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Cet homme affirme avoir résolu le mystère du triangle des Bermudes. Pourquoi le monde ne le croit-il pas ?
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une énigme vieille d’un siècle face à la froide réalité des chiffres

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Depuis des décennies, le Triangle des Bermudes alimente les fantasmes les plus fous et une littérature abondante sur le paranormal. Cette zone, grossièrement délimitée par la Floride, les Bermudes et les Grandes Antilles, est le théâtre de disparitions inexpliquées qui hantent l’imaginaire collectif. Si l’on se penche sur le siècle dernier, on peut citer n’importe lequel des plus de 50 navires ou des 20 avions qui s’y sont volatilisés. Chacun de ces événements possède une histoire sans fin, ouvrant la voie à une litanie de théories du complot.

Pourtant, un scientifique australien, Karl Kruszelnicki, affirme que la solution à cette énigme est en réalité très simple, bien qu’elle ne soit pas particulièrement divertissante. Selon lui, il n’y a aucune raison de croire au phénomène du Triangle des Bermudes tel qu’il est décrit dans la culture populaire. Sa thèse repose sur un concept pragmatique : les probabilités sont la cause principale de ces disparitions, auxquelles s’ajoutent une météo suspecte et un pilotage parfois incertain des avions et des bateaux.

Karl Kruszelnicki n’adhère pas à la réputation surnaturelle de la région. Il rejoint en cela la position de l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), qui affirme également depuis des années qu’il n’y a pas véritablement de mystère. Pour ces experts, la perte et la disparition de navires et d’avions ne sont qu’un simple fait statistique, bien loin des légendes qui circulent.

La théorie des probabilités : quand le trafic explique les statistiques

credit : lanature.ca (image IA)

Karl Kruszelnicki défend cette position rationnelle avec constance. Il a attiré l’attention du public en exposant ces pensées dès 2017, puis de nouveau en 2022, avant de refaire surface sur le sujet en 2023. Tout au long de ces interventions, il est resté fidèle à la même idée directrice : les chiffres ne mentent pas. Il a déclaré au journal The Independent que le volume pur et simple de trafic — dans une zone par ailleurs difficile à naviguer — démontre une réalité mathématique implacable.

Le scientifique précise sa pensée en expliquant que « le nombre [de navires et d’avions] qui disparaissent dans le Triangle des Bermudes est le même que n’importe où ailleurs dans le monde sur une base de pourcentage ». Il souligne que cette vision n’est pas isolée : la Lloyd’s de Londres, célèbre marché d’assurance maritime, ainsi que les garde-côtes américains (U.S. Coast Guard) soutiennent cette idée. Comme le note The Independent, la Lloyd’s de Londres défend d’ailleurs cette même théorie depuis les années 1970.

L’argument central repose donc sur la densité de circulation. Dans une zone aussi fréquentée, il est statistiquement inévitable que des accidents se produisent. Pour Kruszelnicki, une fois que l’on rapporte le nombre de disparitions au nombre total de passages dans la zone, l’anomalie statistique disparaît d’elle-même, rendant l’hypothèse d’une malédiction ou d’un phénomène inexpliqué obsolète.

L’analyse environnementale et technique de la NOAA

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De son côté, la NOAA a officialisé sa position par écrit dès 2010. L’agence américaine déclarait alors : « Il n’y a aucune preuve que des disparitions mystérieuses se produisent avec une plus grande fréquence dans le Triangle des Bermudes que dans n’importe quelle autre grande zone de l’océan très fréquentée ». L’organisme gouvernemental avance que des considérations environnementales peuvent expliquer la plupart des disparitions survenues dans cette région.

Parmi les facteurs explicatifs mis en avant, la NOAA souligne la tendance du Gulf Stream à provoquer des changements météorologiques violents. L’agence pointe également le nombre important d’îles dans la mer des Caraïbes, qui offrent une aventure de navigation particulièrement compliquée. Un autre élément technique crucial est soulevé : le Triangle des Bermudes pourrait faire pointer un compas magnétique vers le nord géographique (le vrai nord) au lieu du nord magnétique, ce qui peut engendrer une confusion fatale dans l’orientation.

La position officielle des institutions américaines est sans équivoque concernant l’absence de paranormal. La NOAA précise : « L’US Navy et les garde-côtes américains soutiennent qu’il n’y a pas d’explications surnaturelles aux désastres en mer. Leur expérience suggère que les forces combinées de la nature et de la faillibilité humaine dépassent même la science-fiction la plus incrédule ».

Le cas emblématique du Vol 19 : erreur humaine et météo

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Malgré ces explications rationnelles, certaines disparitions très médiatisées continuent de pousser la théorie du mystère dans la culture populaire. L’exemple le plus célèbre reste celui du Vol 19, un groupe de cinq bombardiers-torpilleurs TBM Avenger de l’US Navy, perdus en 1945. Cet événement est souvent cité comme la preuve ultime d’un phénomène inexpliqué dans la région.

Cependant, Karl Kruszelnicki utilise précisément cet exemple pour étayer sa démonstration. Il fait remarquer que chaque instance de disparition contient un certain degré de mauvaises conditions météorologiques ou une erreur humaine probable. Dans le cas spécifique du Vol 19, le scientifique souligne qu’il s’agissait en réalité d’une combinaison des deux facteurs : une météo difficile conjuguée à des erreurs de navigation et de pilotage, qui sont les véritables coupables du drame.

En analysant les faits historiques avec froideur, les éléments qui semblaient surnaturels s’effacent au profit de scénarios tragiques mais rationnels. Que ce soit pour les cinq bombardiers de 1945 ou pour d’autres navires disparus, l’analyse factuelle révèle systématiquement des causes tangibles, loin des vortex énergétiques ou des enlèvements extraterrestres souvent évoqués.

Pourquoi la légende fascine-t-elle plus que la réalité ?

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Malgré la solidité des arguments scientifiques et statistiques, la culture continue de s’accrocher aux théories du complot concernant le Triangle des Bermudes. Les concepts de monstres marins, d’extraterrestres, et même l’idée que l’entièreté de l’Atlantide aurait sombré au fond de l’océan dans cette zone, restent vivaces. Ces hypothèses nourrissent une multitude de livres, d’émissions de télévision et de films qui captivent le public.

Il faut admettre que ces récits fantastiques semblent bien plus excitants que la réalité décrite par Karl Kruszelnicki et la NOAA. L’explication reposant sur de mauvaises conditions météorologiques et des probabilités mathématiques manque cruellement de romanesque pour le grand public.

En définitive, même si l’histoire « ennuyeuse » tient mieux la route scientifiquement, le mythe perdure par sa capacité à divertir. Le monde semble préférer l’idée d’un mystère irrésolu à celle d’une simple zone de trafic dense sujette aux caprices de la météo et aux erreurs humaines.

Selon la source : popularmechanics.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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