Canada – Attaque de Tumbler Ridge : le père du suspect dit que sa mère refusait qu’il participe à son éducation
Auteur: Simon Kabbaj
Une communauté sous le choc et la prise de parole d’un père

La petite localité de Tumbler Ridge, en Colombie-Britannique, reste profondément marquée par la fusillade de masse meurtrière qui a secoué la communauté cette semaine. Au cœur de cette actualité dramatique, Justin VanRootselaar, le père du tireur, a décidé de s’exprimer publiquement. Dans un communiqué officiel, il a tenu à partager son ressenti face à l’événement tragique survenu le 10 février.
Dans ses propos, Justin VanRootselaar décrit l’impact dévastateur de cet événement sur les habitants. Il déclare : « Il y a des moments où les mots semblent bien trop petits pour la douleur que nous portons ensemble. Ce qui s’est passé a laissé une douleur dans le cœur de notre ville qui ne s’effacera pas de sitôt. »
Il souligne également la proximité qui unit les résidents de cette ville. « Dans un endroit où nous nous connaissons tous par notre nom, où nous nous croisons à l’épicerie et nous réunissons aux mêmes événements communautaires, cette perte nous touche tous très personnellement », a-t-il ajouté, marquant ainsi la dimension intime du drame pour l’ensemble de la population locale.
Condoléances et aveu d’impuissance

Dans sa déclaration, Justin VanRootselaar s’adresse directement aux victimes de la fusillade. « Aux familles qui ont perdu des êtres chers, et à chaque personne qui a été affectée par cet acte de violence insensé et impardonnable, j’offre mes condoléances les plus sincères », a-t-il affirmé. Il exprime également son incapacité à mesurer pleinement la souffrance des autres : « Je ne peux pas commencer à imaginer la profondeur de votre chagrin. »
Le père biologique poursuit en assurant les habitants de son soutien moral : « Sachez que vous êtes dans mes pensées et mes prières, et que je partage la profonde tristesse qui s’est installée sur notre communauté. » Ces mots visent à témoigner d’une solidarité dans le deuil, malgré le lien familial qui l’unit à l’auteur des faits.
Il conclut cet aspect de son message par un appel à l’unité : « C’est un moment pour la compassion, pour se serrer les coudes et pour soutenir les familles qui pleurent une perte aussi inimaginable. »
Révélations sur une relation père-fils inexistante

Justin VanRootselaar a profité de cette prise de parole pour clarifier la nature de ses liens avec le tireur de 18 ans. « En tant que père biologique de l’individu responsable, je porte un chagrin qu’il est difficile de mettre en mots », confie-t-il, avant d’expliquer qu’il n’avait aucun contact avec le jeune homme. « J’étais éloigné de Jesse Strang et je ne faisais pas partie de sa vie. Sa mère a refusé mon implication dès le début, et on ne m’a pas donné l’opportunité de participer à son éducation. »
Il précise également un détail concernant l’identité utilisée par son fils biologique. « Jesse n’a utilisé le nom de famille VanRootselaar à aucun moment de sa vie », indique-t-il. Cette distanciation géographique et relationnelle est présentée comme un fait établi depuis longtemps.
Toutefois, Justin VanRootselaar insiste sur le fait que cette absence de lien ne l’immunise pas contre la douleur. « Bien que cette distance soit la réalité de notre relation, cela ne diminue pas le déchirement que je ressens pour la douleur qui a été causée à des innocents et à la ville que nous appelons notre maison. » Il termine son communiqué par une demande de respect de la vie privée : « Alors que nous respectons votre chagrin, nous demandons respectueusement que vous respectiez aussi le nôtre. Il n’y aura pas d’autres déclarations. »
Antécédents policiers et saisie d’armes passée
Alors que l’enquête progresse, de nouvelles informations émergent concernant le profil du tireur, Jesse VanRootselaar (aussi identifié comme Jesse Strang). La GRC de la Colombie-Britannique a confirmé que les forces de l’ordre avaient effectué de multiples visites au domicile du jeune homme de 18 ans en raison de préoccupations liées à sa santé mentale et à des risques d’automutilation.
Le commissaire adjoint Dwayne McDonald, commandant de la GRC en Colombie-Britannique, a détaillé ces interactions passées. « La police s’est rendue à cette résidence par le passé, il y a environ quelques années, où des armes à feu ont été saisies en vertu du code criminel », a-t-il déclaré aux médias.
Cependant, ces armes n’ont pas été conservées indéfiniment par les autorités. Dwayne McDonald a précisé la suite des événements : « Je peux dire qu’à un moment ultérieur, le propriétaire légal de ces armes à feu a demandé à ce qu’elles lui soient restituées et elles l’ont été. » À ce stade, on ignore qui était le propriétaire exact de ces armes, les raisons précises de la saisie initiale et les motifs justifiant leur restitution.
Contexte juridique, transition de genre et armement
L’affaire soulève des questions juridiques, notamment concernant la nouvelle loi canadienne « Red Flag » (drapeau rouge), adoptée en 2023. Jerry Steele, avocat pénaliste, explique que cette loi permet à quiconque, et pas seulement à la police, de demander à un juge une ordonnance d’interdiction temporaire de 30 jours pour retirer des armes à feu à une personne posant un risque. Il note cependant une nuance importante : « L’idée que quelqu’un d’autre dans une maison puisse être le problème plutôt que le propriétaire de l’arme lui-même, cette préoccupation est relativement nouvelle et je n’ai pas vu cela testé. »
Des détails personnels sur le suspect ont également été révélés. Global News a appris que Van Rootselaar, assigné de sexe masculin à la naissance, avait entamé une transition vers le sexe féminin. L’adolescent avait abandonné l’école il y a environ quatre ans. Concernant l’armement, le jeune homme possédait un permis de port d’arme qui avait expiré en 2024.
Sur la scène du crime à Tumbler Ridge, suite à la fusillade du 10 février, les enquêteurs ont retrouvé une arme d’épaule ainsi qu’une arme de poing modifiée. Il n’a pas encore été établi si ces armes sont celles qui avaient été précédemment saisies au domicile familial puis restituées.
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