Des scientifiques pensent qu’il serait possible de guérir l’esprit en contrôlant ses rêves
Auteur: Mathieu Gagnon
Quand le rêveur reprend les commandes

Vous est-il déjà arrivé, au cœur d’un cauchemar, de réaliser soudainement que vous étiez en train de dormir et de provoquer volontairement votre réveil ? Si oui, vous avez expérimenté une forme de rêve lucide. Dans ces songes particuliers, le dormeur a conscience de rêver et parvient souvent à contrôler le déroulement des événements. Une équipe internationale de chercheurs s’est penchée sur ce phénomène précis, estimant qu’il pourrait constituer, à terme, une alternative thérapeutique sérieuse.
Ces scientifiques ont passé en revue la littérature existante concernant des sujets cliniques souffrant de cauchemars chroniques, liés notamment au trouble de stress post-traumatique (TSPT). Leur objectif était de répondre à une question centrale : un type de rêve spécifique peut-il modifier le cours d’un autre ? L’étude souligne une nuance importante : tous les rêves lucides ne se valent pas. Seule une sous-catégorie, connue sous le nom de « rêves de contrôle lucide », permet au dormeur de manipuler les actions et les événements. C’est précisément ce mécanisme que les chercheurs envisagent aujourd’hui dans un contexte médical.
Une mécanique cérébrale complexe
Pour comprendre comment cette reprise de contrôle est possible, il faut observer l’activité neuronale. Les rêves de contrôle lucide émergent d’une activité accrue dans deux zones clés : le cortex préfrontal dorsolatéral, essentiel à la cognition, et le cortex préfrontal ventromédian. Ce dernier est un centre névralgique du « réseau du mode par défaut » — activé au repos — et participe à la prise de décision. D’autres régions sont indispensables à cette conscience de soi, notamment la jonction temporo-pariétale, qui gère l’attention face à l’inattendu, et le précuneus. Ce dernier joue un rôle dans l’identité personnelle, la récupération de la mémoire et la gestion des expériences passées.
L’état de rêve lucide lui-même est déclenché par une collaboration entre l’amygdale et l’hippocampe. Ces deux structures sont impliquées dans le renforcement des souvenirs et la formation de la mémoire émotionnelle. C’est l’action conjointe de ces régions qui permet au rêveur de ne plus accepter passivement les images perçues comme de simples hallucinations, mais d’agir dessus.
Vers une nouvelle forme de thérapie ?

Dans leur étude publiée récemment dans le journal Annals of Medicine & Surgery, les auteurs notent que le rêve de contrôle lucide montre des promesses pour traiter les symptômes du TSPT et de l’anxiété, incluant une réduction des cauchemars. Ils soulignent que cette approche combine les neurosciences et l’auto-efficacité du patient. En analysant les études cliniques, les chercheurs ont découvert que les effets du rêve lucide présentent des parallèles avec ceux obtenus par les psychédéliques, eux-mêmes utilisés pour atténuer les effets des traumatismes.
Le potentiel de cette méthode réside dans sa capacité à renforcer la résilience émotionnelle et la conscience de sa propre pensée. L’équipe considère ainsi le rêve lucide comme un traitement potentiellement viable, remettant le pouvoir de surmonter les cauchemars chroniques — et l’anxiété qui en découle — directement entre les mains du patient.
Précautions et perspectives d’avenir

Malgré ces résultats encourageants, la fusion entre les cliniques du sommeil et les centres de traumatologie n’est pas pour tout de suite. Des investigations supplémentaires restent nécessaires. Les chercheurs émettent d’ailleurs une mise en garde : les personnes sujettes à la dissociation ou à la psychose devraient éviter de pratiquer intensément le rêve lucide, cet état partageant des similitudes avec ces troubles.
Pour la suite, l’équipe insiste sur la nécessité de financements et de campagnes de sensibilisation. Ils recommandent que les futures recherches explorent comment l’entraînement au rêve lucide, assisté par électroencéphalogramme (EEG), peut aider les personnes souffrant de cauchemars liés au TSPT. L’accent devra être mis sur l’efficacité de cette méthode à travers différentes cultures et pour les individus neurodivergents.
Selon la source : popularmechanics.com
Créé par des humains, assisté par IA.