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Voici les trois virus à surveiller en 2026, selon un expert en maladies
Crédit: lanature.ca (image IA)

Des vaches, de la politique et une surveillance en péril

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On pensait la page des grandes pandémies tournée, mais Patrick Jackson, professeur adjoint en maladies infectieuses à l’Université de Virginie, vient jouer les rabat-joie dans une tribune pour The Conversation. Son constat est simple : entre le réchauffement climatique et nos voyages incessants, nous offrons aux virus un passeport pour faire le tour du monde en un temps record. Et pour 2026, trois noms reviennent avec insistance sur sa liste rouge : la grippe A, le Mpox et le virus Oropouche.

Commençons par la grippe A, celle qui a surpris tout le monde en 2024. Souvenez-vous : le virus H5 est apparu pour la première fois chez des vaches laitières aux États-Unis, s’installant rapidement dans les troupeaux de plusieurs États. Depuis, le bilan humain s’est alourdi, même s’il reste contenu. Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) ont recensé 71 cas humains et deux décès.

Le premier drame a touché un habitant de Louisiane, emporté par la souche H5N1 en janvier 2025. Le second cas, détecté dans l’État de Washington, est le premier connu lié à la souche voisine H5N5. Si la quasi-totalité des malades sont des travailleurs agricoles (laiterie ou volaille) et qu’aucune transmission interhumaine n’a été observée sur le sol américain, les experts restent sur le qui-vive. Derek Cummings, épidémiologiste à Johns Hopkins, prévient : « Cette capacité à toucher plusieurs espèces est la marque de fabrique d’un agent pathogène dangereux capable d’émerger. »

Mais ce qui inquiète peut-être le plus, c’est ce qu’on ne voit pas. Angela Rasmussen, virologue à l’Université de la Saskatchewan, s’interroge ouvertement dans le Los Angeles Times sur la fiabilité des chiffres actuels. En cause ? Les coupes budgétaires et de personnel de l’administration Trump, qui auraient conduit à la fermeture d’une grande partie de l’infrastructure de surveillance de la grippe. « Combien de cas ne voyons-nous pas parce qu’ils n’existent pas, et combien nous échappent parce que le gouvernement ne nous les signale plus ? », demande-t-elle.

Mpox et Oropouche : les voyageurs indésirables

credit : lanature.ca (image IA)

Le deuxième nom sur la liste est le Mpox (anciennement variole du singe). Connu en Afrique depuis les années 70, il a fini par capter l’attention de l’Occident. « C’est un cousin de la variole, provoquant fièvre et éruptions douloureuses pendant des semaines », rappelle Patrick Jackson. Le virus se divise en quatre familles, ou « sous-clades » (Ia, Ib, IIa, IIb).

Après l’épidémie mondiale du clade IIb en 2022 (plus de 100 pays touchés, principalement par contact sexuel), c’est désormais le clade Ib qui préoccupe. Parti de la République démocratique du Congo en 2023, il a gagné les pays voisins en 2024. Aux États-Unis, le CDC a déjà signalé 10 cas de clade I depuis 2024, dont trois cas de clade Ib en Californie. De l’autre côté de l’Atlantique, le Royaume-Uni comptabilisait 19 cas de clade Ib au 30 novembre 2025. Si la plupart des cas sont liés à des voyages, des preuves de transmission interhumaine hors d’Afrique commencent à émerger.

Adesola Yinka-Ogunleye, du Centre nigérian de contrôle des maladies, ne mâche pas ses mots : « Le monde paie le prix de ne pas avoir réagi adéquatement » aux épidémies précédentes, comme celle de 2017 au Nigeria. Le rapport du CDC de janvier 2026 s’attend d’ailleurs à de nouveaux cas en Europe et aux États-Unis. Il existe un vaccin, mais toujours pas de traitement spécifique.

Enfin, connaissez-vous la « fièvre des paresseux » ? C’est le surnom du virus Oropouche. Identifié à Trinidad dans les années 50 et porté par des moucherons piqueurs (les Culicoides paraensis), il a longtemps été cantonné à l’Amazonie. Mais en 2024, tout a changé : des cas liés aux voyages sont apparus en Europe, et les premiers décès ont été enregistrés à Bahia, au Brésil.

Le problème ? L’insecte vecteur vit aussi bien en Amérique du Sud qu’en Amérique du Nord, y compris dans le sud-est des États-Unis. Lors de la flambée de 2024, on a découvert que le virus pouvait se transmettre de la mère à l’enfant et causer la microcéphalie (une malformation de la tête du bébé). Face à l’urgence, l’OMS a publié le 5 janvier 2026 une feuille de route pour développer vaccins et traitements, qui font cruellement défaut aujourd’hui.

Ceux qui font de la résistance (et comment rester serein)

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La liste ne s’arrête malheureusement pas là. D’autres pathogènes profitent de la moindre faille. Prenons le virus Chikungunya, transmis par les moustiques : avec des symptômes proches de la dengue, il a fait un retour en force l’an dernier. Entre le 1er janvier et le 30 septembre 2025, on a compté pas moins de 445 271 cas suspects et confirmés, causant 155 décès.

Il y a aussi le virus Nipah, dont une épidémie récente au Bengale occidental a fait les gros titres. Mais rassurez-vous : selon le professeur Piero Olliaro de l’Université d’Oxford, s’exprimant le 28 janvier dernier, « l’épidémie actuelle ne semble pas plus sévère que les précédentes » et le virus ne montre pas la transmissibilité nécessaire pour déclencher une pandémie. La réponse sur place a d’ailleurs été qualifiée de « rapide et ciblée » par le Dr Efstathios Giotis de l’Université d’Essex.

Plus inquiétant est le retour de maladies que nous devrions pourtant maîtriser. La rougeole, par exemple, profite de la baisse des taux de vaccination pour rebondir. Conséquence directe : les États-Unis devraient perdre leur statut d’élimination de la maladie en avril prochain, lors d’une réunion de l’Organisation panaméricaine de la santé.

Alors, faut-il paniquer ? Non, mais rester vigilant, oui. Comme le résume Patrick Jackson, notre santé est connectée à celle des animaux et de l’environnement. « La vigilance face aux menaces virales connues et émergentes, ainsi que le développement de nouveaux vaccins et traitements, peuvent aider à assurer la sécurité de tous », conclut-il. En bref : on garde l’œil ouvert, et on continue d’investir dans la recherche.

Selon la source : iflscience.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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