18 dinosaures retrouvés entassés dans des « fosses de la mort » : ces trous auraient été creusés par un dinosaure bien plus grand.
Auteur: Mathieu Gagnon
L’énigme des fosses communes préhistoriques

Il y a environ quinze ans, une découverte a laissé la communauté scientifique perplexe : une série de « fosses de la mort » contenant les restes d’au moins 18 dinosaures théropodes. Fait troublant, ces ossements semblaient empilés les uns sur les autres. Ces cavités, profondes de 1 à 2 mètres, ne se sont pas formées progressivement au fil du temps. L’analyse de leur structure révèle qu’il s’agit de zones de liquéfaction très localisées, provoquées par une pression intense sur les sédiments.
La conclusion des chercheurs est surprenante : ces fosses d’enterrement de masse sont en réalité les empreintes laissées par un dinosaure bien plus grand. Le coupable involontaire est un sauropode, famille qui compte les plus grands animaux terrestres ayant jamais existé. Pour visualiser l’échelle, le titre de poids lourd est actuellement détenu par le Patagotitan mayorum, un colosse de 37 mètres de long pesant environ 70 tonnes, soit 70 000 kilogrammes. Cela représente l’équivalent de dix éléphants d’Afrique. Avec une telle masse, il est aisé de comprendre comment ces animaux pouvaient marquer durablement le paysage.
Un piège mortel pour les petites espèces
L’étude de ces marques relève de l’ichnologie, la science des traces fossiles, qui inclut aussi bien les griffures que les mouvements de nage du Tyrannosaurus rex ou même les traînées laissées par les fessiers des animaux. Cependant, il est rare que ces empreintes se transforment en lieux de sépulture collective. C’est pourtant le sort qu’ont connu de nombreux petits vertébrés, dont le Limusaurus inextricabilis, un petit théropode non-aviaire, et le Guanlong wucaii, un ancêtre du T. rex. Ces animaux sont tombés un par un dans la boue d’une empreinte de sauropode, créant cet empilement vertical inhabituel des restes.
David Eberth, géologue au Musée royal Tyrrell en Alberta, a expliqué au National Geographic que d’autres animaux ont probablement chuté dans ces pièges mais ont réussi à s’en extirper. « Nous imaginons que les quadrupèdes pouvaient sortir de ces fosses car ils disposaient essentiellement de quatre roues motrices naturelles pour se hisser hors du trou », précise-t-il. Les dinosaures plus massifs avaient sans doute la puissance nécessaire pour s’échapper, contrairement aux plus petits spécimens piégés.
Une conservation exceptionnelle figée dans le temps

Si la chute dans une empreinte géante fut fatale pour ces animaux, elle a paradoxalement permis une excellente fossilisation. Bien que certaines parties des corps aient disparu, probablement à cause de charognards opportunistes, les dinosaures sont restés largement intacts. L’ensevelissement rapide dans les sédiments est en effet reconnu pour produire des fossiles d’une grande qualité.
Un phénomène similaire a été observé lors d’une étude récente sur des Edmontosaurus momifiés retrouvés dans la « zone des momies » du Wyoming. Ces spécimens présentaient des détails de tissus mous grâce au « clay templating » (moulage par l’argile), rendu possible par leur submersion rapide lors de crues suivant leur mort. Dans le cas des empreintes de sauropodes, l’événement remonte à 160 millions d’années, dans une région qui est aujourd’hui le désert de Gobi, mais qui était alors une zone marécageuse et humide.
Quant à l’identité du géant responsable de ces pièges, le Mamenchisaurus est un candidat sérieux. S’il n’atteint pas les dimensions du Patagotitan, il possède le plus long cou de tout animal découvert, mesurant 15,1 mètres. Un atout pour se nourrir de la végétation haute, mais qui ne permettait sans doute pas de remarquer les petits dinosaures noyés sous ses pas.
Selon la source : iflscience.com
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