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Démence : un simple exercice de rapidité pourrait réduire les risques de 25 %
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une lueur d’espoir dans la prévention cognitive

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Existe-t-il un moyen accessible et peu coûteux de préserver nos facultés mentales face au temps ? Une étude publiée ce lundi dans la revue spécialisée Alzheimer’s and Dementia: Translational Research & Clinical Research apporte un élément de réponse encourageant. Selon ces travaux, un exercice informatique spécifique, basé sur la rapidité cérébrale, permettrait de diminuer de 25 % le risque de développer une démence. Ce chiffre, bien que prometteur, demande toutefois à être analysé avec mesure.

Le marché actuel regorge d’applications et de jeux vidéo promettant de stimuler les neurones et de lutter contre le déclin cognitif. Pourtant, la communauté scientifique reste souvent sceptique face à ces produits, soulignant le manque fréquent de preuves tangibles sur le long terme. Cette nouvelle publication se distingue justement par sa rigueur temporelle et son approche méthodologique, offrant des données plus solides que les offres commerciales habituelles.

Les résultats présentés invitent à repenser nos stratégies de prévention. Si l’efficacité de cet entraînement se confirme à grande échelle, cela pourrait marquer un tournant dans la prise en charge préventive des maladies neurodégénératives. Cependant, comme le soulignent plusieurs chercheurs extérieurs à l’étude, l’interprétation de ces statistiques doit se faire avec une certaine prudence scientifique.

Plus de deux décennies de suivi rigoureux

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L’ampleur de cette recherche force le respect par sa durée. Le protocole a débuté à la fin des années 1990, impliquant un total de plus de 2 800 participants, tous âgés de 65 ans ou plus. Pour garantir la fiabilité des résultats, ces volontaires ont été répartis de manière aléatoire en quatre groupes distincts : trois groupes soumis à des exercices spécifiques (vitesse, mémoire, raisonnement) et un groupe témoin sans entraînement particulier.

Le programme initial était relativement léger. Les participants ont suivi une séance d’entraînement cérébral d’une heure, à raison de deux fois par semaine, sur une période de cinq semaines. Par la suite, pour entretenir les acquis, des séances de rappel ont été organisées un an après, puis trois ans après le début de l’étude. Au total, l’investissement temporel pour chaque participant est resté inférieur à 24 heures d’entraînement sur toute la durée du protocole.

Ce suivi sur le très long terme permet d’observer des effets que des études plus courtes ne pourraient déceler. Les chercheurs ont ainsi pu analyser l’évolution de la santé cognitive des participants après cinq, dix, et jusqu’à vingt ans après les premières séances. C’est cette perspective historique qui donne du poids aux conclusions observées.

La vitesse de traitement : la clé de l’efficacité ?

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Parmi les trois types d’exercices testés, l’un s’est nettement détaché du lot. L’entraînement à la vitesse, qui consistait concrètement à identifier et cliquer sur des voitures et des panneaux routiers apparaissant brièvement à divers endroits de l’écran, s’est révélé être « le plus bénéfique » sur la durée. Marilyn Albert, co-auteure de l’étude et membre de l’université John Hopkins à Baltimore, souligne la singularité de ce résultat par rapport aux exercices de mémoire ou de raisonnement, qui n’ont pas montré d’effets significatifs similaires.

Les chiffres avancés par l’équipe de recherche sont précis : après deux décennies, les personnes ayant bénéficié de l’entraînement à la vitesse, incluant les séances de rappel, ont vu leur risque de démence chuter de 25 %. Marilyn Albert avance une hypothèse pour expliquer ce phénomène : « Nous supposons que l’entraînement a eu un effet sur la connectivité du cerveau ». Cette stimulation visuelle et réactive semblerait renforcer certains réseaux neuronaux essentiels.

Pour la chercheuse, cette étude constitue une référence inédite. Elle déclare qu’il s’agit de la première fois qu’une telle recherche donne une idée concrète de ce qui est possible en matière de réduction des risques. L’exercice de rapidité visuelle ne se contente pas d’améliorer les réflexes ; il semble agir plus profondément sur la structure cognitive, offrant une protection durable là où d’autres méthodes échouent.

Des réserves méthodologiques à ne pas négliger

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Malgré l’enthousiasme suscité par ces 25 % de réduction du risque, la communauté scientifique appelle à la retenue. Rachel Richardson, chercheuse à la Cochrane Collaboration, a tenu à nuancer ces conclusions auprès du Science Media Centre. Selon elle, bien que le résultat soit « statistiquement significatif », il n’est peut-être pas aussi impressionnant qu’il n’y paraît, notamment en raison d’importantes marges d’erreur qui pourraient relativiser l’impact réel de l’entraînement.

De son côté, Baptiste Leurent, expert en statistiques médicales à l’University College de Londres, pointe également ce qu’il qualifie d’« importantes limites ». Il rappelle un principe fondamental de la recherche médicale : obtenir un résultat significatif sur un sous-groupe spécifique ne constitue généralement pas une preuve suffisante pour valider une efficacité globale indiscutable. La prudence reste donc de mise avant de généraliser ces bienfaits à l’ensemble de la population.

Ces critiques ne remettent pas nécessairement en cause l’intérêt de l’étude, mais elles soulignent la complexité de la recherche sur la démence. Isoler un facteur unique de protection sur une période de vingt ans reste un défi statistique majeur. Les chercheurs extérieurs invitent donc à considérer ces résultats comme une piste sérieuse plutôt que comme une solution miracle définitivement validée.

Un enjeu économique et humain mondial

Au-delà des débats statistiques, les implications potentielles de ces travaux sont vertigineuses. Pour les auteurs de l’étude, même si les résultats ne concernent qu’un type d’entraînement spécifique, ils demeurent « extrêmement importants ». Marilyn Albert rappelle l’impact financier colossal : réduire la prévalence de la démence de 25 % au sein de la population américaine pourrait permettre d’économiser près de 100 milliards de dollars en soins et accompagnement.

L’objectif des chercheurs est désormais de comprendre le mécanisme biologique exact qui explique pourquoi cet exercice de rapidité a fonctionné là où les autres ont échoué. Percer ce mystère permettrait de concevoir de nouveaux protocoles encore plus ciblés et efficaces pour l’avenir. La recherche s’oriente donc vers l’optimisation de ces exercices numériques pour en faire de véritables outils de santé publique.

L’urgence est bien réelle à l’échelle planétaire. Selon les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la démence touche aujourd’hui 57 millions de personnes à travers le monde. Elle constitue désormais la septième cause de décès au niveau global. Dans ce contexte, toute piste permettant de freiner cette progression, même partiellement, représente un espoir immense pour des millions de familles.

Selon la source : tvanouvelles.ca

Créé par des humains, assisté par IA.

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