisme ne figure dans cette nouvelle liste. C’est un vide qui soulève énormément de questions sur la direction que va prendre la politique de santé.
Des profils qui interpellent : entre militantisme et thérapies douteuses

C’est en regardant les CV des nouveaux entrants que l’inquiétude grandit. Prenons John Gilmore, par exemple. Il est le directeur exécutif de l’Autism Action Network (AAN), un groupe qui s’est battu contre les mandats vaccinaux et qui soutient d’autres organisations anti-vaccins comme la Children’s Health Defense — vous savez, celle fondée par RFK Jr. lui-même. Gilmore a d’ailleurs fondé le chapitre new-yorkais de cette organisation.
Il y a aussi Toby Rogers, membre du Brownstone Institute au Texas. Ce monsieur a témoigné l’automne dernier devant le Congrès pour affirmer que « les épidémies d’autisme et de maladies chroniques sont principalement causées par des toxiques — surtout provenant des vaccins ». Pas plus tard que ce mois-ci, il a qualifié le calendrier vaccinal des enfants de « génocidaire » sur les réseaux sociaux. C’est le genre de rhétorique qu’on va désormais retrouver au cœur des instances fédérales.
Et puis, il y a le cas du Dr Daniel Rossignol. Ce médecin de famille promeut des traitements de l’autisme scientifiquement non prouvés, comme la thérapie par chélation et l’oxygénothérapie hyperbare. Il faut noter que la FDA, jusqu’à très récemment (avant que l’administration Kennedy ne retire ces avertissements), conseillait explicitement d’éviter ces thérapies. Rossignol a aussi un passif judiciaire : il y a plus de dix ans, lui et une collègue, Anjum Usman, ont été poursuivis par James Coman, le père d’un enfant autiste, pour les soins prodigués à son fils. Si la plainte a été volontairement retirée par les avocats du plaignant, une action civile connexe menée par le conseil médical de l’Illinois au nom de Coman a conduit à des sanctions disciplinaires contre le Dr Usman en 2014.
Conclusion : Un agenda clairement assumé

Au fond, Kennedy ne s’en cache pas : il veut remodeler radicalement la position du gouvernement sur l’autisme et les vaccins. On le voit à l’œuvre partout. Son ACIP remanié a déjà poussé pour restreindre ou supprimer certains vaccins. Il a ordonné au CDC de modifier ses pages web de manière trompeuse, et plus tôt ce mois-ci, le calendrier vaccinal recommandé pour les enfants a été officiellement allégé par le gouvernement.
Avec ce nouvel IACC désormais en place, il semble inévitable que RFK Jr. continue de promouvoir l’idée — pourtant maintes fois démentie par la science — selon laquelle les vaccins causeraient l’autisme. Les gardes-fous semblent tomber les uns après les autres.
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.