« Vous ne pouvez pas avoir d’armes » : quand la NRA se retourne contre Donald Trump
Auteur: Simon Kabbaj
Une fracture inattendue au sommet

C’est une situation pour le moins… inhabituelle, voire franchement surprenante. Le président Donald Trump, figure pourtant centrale pour les conservateurs, se retrouve confronté à une rare et virulente réaction négative de la part de la toute-puissante National Rifle Association (NRA). Tout part d’un drame, un événement tragique survenu à Minneapolis : la mort d’Alex Pretti, un infirmier de soins intensifs âgé de 37 ans, abattu par des agents fédéraux.
Ce qui met le feu aux poudres, c’est la réaction de l’administration. Trump a déclaré sans détour que Pretti « n’aurait pas dû porter d’arme », martelant à plusieurs reprises cette phrase qui passe mal chez ses électeurs habituels : « vous ne pouvez pas avoir d’armes ». C’est d’autant plus troublant que les preuves vidéo semblent raconter une autre histoire… Elles montrent en effet que Pretti, qui détenait son arme à feu tout à fait légalement avec un permis de port dissimulé, ne l’a jamais sortie de son étui avant d’être tué. Il n’a, semble-t-il, menacé personne.
Face à ces images et aux propos du président — qui a lâché un « Je n’aime pas qu’il ait eu une arme à feu » assez lourd de sens —, la NRA n’a pas eu d’autre choix que de rejeter publiquement le discours de la Maison-Blanche. Ils qualifient les commentaires fédéraux de « dangereux et erronés ». On sent bien que cela creuse les divisions au sein du mouvement pour le droit au port d’armes, surtout à un moment où l’usage de la force par les autorités fédérales est scruté à la loupe.
La rhétorique de l’« extrémiste violent » : l’escalade verbale de l’administration

Alors que la NRA tente de défendre les droits des citoyens respectueux de la loi — en affirmant sur X que tout citoyen a le droit de porter des armes là où la loi l’y autorise —, l’administration Trump, elle, semble vouloir gagner la bataille de l’image. Et pour ça, les mots choisis sont d’une violence… assez inouïe. Les responsables cherchent activement à présenter Alex Pretti non pas comme un infirmier, mais comme un « extrémiste violent », voire un « terroriste national ». C’est fort, très fort comme accusation, surtout quand on se rappelle que la vidéo montre qu’il n’a pas touché à son arme.
Mais l’équipe autour du président fait bloc. On a vu Kristi Noem, la secrétaire à la Sécurité intérieure, et Kash Patel, le directeur du FBI, monter au créneau. Ils ont repris cette position en chœur, affirmant que « personne qui souhaite être pacifique ne se présente à une manifestation avec une arme à feu chargée de deux chargeurs pleins ». C’est un argument qui porte, certes, mais qui ignore peut-être la réalité de nombreux porteurs d’armes légaux aux États-Unis.
Et puis, il y a Stephen Miller, le conseiller de la Maison-Blanche. Lui, il est allé encore plus loin, je dirais même qu’il a franchi un cap dans l’escalade verbale. Il a carrément affirmé que Pretti était venu pour « massacrer » des policiers. Ce genre de langage, forcément, ça ne calme pas le jeu. Au contraire, ça a considérablement intensifié les critiques sur la manière dont l’administration gère toute cette affaire, donnant l’impression qu’on cherche à justifier l’incident a posteriori.
« On ne peut pas entrer avec des armes » : la colère des défenseurs du 2e amendement

C’est le jour même de la déclaration de la NRA que Donald Trump a remis une pièce dans la machine. Il est revenu sur la fusillade, la qualifiant d’« incident très malheureux », ce qui est un euphémisme, je suppose. Mais il a surtout insisté : « On ne peut pas entrer avec des armes. C’est tout simplement impossible. » Pour lui, le simple fait d’avoir l’arme était le problème. Il a ajouté : « Je n’aime pas qu’il ait eu deux chargeurs pleins ».
Ces commentaires ont fait bondir bien au-delà de la seule NRA. D’autres organisations sont montées au créneau, comme la National Association for Gun Rights. Ils ont répondu directement sur X, et ils n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère. Pour eux, « Le fait de porter un chargeur supplémentaire n’implique rien ». Ils expliquent, avec beaucoup de bon sens de leur point de vue, que des milliers d’Américains respectueux de la loi le font chaque jour.
Pour ces groupes, c’est la norme, ce n’est pas « excessif » comme le prétend le président. Ils ont fini par lancer un avertissement assez sombre : affirmer le contraire, selon eux, crée un « dangereux précédent » pour les droits garantis par le deuxième amendement. Ils craignent que cela n’ouvre grand la porte à des arguments faciles pour interdire les chargeurs ou faire passer des législations restrictives. Ironiquement, c’est l’argumentaire que les Républicains combattent habituellement, et là, il vient de leur propre camp.
Conclusion : Un tournant délicat
En fin de compte, cette affaire laisse un goût amer et beaucoup de questions en suspens. On assiste peut-être à une redéfinition des lignes au sein du camp conservateur, ou du moins à une grosse zone de turbulence. Le fait que l’administration Trump soit accusée d’utiliser une rhétorique anti-armes pour justifier une bavure fédérale est… déroutant pour beaucoup.
Entre les accusations de terrorisme d’un côté et la défense stricte des droits constitutionnels de l’autre, le fossé se creuse. Alex Pretti, l’infirmier, se retrouve au cœur d’une bataille politique qui le dépasse, malheureusement, désormais.
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