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L’ambassadrice sortante aux États-Unis estime que le Canada doit davantage se faire confiance
Crédit: NASA Headquarters / NASA/Keegan Barber, Wikimedia Commons (Public domain)

Un départ et un message de fermeté

Face à l’imprévisibilité de notre voisin du Sud, avons-nous tendance à douter de nous ? C’est ce que suggère Kirsten Hillman. L’ambassadrice du Canada aux États-Unis, qui s’apprête à faire ses valises le 15 février prochain, a profité d’une entrevue à l’émission Les coulisses du pouvoir pour lancer un message clair : le Canada doit se « faire confiance ».

Après plus de huit ans passés dans la capitale américaine — elle y travaille depuis 2017 et a été titularisée ambassadrice en 2020 après un intérim dès 2019 —, la diplomate est formelle : « Nous avons une position dans cette relation qui est importante ». Mais elle ne se voile pas la face pour autant. Des certitudes que l’on croyait gravées dans le marbre s’effritent.

La fin du « gagnant-gagnant » automatique ?

Il fut un temps où personne ne remettait en question l’interconnexion de nos économies. Mme Hillman le note avec justesse : le principe du « win-win », l’idée que des chaînes d’approvisionnement communes et des secteurs stratégiques intégrés profitaient aux deux pays, est désormais « remis un peu en question ».

Pourtant, impossible d’y échapper. La relation avec les Américains touche « presque tous les aspects de la vie au Canada ». C’est une réalité géographique et stratégique immuable. Et attention, ce n’est pas qu’une affaire de poignées de main au sommet de l’État. Comme le rappelle l’ambassadrice sortante, ce sont des millions de citoyens qui interagissent au quotidien, que ce soit pour le commerce, l’énergie ou la sécurité.

Signe que l’intérêt reste vif : ces six à huit derniers mois, l’ambassade a reçu plus de visites de « personnes séniors » — gouverneurs, sénateurs, chefs d’entreprise — que durant tout le reste de son mandat.

Place à la nouvelle garde pour l’ACEUM

Pourquoi partir maintenant ? Le timing n’est pas anodin. La révision du fameux accord commercial ACEUM (qui a remplacé l’ALENA) doit débuter cette année. Pour Kirsten Hillman, il est crucial qu’une nouvelle équipe soit en place « du début à la fin » du processus.

« Ce n’est pas idéal de changer cette équipe au milieu d’une négociation », explique celle qui avait déjà joué un rôle clé lors des tractations de novembre 2018. L’enjeu est de taille : si Donald Trump promettait jadis un « avenir glorieux » grâce à ce texte signé durant son premier mandat, il le qualifie aujourd’hui d’entente « inutile ».

C’est donc l’homme d’affaires Mark Wiseman qui reprendra le flambeau. Mme Hillman, qui a d’ailleurs agi comme négociatrice en chef pour le Canada début 2025 sur un nouvel accord de sécurité et de commerce, assure qu’elle aidera son successeur à prendre ses marques. Elle restera disponible pour l’équipe canadienne dans les mois à venir.

Une figure incontournable jusqu’au bout

Son départ marque la fin d’un cycle intense. On se souviendra notamment de son accueil du Premier ministre Mark Carney à Washington, le 5 mai 2025, illustrant son rôle central jusqu’aux derniers instants de ses fonctions diplomatiques ou de négociation.

Même si « ce n’est jamais un moment parfait » pour partir, comme elle l’admet elle-même, l’intention de quitter le poste cette année était prévue. La transition est en marche, mais le conseil reste : confiance et fermeté.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

Créé par des humains, assisté par IA.

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