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Les astronautes pourront bientôt se phubber dans l’espace, même au-delà de l’orbite lunaire
Crédit: NASA

Le phubbing orbital devient une réalité

credit : lanature.ca (image IA)

Les astronautes pourront bientôt s’ignorer mutuellement pour consulter leur téléphone, même depuis l’espace. Cette pratique, connue sous le nom de « phubbing » (contraction de phone et snubbing), va devenir possible bien au-delà de l’atmosphère terrestre, suite à une annonce majeure de l’administrateur de la NASA, Jared Isaacman. Ce dernier a confirmé que les équipages seraient désormais autorisés à emporter leurs propres téléphones lors des futures missions.

Cette nouvelle règle s’appliquera notamment aux astronautes de la mission Artemis II, alors qu’ils s’apprêtent à contourner la Lune. Historiquement, l’agence spatiale n’avait jamais eu à gérer la question des téléphones personnels, pour la simple et bonne raison que la NASA est plus ancienne que l’invention du téléphone portable lui-même.

Jusqu’à présent, lors des missions plus récentes où la technologie mobile existait déjà, les astronautes devaient s’en remettre exclusivement aux canaux officiels pour communiquer avec la Terre. Ils utilisaient le « Space Network » de la NASA, un système relayant les signaux via des satellites de communication vers et depuis notre planète.

L’évolution des communications spatiales

credit : lanature.ca (image IA)

Pour comprendre l’ampleur de ce changement, il faut se pencher sur l’histoire des communications orbitales. L’agence spatiale explique clairement les limitations techniques qui prévalaient avant la mise en place de ses réseaux satellitaires modernes.

La NASA précise ainsi le contexte historique : « Avant le Space Network, les astronautes de la NASA et les engins spatiaux ne pouvaient communiquer avec l’équipe de soutien sur Terre que lorsqu’ils étaient en vue d’une antenne au sol. Cela ne permettait des communications que moins de 15 minutes toutes les heures et demie. »

L’agence poursuit en faisant un parallèle avec notre quotidien : « Imaginez si nos téléphones portables fonctionnaient de cette façon. Il serait difficile de rester en contact avec la famille et les amis ou de répondre à des messages importants. Le Space Network fournit une couverture de communication quasi continue chaque jour. » Bien que les astronautes puissent utiliser ce réseau pour communiquer avec leur foyer, l’arrivée des terminaux personnels marque une nouvelle étape.

Artemis II et Crew-12 : les pionniers connectés

Jared Isaacman a officiellement annoncé que le prochain équipage en direction de la Station Spatiale Internationale (ISS), ainsi que les astronautes destinés à faire le tour de la Lune lors de la mission Artemis II, seront autorisés à emporter leurs téléphones avec eux. C’est une rupture avec les protocoles précédents qui limitaient l’usage des appareils personnels.

Dans une déclaration publiée sur la plateforme X, Jared Isaacman a détaillé cette nouvelle directive : « Les astronautes de la NASA voleront bientôt avec les derniers smartphones, à commencer par Crew-12 et Artemis II. Nous donnons à nos équipages les outils pour capturer des moments spéciaux pour leurs familles et partager des images et des vidéos inspirantes avec le monde. »

Cette décision vise non seulement à améliorer le confort psychologique des astronautes en facilitant le lien avec leurs proches, mais aussi à moderniser la manière dont l’exploration spatiale est documentée et partagée avec le grand public resté sur Terre.

De l’appareil photo de pharmacie aux smartphones

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L’introduction d’appareils de prise de vue personnels n’a pas toujours été une évidence. Si les astronautes ont été autorisés à emporter des caméras dès les débuts du programme spatial, cela suscitait initialement des inquiétudes. On craignait que d’autres nations ne perçoivent les photos prises depuis l’orbite comme un acte de malveillance, voire un acte de guerre.

De plus, durant les premiers jours de la conquête spatiale, la NASA avait des préoccupations bien plus pressantes que la photographie. L’agence raconte une anecdote révélatrice concernant le premier vol orbital américain : « Lorsque John Glenn est devenu le premier Américain en orbite, emporter un appareil photo était une réflexion après coup. Un appareil Ansco Autoset 35mm, fabriqué par Minolta, a été acheté dans une pharmacie locale et modifié à la hâte pour que l’astronaute puisse l’utiliser plus facilement dans sa combinaison pressurisée. »

Le contexte de l’époque était radicalement différent, comme l’explique la NASA : « À l’époque, tout ce que faisait John Glenn était considéré comme une expérience. Au début du programme, personne ne savait avec certitude si l’apesanteur empêcherait un homme de voir, de respirer, ou de manger et d’avaler. La photographie était considérée comme rien de plus qu’un extra récréatif. »

Accélération des processus et matériel moderne

Avec ce changement de politique, les téléphones seront disponibles pour que les astronautes prennent des photographies, tout en communiquant avec la Terre. Au-delà de l’usage personnel, cette décision devrait permettre aux astronautes de disposer de meilleurs appareils photo à bord, grâce à un processus accéléré d’approbation du matériel pour les missions de la NASA.

Jared Isaacman a souligné l’importance de cette modernisation administrative : « Tout aussi important, nous avons remis en question des processus établis de longue date et qualifié du matériel moderne pour les vols spatiaux selon un calendrier accéléré. »

Il ajoute que cette rapidité est stratégique pour l’avenir de l’agence : « Cette urgence opérationnelle servira bien la NASA alors que nous poursuivons la science et la recherche de la plus haute valeur en orbite et sur la surface lunaire. C’est un petit pas dans la bonne direction. »

Vers une nouvelle ère de communication lunaire

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Pour l’heure, on ne sait pas encore précisément quels modèles de téléphones ont été approuvés pour être utilisés lors des missions à venir. Aucune marque spécifique n’a été confirmée dans les annonces officielles.

Ce qui est certain, c’est que les astronautes pourront bientôt s’adonner au « phubbing » (ou s’ignorer les uns les autres pour regarder leurs propres téléphones) autant qu’ils le souhaitent. Avec la présence potentielle de téléphones à bord de la mission Artemis II, nous pourrions même assister au premier cas de « phubbing » provenant d’au-delà de l’orbite de la Lune.

Selon la source : iflscience.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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