Des extraterrestres venus d’un univers parallèle seraient partout autour de nous, sans que nous le sachions
Auteur: Mathieu Gagnon
Une vieille équation remise au goût du jour

Vous souvenez-vous de Frank Drake ? En 1962, cet astronome américain a posé sur le papier une formule devenue légendaire : l’équation de Drake. Son but était d’estimer combien de civilisations extraterrestres pouvaient être détectées dans notre Voie lactée. Pour faire ce calcul, il prenait en compte le taux de formation des étoiles, la part de ces étoiles ayant des planètes, et combien de ces planètes pouvaient abriter la vie, voire une technologie avancée. C’était déjà complexe, mais des chercheurs basés en Suisse et au Royaume-Uni viennent d’ajouter une nouvelle couche de difficulté à ce problème fascinant.
Dans une étude publiée en novembre 2024 dans les Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, ces scientifiques se sont penchés sur un ingrédient que Drake n’avait pas explicitement inclus : l’énergie noire. Cette force mystérieuse, responsable de l’accélération de l’expansion de l’univers, joue pourtant un rôle clé. Pourquoi ? Parce que sans étoiles, pas de vie telle que nous la connaissons. Et c’est justement l’influence de cette énergie noire sur la naissance des étoiles que Daniele Sorini, chercheur à l’Institut de cosmologie computationnelle de l’Université de Durham, et son équipe ont décidé d’analyser. Leur travail offre un nouveau modèle théorique qui s’applique non seulement à notre univers, mais aussi à d’autres univers possibles.
Nous ne vivons pas dans l’univers optimal
C’est là que les choses deviennent surprenantes. L’équipe a utilisé ce qu’on appelle le « raisonnement anthropique ». En gros, l’idée est la suivante : on peut déduire certaines propriétés fondamentales de l’univers simplement parce que nous sommes là pour les observer. Steven Weinberg, prix Nobel de physique, avait déjà utilisé cette approche à la fin des années 1980. Il suggérait que la densité de l’énergie noire détermine l’existence de la vie intelligente : si cette densité est trop élevée, l’univers s’étend trop vite, la gravité ne peut pas rassembler la matière en galaxies, et aucune étoile ne naît.
Daniele Sorini explique que, bien que nous puissions mesurer la densité de l’énergie noire, nous ignorons encore sa nature exacte. Pourtant, en modélisant l’efficacité de la formation stellaire, son équipe a fait une découverte étonnante. Notre univers convertit environ 23 % de sa matière ordinaire en étoiles. C’est bien, mais on peut faire mieux. Selon leurs calculs, un univers hypothétique possédant environ un dixième de la densité d’énergie noire observée chez nous serait encore plus fertile. Dans ce scénario idéal, 27 % de la matière se transformerait en étoiles. Conclusion ? Si notre univers est assez propice à la vie, il n’est pas le champion toutes catégories. Un univers parallèle avec moins d’énergie noire serait, en théorie, un terrain bien plus favorable à l’émergence d’une vie intelligente.
Le vertige du multivers

Alors, sommes-nous une anomalie ? Pour creuser la question, les chercheurs ont imaginé un multivers où chaque univers aurait sa propre densité d’énergie noire. Le résultat est un peu contre-intuitif : ils ont trouvé que 99,5 % de ces univers auraient une densité d’énergie noire plus élevée que la nôtre. Cela semble contradictoire, n’est-ce pas ? Si une densité élevée nuit à la vie, pourquoi la grande majorité des univers en auraient-ils autant ?
Daniele Sorini rassure : « Il n’y a pas de contradiction ». Il explique que, pris individuellement, ces univers riches en énergie noire abritent moins d’observateurs intelligents. Mais comme ces univers sont infiniment plus nombreux, le total finit par s’équilibrer. Il est important de noter, comme le souligne Sorini, que cette étude n’a pas pour but de prouver l’existence du multivers ni de localiser des extraterrestres avec un GPS cosmique. C’est avant tout une expérience de pensée. L’objectif est de comprendre pourquoi notre univers a cette densité précise d’énergie noire, celle-là même qui nous permet d’être là aujourd’hui pour en discuter.
Selon la source : popularmechanics.com
Créé par des humains, assisté par IA.