L’un des phénomènes les plus lumineux du cosmos est un trou noir supermassif — et il devient encore plus brillant
Auteur: Mathieu Gagnon
Un phénomène céleste qui gagne en intensité

Les trous noirs supermassifs sont connus pour être des objets cosmiques d’une luminosité extrême lorsqu’ils sont actifs. Cette brillance se manifeste généralement de deux manières distinctes : soit elle reste constante sur une très longue période lorsque le trou noir se nourrit activement de matière environnante, soit elle apparaît de manière ponctuelle et intense. Ce second cas de figure survient lorsqu’une étoile est déchiquetée par les forces gravitationnelles, produisant un flash lumineux au moment où l’astre est réduit à l’état de plasma.
Cependant, un objet particulier attire l’attention de la communauté astronomique par son comportement atypique. Le trou noir supermassif désigné sous le nom technique de AT2018hyz, et surnommé affectueusement « Jetty McJetface », semble suivre une trajectoire différente de tout ce qui a été observé jusqu’à présent. Après avoir détruit une étoile en 2018, sa luminosité ne s’est pas estompée comme prévu.
Au contraire, les observations récentes indiquent que cet objet devient de plus en plus brillant. Les astronomes, perplexes face à cette évolution inattendue, prédisent désormais que cette intensification lumineuse atteindra son apogée l’année prochaine. Ce comportement remet en question les modèles habituels de consommation stellaire par les trous noirs.
2018 : Une destruction stellaire en apparence ordinaire
L’événement initial remonte à 2018, lorsque ce trou noir a provoqué ce que les astrophysiciens appellent un événement de rupture par effet de marée. Ce phénomène destructeur se produit lorsqu’une étoile s’approche trop près de l’horizon des événements et se trouve disloquée par la gravité du trou noir. De nombreux événements de ce type ont déjà été témoins par le passé dans diverses régions de l’univers.
À l’époque de sa détection, AT2018hyz ne présentait aucune caractéristique sortant de l’ordinaire. Pour les observateurs, il s’agissait d’un cas classique, voire banal, de mort d’une étoile causée par un trou noir supermassif. Les données recueillies correspondaient aux modèles standards de telles interactions gravitationnelles.
Ce n’est que l’année suivante, en 2019, que la situation a commencé à évoluer de manière étrange. Ce qui semblait être un événement cosmique routinier a alors pris une tournure qui allait bientôt captiver l’attention des chercheurs et nécessiter de nouvelles analyses approfondies.
L’apparition mystérieuse du jet de matière

Les observations ont révélé que le trou noir supermassif a commencé à émettre un jet de matière. Bien que l’émission de jets soit un comportement connu pour ces objets célestes, la particularité réside ici dans l’évolution de son intensité. Les données recueillies par observations radio indiquent que ce jet est désormais 50 fois plus brillant qu’il ne l’était en 2019.
Cette augmentation spectaculaire place AT2018hyz parmi les événements les plus lumineux connus à ce jour dans l’univers. La confirmation de cette tendance inhabituelle a été apportée par des observations de suivi réalisées en 2022, qui ont constitué le premier indice sérieux suggérant que le phénomène ne s’essoufflait pas, mais s’amplifiait.
Yvette Cendes, astrophysicienne à l’Université de l’Oregon et auteure principale de l’étude, a souligné la singularité de cette observation. Elle a déclaré : « C’est vraiment inhabituel. J’aurais du mal à imaginer quoi que ce soit augmentant de cette manière sur une si longue période. »
Une énergie colossale et un délai inexpliqué

Face à ce mystère, les chercheurs ont élaboré un modèle pour tenter d’expliquer la dynamique du système. Selon leurs projections, l’activité du trou noir devrait atteindre son pic en 2027. L’équipe scientifique a réussi à calculer le flux d’énergie actuel, et les chiffres obtenus sont considérables. Ce trou noir supermassif libère une quantité d’énergie comparable à celle des sursauts gamma, les explosions les plus violentes de l’univers.
Cependant, une question centrale demeure sans réponse : pourquoi le trou noir a-t-il eu une réaction aussi tardive ? Le délai entre la destruction de l’étoile en 2018 et l’intensification du jet des années plus tard constitue une énigme pour la physique actuelle. Le mécanisme déclencheur de ce retard reste à identifier.
Yvette Cendes résume ce paradoxe temporel avec précision : « Si vous avez une explosion, pourquoi vous attendriez-vous à ce qu’il y ait quelque chose des années après que l’explosion a eu lieu, alors que vous n’aviez rien vu auparavant ? » Cette interrogation souligne la complexité des processus à l’œuvre dans l’environnement immédiat des trous noirs.
À la recherche de nouveaux cas similaires

La découverte de cet événement exceptionnel ouvre de nouvelles perspectives pour l’astronomie. Maintenant que l’équipe sait que de tels phénomènes à retardement existent, elle s’attelle à en rechercher d’autres dans le cosmos. L’objectif est de trouver une population de cas similaires pour pouvoir établir des comparaisons et dégager des constantes.
L’identification d’autres événements de ce type pourrait aider la communauté scientifique à comprendre pourquoi certains trous noirs supermassifs présentent une réaction différée suite à la destruction d’une étoile. C’est une pièce manquante dans notre compréhension de la mécanique céleste des objets supermassifs.
Les détails complets de cette découverte et les analyses associées ont été publiés dans la revue scientifique de référence, The Astrophysical Journal. Ces travaux marquent une étape importante dans l’étude des événements transitoires extrêmes de notre univers.
Selon la source : iflscience.com
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