À la découverte du chat des pampas, ou colocolo : duveteux, féroce et plein de caractère
Auteur: Mathieu Gagnon
Un prédateur méconnu aux signes distinctifs uniques

Un chat rare rôde dans les prairies et les régions montagneuses d’Amérique du Sud, mais seuls les observateurs avertis savent réellement l’identifier. Le signe qui ne trompe pas ? La présence de trois lignes noires bien marquées sur ses pattes avant. Si vous apercevez ce détail spécifique lors d’une observation, vous avez affaire à un chat des pampas, également connu sous le nom de colocolo.
Ces félins se distinguent par leur gabarit particulièrement réduit. Ils pèsent généralement un peu moins qu’un chat domestique ordinaire. Cependant, il ne faut pas se fier à cette apparence modeste. Le chat des pampas compense sa petite taille par une attitude et une présence qui forcent le respect.
Piloérection et variations génétiques

Le chat des pampas manifeste un phénomène physiologique appelé piloérection, qui se déclenche lors des confrontations. Concrètement, la fourrure située le long de son dos et de sa queue se hérisse de manière spectaculaire pour impressionner l’adversaire. Si l’on peut observer une version atténuée de ce comportement lorsque votre animal de compagnie s’énerve contre le facteur, chez le chat des pampas sauvage, il s’agit d’une démonstration d’agressivité bien plus intense.
Au-delà de leur tempérament, ces chats présentent une variation morphologique remarquable, reflétant les nombreux environnements qu’ils occupent à travers leur vaste aire de répartition. Cette diversité a longtemps intrigué les chercheurs. Ce n’est que récemment que les scientifiques ont commencé à déterminer si ces différences étaient suffisantes pour constituer des espèces distinctes. On estime aujourd’hui qu’il pourrait exister jusqu’à cinq espèces différentes de chats des pampas.
La survie dans des environnements extrêmes

Il est peu probable que vous croisiez ce félin par hasard. Le chat des pampas occupe certains des environnements les plus extrêmes d’Amérique du Sud. On le trouve notamment très haut dans la cordillère des Andes, à des altitudes bien supérieures à ce qui est confortable pour la respiration humaine. Cette capacité à vivre en haute montagne témoigne de sa physiologie exceptionnelle.
Son adaptabilité ne s’arrête pas à l’altitude. Ce prédateur est également conçu pour tolérer des écarts de température radicaux. Il n’est pas rare de l’observer en train de chasser en plein désert, bravant des conditions climatiques qui repousseraient la plupart des autres mammifères de sa taille.
Conflits humains et efforts de conservation

Malheureusement, cette plasticité écologique n’a pas suffi à protéger ces chats de la dégradation de leur habitat ni des conflits avec les populations humaines. Les représailles constituent un risque majeur pour l’espèce. En effet, malgré sa nature insaisissable, le chat des pampas ne laisse pas passer l’occasion d’un repas facile, comme un poulailler rempli de poulets, ce qui entraîne souvent son abattage par les éleveurs.
Des groupes de conservation, tels que la Small Wild Cat Conservation Foundation, travaillent activement pour sensibiliser le public au sort des chats des pampas et réduire les conflits avec les humains. Bien que de nombreuses populations restent dans un état « quasi menacé », des histoires de résurgence porteuses d’espoir émergent parfois.
Une redécouverte inespérée en Argentine

L’un des petits félins les plus menacés au monde est le chat des pampas de Muñoa (Leopardus munoai), qui parcourt les prairies du nord-est de l’Argentine. L’inquiétude grandissait pour cette population spécifique après une décennie sans aucune observation ni signe d’activité. Puis, en 2023, une nouvelle est tombée : un chat des pampas de Muñoa a été détecté dans le parc du Grand Iberá, composé des parcs nationaux et provinciaux d’Iberá.
Déterminer quand une espèce est éteinte est une tâche complexe, d’autant plus qu’il faut tenir compte du camouflage incroyable, de l’aire de répartition et des habitudes secrètes des chats sauvages. Il n’est donc peut-être pas surprenant que des espèces que l’on craignait disparues soient redécouvertes. Ce retour rappelle celui, tout aussi spectaculaire, du chat à tête plate de Thaïlande.
Selon la source : iflscience.com
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