Le secret du ronronnement : pourquoi il trahit l’identité de votre chat bien mieux que ses miaulements
Auteur: Adam David
Une révélation surprenante sur nos compagnons félins

On a souvent l’impression de connaître son chat par cœur, n’est-ce pas ? On reconnaît ce petit cri insistant quand la gamelle est vide ou ce miaulement plaintif devant une porte fermée. Pourtant, une étude récente vient bousculer nos certitudes. Il semblerait, contre toute attente, que le ronronnement soit un indicateur bien plus fiable de l’identité individuelle d’un chat que son miaulement. C’est curieux, je trouve, car on a tendance à penser que le miaulement est leur « voix » principale. Mais non. Le miaulement, lui, aurait évolué pour devenir un outil incroyablement flexible, presque manipulatoire – dans le bon sens du terme, bien sûr – spécifiquement adapté à nous, les humains. Il varie énormément selon le contexte, alors que le ronronnement, lui… il reste constant. Il est spécifique à chaque animal, comme une sorte d’empreinte vocale immuable.
Ces nouvelles données sont fascinantes car elles mettent en lumière un aspect, disons, supplémentaire, de la façon dont la domestication a influencé l’évolution de nos petites bêtes. C’est tout un pan de leur histoire évolutive qui se dévoile ici, montrant comment vivre à nos côtés a façonné non seulement leur comportement, mais aussi la structure même de leur communication.
Les coulisses de la communication animale et le lancement de l’étude

Vous savez, dans le règne animal, la communication est une affaire complexe. Les bêtes utilisent une panoplie de signaux : des signatures vocales, bien sûr, mais aussi la posture physique, tout un jeu d’expressions faciales, et j’en passe. Ces signaux ne sortent pas de nulle part ; ils sont influencés par des tas de facteurs comme le sexe, l’âge de l’animal, sa condition physique et, évidemment, ses petites différences individuelles. Ces signatures, qui sont majoritairement vocales, jouent un rôle essentiel – on pourrait dire vital – pour distinguer les individus entre eux. Pensez aux relations mère-enfant, par exemple, c’est là que tout se joue. Des études antérieures avaient déjà bien démontré que beaucoup d’animaux possèdent ces signatures uniques pour se reconnaître. Mais voilà, l’homme est passé par là. La domestication et la sélection artificielle ont mis leur grain de sel, contribuant à faire évoluer ces signaux chez certains animaux familiers, comme nos chiens (Canis familiaris) et nos chats domestiques (Felis catus). Le résultat ? Une flexibilité accrue et une réactivité aux humains qui est, ma foi, assez stupéfiante.
Le chat domestique est donc un modèle particulièrement pertinent – peut-être même le meilleur – pour étudier ce phénomène. On cherche à comprendre comment l’interaction humaine a façonné leur comportement vocal et comment leur identité est encodée, que ce soit dans le miaulement ou le ronronnement. Comme les chiens, ils ont subi de profondes modifications vocales au fil de leur longue, très longue coexistence avec nous. Cependant, et c’est là que le bât blesse, peu d’études avaient jusqu’ici vraiment creusé la question de la spécificité individuelle de ces sons. Pour combler ce vide, des chercheurs du Musée d’histoire naturelle de Berlin et de l’Université de Naples Federico II se sont penchés sur la question. Ils ont publié leurs travaux dans la revue Scientific Reports, notant que si l’individualité vocale est essentielle à la reconnaissance sociale, sa présence dans les différents cris du chat restait mal comprise. C’est un peu comme si on avait ignoré une partie de leur langage jusqu’à présent.
L’expérience : Quand le ronronnement l’emporte sur le miaulement

Alors, qu’est-ce qui différencie vraiment ces deux sons ? Le miaulement et le ronronnement ont des rôles bien distincts. Le miaulement, c’est cette vocalisation polyvalente, généralement produite la gueule ouverte – vous voyez l’image ? – avec des intensités et des sonorités qui changent tout le temps selon ce qu’il se passe. Avec nous, ils l’utilisent pour tout : jouer, réclamer des caresses ou, plus souvent, exiger leur pâtée. Le ronronnement, lui, c’est autre chose. Il se produit dans des contextes d’affiliation, comme entre une chatte et ses chatons lors de l’allaitement, ou quand on les caresse. C’est un son constant, de basse fréquence, accompagné de ces vibrations qui parcourent tout leur petit corps. Les chercheurs, curieusement, sont partis avec une hypothèse qui s’est avérée fausse. Ils ont écrit : « Nous avons examiné si les chats encodent leur identité individuelle dans leurs miaulements et leurs ronronnements, en supposant que les miaulements pourraient présenter des signatures plus fortes du fait de leur nature adressée à l’humain ». Eh bien, raté.
Pour vérifier cela, ils n’ont pas fait les choses à moitié. Ils ont analysé pas moins de 276 miaulements provenant de 14 chats et 557 ronronnements issus de 21 chats. C’est un sacré échantillon. Ils ont utilisé des outils initialement conçus pour la reconnaissance vocale humaine – oui, la même technologie que sur nos téléphones, j’imagine – pour voir si l’ordinateur pouvait reconnaître quel chat produisait quel son, juste à l’oreille, enfin, façon de parler. Les résultats ? Les deux sons ont des signatures, c’est vrai, mais les ronronnements se sont avérés nettement, mais alors nettement plus fiables. Danilo Russo, l’auteur de l’étude, l’explique très bien dans un communiqué du Musée berlinois : on prête attention aux miaulements car ils nous sont destinés, mais « après avoir examiné de près la structure acoustique, nous avons constaté que le ronronnement régulier et rythmé était un indicateur plus fiable pour distinguer les individus ». Comme quoi, l’oreille humaine peut être trompeuse.
Une affaire d’évolution : Comparaison avec les félins sauvages

Pour donner du sens à tout ça, il fallait regarder en arrière, ou plutôt, regarder ailleurs. Les chercheurs ont voulu placer ces résultats dans un contexte évolutif. Ils ont donc comparé nos chats de canapé avec leurs cousins sauvages. Ils ont puisé dans un vaste ensemble de données des archives sonores animales du Muséum d’histoire naturelle de Berlin, incluant le chat sauvage d’Afrique (Felis lybica), le chat sauvage d’Europe (Felis silvestris), le chat de jungle (Felis chaus), et même de plus gros calibres comme le guépard (Acinonyx jubatus) et le puma (Puma concolor). C’est une belle brochette de félins, n’est-ce pas ?
Ce qu’ils ont découvert est édifiant : les miaulements des chats domestiques présentent une variabilité bien plus importante que ceux des félins sauvages. Pourquoi ? D’après les chercheurs, c’est notre faute, ou plutôt, c’est grâce à nous. Cette grande variabilité serait attribuée à la domestication. Mirjam Knörnschild, la coauteure principale, a une explication qui tient la route : « Vivre avec des humains – dont les habitudes, les attentes et les réactions diffèrent considérablement – a probablement favorisé les chats capables d’adapter leurs miaulements avec souplesse ». En somme, pour survivre dans un monde dominé par l’homme, il fallait savoir se faire comprendre. Elle ajoute que leurs résultats confirment que les miaulements sont devenus un outil « extrêmement adaptable ». L’évolution a donc privilégié la flexibilité plutôt que l’individualité stricte pour faciliter la communication et l’expression des besoins envers nous, leurs maîtres… ou leurs serviteurs, selon le point de vue !
Selon la source : trustmyscience.com
Créé par des humains, assisté par IA.