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Troisième lien : François Bonnardel surprend avec un changement de cap radical
Crédit: lanature.ca (image IA)

Un constat économique sans équivoque

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C’est une déclaration qui marque un tournant dans le dossier du lien interrives à Québec. François Bonnardel, ancien ministre des Transports, a publiquement admis hier que le coût du projet de troisième lien s’avérait particulièrement élevé par rapport aux bénéfices escomptés. Il a évoqué des sommes pouvant frôler les 7, 8, voire 10 à 11 milliards de dollars, pour un gain de temps estimé à seulement 5, 6 ou 7 minutes.

Cette sortie n’est pas sans rappeler celle de Geneviève Guilbault en avril 2023. À l’époque, la ministre, armée de ses imposants dossiers, avait elle aussi déploré des « coûts très importants » pour un « gain en routier » jugé peu significatif. M. Bonnardel semble ainsi vivre son propre moment de lucidité économique, rejoignant le constat dressé par sa collègue l’année précédente.

Ces propos ont été tenus dans un contexte politique précis : l’annonce officielle de son appui à Christine Fréchette dans la course à la direction de la Coalition Avenir Québec (CAQ). Cette prise de position vient redéfinir la rhétorique habituelle entourant ce projet d’infrastructure majeur.

Le poids de l’héritage adéquiste

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L’appui de François Bonnardel confère à Christine Fréchette une caution importante provenant de la frange adéquiste du parti. Comme plusieurs observateurs l’ont noté, la référence à l’Action démocratique du Québec (ADQ) a regagné en importance ces derniers mois au sein de la CAQ, marquant un retour vers le centre droit.

Cette dynamique est telle que lors du remaniement de septembre dernier, le premier ministre François Legault avait même tenté d’attribuer des racines adéquistes à Geneviève Guilbault, bien que son parcours soit davantage associé à l’ADN libéral. L’héritage de l’ADQ reste donc une composante centrale de l’identité caquiste actuelle.

Avant cette intervention, l’opinion publique pouvait s’attendre à ce que le soutien de M. Bonnardel apporte à Mme Fréchette l’image d’une défenseure acharnée du troisième lien. Pourtant, la réalité politique qui se dessine suite à cette annonce est tout autre.

L’évolution d’un ancien défenseur du projet

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Il est important de rappeler que durant son mandat aux Transports, de 2018 à 2022, François Bonnardel s’était fait le champion du troisième lien. Il avait défendu avec vigueur plusieurs versions successives du projet, allant du tunnel sous-fluvial monotube géant à l’Est, jusqu’au concept « bitube » reliant les centres-villes.

Aujourd’hui, la situation a évolué. Contrairement à Bernard Drainville qui continue de porter la dernière mouture du projet — un pont-tunnel entre Lévis et Québec défini par Mme Guilbault —, M. Bonnardel a opéré un changement de stratégie. En annonçant son appui, il semble préparer le terrain à la position plus nuancée de Mme Fréchette.

Le tandem Bonnardel-Fréchette ne renie pas l’idée même d’un troisième lien, mais se montre lucide quant à son acceptabilité sociale. Ils se disent conscients que le tracé actuel ne bénéficie pas d’appuis suffisants, tant du côté de Québec que de la Rive-Sud.

Retour aux solutions pragmatiques

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Quant à l’hypothèse d’un tracé à l’Est, vers l’île d’Orléans, François Bonnardel avait déjà tranché la question en août 2020 en y apposant une « croix définitive ». L’urgence actuelle, selon ses déclarations récentes, se situe ailleurs. Il préconise désormais de trouver des pistes de solutions à « court court terme » pour améliorer la fluidité sur l’ensemble du réseau routier.

Cette approche suggère un retour aux fondamentaux qui auraient pu être priorisés dès 2018 : bien définir les problèmes de congestion pour y apporter des réponses raisonnables. Cela implique la mise en place rapide de mesures concrètes et diversifiées.

Parmi les solutions évoquées figurent l’instauration de voies dynamiques sur des ponts réparés et reconfigurés, l’ajout de navettes fluviales, le renforcement du transport en commun entre les deux rives, ainsi que l’amélioration de la desserte des traversiers.

Les leçons d’une promesse politique

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L’analyse de ce dossier révèle comment la CAQ a transformé une piste de solution potentielle en un engagement absolu, parfois perçu comme un « fétiche » politique. Cette focalisation a pu se faire au détriment d’une réflexion approfondie sur les alternatives immédiates.

Il convient de se remémorer l’aveu candide de François Legault durant la campagne électorale de 2022. Le premier ministre avait alors déclaré : « On n’a pas étudié. Il n’y a aucune étude qui prend le projet de tunnel à quatre voies, donc deux voies pour le transport collectif, il n’y en a aucune. »

Le recentrage actuel de François Bonnardel pourrait donc signaler une volonté de sortir de cette impasse en privilégiant des interventions plus rapides et moins coûteuses pour soulager les automobilistes de la région de la Capitale-Nationale.

Selon la source : journaldequebec.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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