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Une start-up chinoise veut lire dans votre cerveau sans implant : révolution ou science-fiction ?
Crédit: lanature.ca (image IA)

L’ère des ultrasons : une nouvelle porte d’accès au cerveau

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Une nouvelle start-up basée en Chine ambitionne d’utiliser la technologie des ultrasons comme moyen d’accès au cerveau humain. Ce projet s’inscrit dans un contexte scientifique où les chercheurs connaissent déjà les vertus thérapeutiques des ultrasons focalisés, notamment pour traiter certaines maladies neurologiques comme la maladie de Parkinson.

Aujourd’hui, des entreprises spécialisées dans l’intelligence artificielle se forment ou investissent massivement dans des start-ups créant des interfaces cerveau-ordinateur non invasives basées sur ces ultrasons. L’objectif est ambitieux, mais la route est encore longue.

Si l’utilisation des ultrasons pour cibler une zone spécifique du cerveau est une technique possible et avérée, l’opération inverse reste à prouver. En effet, utiliser cette technique pour extraire des données sur l’état du cerveau via l’analyse du flux sanguin n’a pas encore été démontré avec succès.

Un demi-siècle de recherche sur l’interface cerveau-ordinateur

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Depuis des décennies, la communauté scientifique explore diverses méthodes technologiques pour lire et interpréter avec précision les signaux cérébraux. Ces recherches se divisent entre l’utilisation d’implants et les méthodes non invasives, telles que l’électroencéphalographie (EEG) et les ultrasons. L’histoire remonte à 1973, date à laquelle un article de Jacques Vidal, informaticien à l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA), a inventé le terme « interface cerveau-ordinateur », ou BCI (Brain-Computer Interface).

Dès l’origine, la promesse d’une telle technologie apparaissait comme une évidence pour les chercheurs. Il s’agissait avant tout de redonner du pouvoir aux patients paralysés en supprimant la barrière de traduction existant entre les humains et les machines.

Ce concept fondateur a traversé les époques, évoluant au gré des avancées technologiques, pour devenir aujourd’hui un champ d’investigation majeur où se croisent médecine, informatique et ingénierie.

L’accélération technologique et l’arrivée de l’IA

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Ces dernières années, le concept de BCI s’est trouvé suralimenté par une variété de technologies émergentes. Si les techniques invasives ont fait des progrès notables — on pense notamment à Neuralink d’Elon Musk —, c’est l’arrivée de l’intelligence artificielle qui change la donne. Sa capacité à aider les experts à interpréter les données issues de l’EEG et des ultrasons a attiré l’attention de nouvelles start-ups d’IA à travers le monde.

L’actualité récente témoigne de cette effervescence. Ce mois-ci, OpenAI a annoncé un investissement dans la start-up Merge Labs, qui travaille sur des BCI utilisant la technologie des ultrasons. Parallèlement, le magazine Wired a rapporté cette semaine l’émergence d’une start-up similaire basée à Chengdu, en Chine, nommée Gestala.

Phoenix Peng, le PDG de Gestala, a détaillé sa vision dans l’article de Wired : « L’interface cerveau-ordinateur électrique n’enregistre qu’une partie du cerveau ; par exemple, le cortex moteur. Les ultrasons, semble-t-il, peuvent nous fournir la capacité d’accéder au cerveau entier. »

De l’imagerie à la thérapie ciblée

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Au premier abord, le choix des ultrasons peut sembler étrange, car cette technologie est le plus souvent associée à l’imagerie corporelle classique. Pourtant, les ultrasons peuvent également jouer un rôle thérapeutique profond. Les ultrasons focalisés (FUS), par exemple, peuvent délivrer suffisamment de chaleur pour éliminer les neurones impliqués dans la maladie de Parkinson.

C’est dans cette logique que s’inscrivent les projets de la start-up chinoise. Phoenix Peng affirme que le dispositif de deuxième génération de Gestala serait un casque capable de grandes prouesses. Selon l’article, ce dispositif pourrait « détecter des états cérébraux associés à la douleur chronique ou à la dépression, par exemple, et délivrer une stimulation thérapeutique à la zone précise du cerveau présentant une activité anormale ».

Cette approche vise donc à combiner la détection et le traitement en un seul dispositif non invasif, ouvrant potentiellement la voie à de nouvelles formes de soins psychiatriques et neurologiques sans chirurgie.

Défis techniques et alternatives prometteuses

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Si cela semble trop beau pour être vrai, c’est parce que c’est le cas — du moins pour l’instant. Bien que ces technologies utilisent les ultrasons pour mesurer le flux sanguin cérébral afin d’extrapoler des données, la fidélité de ces données peut être compromise par le crâne lui-même. La boîte crânienne a en effet tendance à déformer les ondes ultrasonores. Ainsi, si l’administration d’une thérapie à travers le crâne est une pratique bien connue, l’extraction d’informations depuis le cerveau via les ultrasons est une tout autre affaire.

Les ultrasons ne sont pas la seule technique non invasive pour analyser les schémas cérébraux. En septembre 2025, plus de 50 ans après que Vidal a forgé l’idée du BCI, des scientifiques de l’UCLA ont démontré un tout nouveau niveau de performance. En utilisant l’électroencéphalographie couplée à l’intelligence artificielle, ils ont pu traduire des signaux cérébraux en mouvements avec seulement un bonnet cérébral, sans nécessiter de neurochirurgie invasive.

Jonathan Kao, auteur de l’étude de l’UCLA, a déclaré dans un communiqué de presse à l’époque : « Ultimement, nous voulons développer des systèmes IA-BCI qui offrent une autonomie partagée, permettant aux personnes souffrant de troubles du mouvement, tels que la paralysie ou la SLA, de retrouver une certaine indépendance pour les tâches quotidiennes. En utilisant l’intelligence artificielle pour compléter les systèmes d’interface cerveau-ordinateur, nous visons des voies beaucoup moins risquées et invasives. » Les humains et les machines continueront de fusionner, comme ils l’ont fait depuis près d’un siècle, mais la forme que prendra cette fusion — implants directs ou technologie non invasive — reste à déterminer.

Selon la source : popularmechanics.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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