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Des scientifiques transforment les cellules immunitaires des tumeurs en tueuses de cancer
Crédit: lanature.ca (image IA)

Transformer l’ennemi en allié, directement sur le champ de bataille

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Imaginez que l’on puisse injecter une thérapie directement au cœur d’une tumeur pour retourner ses propres habitants contre elle. C’est exactement ce que viennent de réaliser des chercheurs en transformant des cellules immunitaires passives, déjà présentes sur place, en tueuses de cancer actives. Cette découverte change la donne : la tumeur n’est plus seulement une cible inerte qu’on bombarde de l’extérieur, mais devient le site de fabrication du traitement lui-même.

Le professeur Ji-Ho Park et son équipe du KAIST (Korea Advanced Institute of Science and Technology) ont démontré que cette conversion est possible. Au lieu de voir leur système immunitaire bloqué par la pression du cancer, les cellules traitées se sont mises à produire des protéines leur permettant de reconnaître et d’attaquer l’ennemi. Tout se joue localement, à l’intérieur même de la masse tumorale. Mais pourquoi est-ce si révolutionnaire ? Parce que jusqu’à présent, atteindre le cœur d’une tumeur solide relevait du parcours du combattant.

Pourquoi les traitements actuels se cassent les dents sur les tumeurs solides

credit : lanature.ca (image IA)

Vous avez déjà essayé de traverser une foule compacte ? C’est un peu ce que vivent les traitements classiques face aux tumeurs solides du poumon, du foie ou de l’estomac. Ces tumeurs sont de véritables forteresses : tissus denses, haute pression, fibres enchevêtrées. Tout est fait pour empêcher les médicaments d’entrer. Une revue scientifique rapportait d’ailleurs un chiffre effarant : seulement 1 à 2 % des cellules CAR-T, ces super-soldats modifiés en laboratoire pour cibler le cancer, parviennent réellement jusqu’au cœur de la tumeur. C’est pour ça que tant de thérapies, pourtant prometteuses contre les cancers du sang, échouent lamentablement face aux masses solides.

Mais il y a une faille. Ces tumeurs sont souvent remplies de macrophages. Ce sont des cellules immunitaires nettoyeuses qui patrouillent pour avaler les débris. Parfois, elles représentent près de la moitié de la masse tumorale ! Le problème, c’est que le cancer est malin : il force ces macrophages à se calmer, voire à l’aider à grossir en favorisant l’apport sanguin. C’est là que l’équipe du Pr Park intervient. En reprogrammant cette main-d’œuvre locale, on transforme une faiblesse structurelle en un avantage tactique décisif.

Une ruse génétique livrée par des bulles de gras

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Concrètement, comment on réveille ces cellules endormies ? Les chercheurs ont utilisé des nanoparticules lipidiques — imaginez de minuscules capsules de gras — pour protéger une cargaison fragile : de l’ARNm. Une fois injectées directement dans la tumeur, ces capsules aident les macrophages à avaler le colis. À l’intérieur, la machinerie cellulaire lit le message génétique (l’ARNm) et se met à fabriquer une nouvelle protéine de surface. Résultat ? Les macrophages savent désormais distinguer les cellules cancéreuses des tissus sains et les détruire.

Ce n’est pas tout. Le traitement contient aussi un signal d’alarme intégré. Une fois activé, il dit aux macrophages : « Attention, quelque chose ne va pas ! » Ces derniers relâchent alors des signaux chimiques qui attirent d’autres cellules immunitaires en renfort et maintiennent leur attention fixée sur la tumeur. C’est crucial, car d’habitude, le cancer étouffe ces cris d’alerte. L’avantage énorme ici, c’est que ces macrophages circulent déjà librement dans la tumeur. On contourne donc totalement les barrières physiques qui bloquent les autres thérapies.

Des souris aux humains : espoirs et prudence

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Les résultats sont là, du moins chez les souris atteintes de mélanome, un cancer de la peau agressif. Les injections ont ralenti la croissance tumorale. Mieux encore : chez certaines souris, la réponse immunitaire s’est propagée jusqu’à des tumeurs qui n’avaient même pas reçu d’injection. C’est la preuve d’un effet global. De plus, cette méthode est un sacré raccourci. Les thérapies cellulaires classiques prennent des semaines — il faut prélever les cellules, les modifier en labo, les multiplier… Là, le papier publié en 2025 (volume 19, numéro 48 de la revue ACS Nano) décrit une approche où l’on programme les cellules directement sur place.

« Cette étude présente un nouveau concept de thérapie cellulaire immunitaire qui génère des cellules anticancéreuses directement dans le corps du patient », résume le professeur Park. Mais ne nous emballons pas trop vite. Ce qui marche sur une souris ne marche pas forcément sur nous. Il y a des risques : amplifier l’alarme immunitaire peut provoquer des gonflements ou des douleurs. Et surtout, il ne faut pas que ces macrophages modifiés se trompent de cible et attaquent des organes sains, comme le foie. Il faudra des essais cliniques rigoureux pour valider la sécurité, la durée de l’effet et les dosages. La route est encore longue, mais la voie est ouverte.

Selon la source : earth.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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