Une lueur d’espoir inédite : comment une trithérapie a vaincu le cancer du pancréas chez la souris
Auteur: Adam David
Un défi médical qui nous touche tous

Il faut bien l’avouer, le simple mot « cancer » suffit souvent à glacer le sang. Mais lorsqu’on parle du cancer du pancréas, l’inquiétude monte d’un cran. C’est sans doute l’une des maladies les plus redoutées aujourd’hui, non seulement à cause de sa gravité intrinsèque, mais aussi – et c’est peut-être le plus difficile à accepter – en raison de la complexité extrême de son traitement. On le sait, sa progression bouleverse tout sur son passage : la vie des patients, bien sûr, mais aussi celle de leurs familles, de leurs proches et même des équipes médicales qui se retrouvent souvent démunies.
Pourtant, au milieu de ce tableau un peu sombre, une nouvelle assez incroyable nous parvient d’Espagne. Récemment, des chercheurs du CNIO (Centre national de recherche sur le cancer) ont tenté une approche différente, presque audacieuse. Ils ont testé un tout nouveau protocole, une sorte de cocktail combinant trois traitements distincts. Et le résultat ? Eh bien, contre toute attente, cette méthode a permis d’éliminer toutes les tumeurs pancréatiques chez les souris testées. Ce succès, que personne n’avait vraiment vu venir à ce niveau d’efficacité, ravive un espoir que l’on croyait parfois perdu dans la lutte contre cette maladie.
Le cocktail gagnant : une stratégie espagnole à trois têtes

Alors, qu’est-ce qu’ils ont fait exactement, ces chercheurs espagnols ? Leurs travaux, qui ont logiquement capté l’attention de la communauté scientifique internationale, se sont concentrés sur une forme bien précise et particulièrement agressive de la maladie : l’adénocarcinome canalaire pancréatique. C’est, hélas, la forme prédominante de ce cancer. L’idée géniale, si je peux me permettre, a été de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Au lieu d’attaquer la tumeur sur un seul front, ils ont conçu un protocole associant trois molécules pour cibler simultanément différents mécanismes cellulaires. L’objectif était clair : bloquer la progression de la maladie chez des modèles murins (des souris, donc).
Pour entrer un peu dans la technique – accrochez-vous, c’est fascinant –, cette étude préclinique a utilisé des souris porteuses des mutations KRAS et TP53. Pourquoi celles-là ? Parce qu’elles sont caractéristiques des formes humaines les plus agressives. C’est donc un modèle très réaliste. La stratégie repose sur une trithérapie précise :
- D’abord, le Daraxonrasib (RMC-6236), un inhibiteur qui cible directement KRAS ;
- Ensuite, l’Afatinib, qui est un inhibiteur irréversible des récepteurs EGFR/HER2 ;
- Et enfin le SD36, un PROTAC ciblant la protéine STAT3, laquelle est impliquée dans la survie de la tumeur.
En gros, contrairement aux approches classiques qui ne ciblent qu’une seule voie moléculaire, cette combinaison bloque simultanément trois axes essentiels du signal KRAS. Résultat ? La cellule cancéreuse se retrouve coincée, incapable d’activer ses voies de signalisation alternatives pour s’adapter et survivre, comme elle le fait malheureusement trop souvent avec les traitements actuels.
Des résultats sans précédent et le poids de la réalité

Les résultats sont, disons-le franchement, assez époustouflants pour un modèle animal. On a observé une régression complète des tumeurs. Et je ne parle pas seulement de cas isolés : cela a fonctionné aussi bien sur des tumeurs orthotopiques que sur des xénogreffes dérivées de patients. Mais le plus marquant, c’est la durée. Aucune rechute n’a été détectée plus de 200 jours après l’arrêt du traitement. C’est un fait inédit dans ce type de modèle. Comme l’a souligné Mariano Barbacid, le responsable du projet, cette approche « ouvre la voie à la conception de nouvelles thérapies combinées susceptibles d’améliorer la survie des patients ». De plus, et c’est un point crucial, le traitement a été bien toléré, sans toxicité majeure. C’est bon signe pour la suite.
Cela dit, il faut remettre tout ça dans le contexte actuel, qui reste lourd. En France, la situation est préoccupante. Chaque année, on pose environ 16 000 nouveaux diagnostics de cancer du pancréas. Il est classé en sixième position parmi les cancers les plus fréquents, mais sa létalité est effrayante, et on constate une hausse continue de l’incidence depuis plus d’une décennie. Les facteurs de risque comme le tabac, l’excès de poids ou le diabète n’y sont sans doute pas étrangers. Aujourd’hui, les taux de survie à cinq ans restent faibles, et la guérison dépend presque exclusivement d’un diagnostic très précoce, ce qui est rare.
Conclusion : Entre prudence et espoir pour demain

Alors, faut-il crier victoire tout de suite ? Pas tout à fait. Même si la tumeur disparaît totalement chez la souris et ne réapparaît pas, le passage de l’animal à l’homme reste une étape critique, souvent semée d’embûches. Les chercheurs insistent – et ils ont raison d’être prudents – sur le fait que des investigations cliniques complémentaires sont indispensables. Il va falloir prouver l’efficacité et la sécurité à moyen terme chez l’être humain. Aucune date n’est encore annoncée pour ces essais, malheureusement.
Néanmoins, ces découvertes changent la donne. Elles prouvent qu’il est possible de piéger la maladie en lui coupant toutes ses voies de sortie. C’est une lueur d’espoir immense pour une prise en charge future de ce cancer au pronostic si sombre. On a envie d’y croire, vraiment.
Selon la source : passeportsante.net
Créé par des humains, assisté par IA.