Hausse des séparations au sein des couples au Canada : une étude révèle une cause inquiétante
Auteur: Simon Kabbaj
Une Saint-Valentin sous le signe de l’austérité

Il semble que beaucoup plus de Canadiens pourraient passer la Saint-Valentin seuls cette année en raison de contraintes budgétaires. C’est le constat dressé par Money Mentors, une agence de conseil en crédit basée en Alberta, qui a publié son enquête de référence « 2026 Love and Money » (Amour et Argent), réalisée en collaboration avec l’institut Angus Reid. Ce rapport explore comment la crise actuelle du coût de la vie affecte les relations, le bien-être émotionnel et la transparence financière des Canadiens d’une année sur l’autre.
Le document souligne l’impact profond de la conjoncture économique sur la sphère intime. Comme l’indique le rapport : « L’étude nationale met en évidence la façon dont le stress financier se manifeste de plus en plus au-delà des budgets des ménages, façonnant la stabilité des relations, la confiance entre les partenaires et la dynamique des rencontres à travers le pays alors que les Canadiens naviguent dans la hausse des coûts et l’incertitude économique ».
Les conclusions de Money Mentors dépeignent une réalité peu réjouissante pour de nombreux ménages. L’enquête met en lumière une tension croissante où l’incertitude économique ne se limite plus au portefeuille, mais s’invite directement dans la gestion sentimentale et la pérennité des unions.
Quand le portefeuille brise le couple

L’enquête révèle que près d’un Canadien sur cinq (17 pour cent) déclare que sa situation financière l’a amené à envisager de rompre, de se séparer ou de divorcer de son partenaire à un moment donné. Ce chiffre marque une augmentation significative par rapport aux 11 pour cent enregistrés en 2025, illustrant une tendance à la hausse des tensions conjugales liées à l’argent.
L’impact ne se limite pas aux seules intentions de rupture, mais touche la qualité globale des interactions amoureuses. Au cours de la seule année écoulée, un quart des répondants (25 pour cent) affirment que des facteurs financiers ont eu un impact négatif sur leurs relations ou leur vie amoureuse, selon les données rapportées par l’agence de crédit.
Ces statistiques démontrent une corrélation directe entre la santé économique des ménages et leur stabilité affective. La pression exercée par l’environnement économique actuel semble fragiliser les fondations même des couples qui, l’année précédente, semblaient moins enclins à remettre leur union en question pour des motifs pécuniaires.
L’impact émotionnel et physique des disputes
Money Mentors a également constaté que les problèmes entourant les finances ont des répercussions émotionnelles et personnelles tangibles sur les Canadiens. Plus de la moitié (52 pour cent) des Canadiens en couple déclarent avoir ressenti des effets personnels après s’être disputés à propos d’argent avec leur partenaire, un chiffre en hausse par rapport aux 47 pour cent relevés l’année dernière.
Ces conflits ne sont pas sans conséquences sur la santé mentale et physique des individus. Trente-quatre pour cent des répondants signalent une augmentation de l’anxiété et/ou de la dépression liée à ces désaccords. Le stress généré par ces discussions houleuses dépasse le cadre psychologique pour affecter le repos : 25 pour cent des personnes interrogées affirment souffrir d’un mauvais sommeil après des désaccords financiers.
Cette dégradation du bien-être individuel suite aux querelles monétaires souligne la lourdeur du climat actuel. L’argent devient ainsi un vecteur de stress chronique qui s’installe au cœur du foyer, perturbant l’équilibre personnel bien au-delà du moment de la dispute.
Mensonges et secrets financiers en hausse

Les questions d’argent influencent également l’honnêteté au sein des couples. L’enquête a révélé que parmi les Canadiens en couple, 11 pour cent admettent avoir menti à leur partenaire au sujet de leur situation financière pour éviter un conflit, une proportion en hausse par rapport aux 8 pour cent de 2025.
La tentation de dissimuler la vérité semble gagner du terrain face à la pression économique. De plus, 13 pour cent des répondants déclarent avoir envisagé de mentir sur leur situation financière à leur partenaire, contre 10 pour cent l’année dernière. Cette augmentation suggère une érosion progressive de la transparence financière comme mécanisme de défense face aux tensions potentielles.
Ces chiffres indiquent que la peur de la confrontation pousse une partie croissante de la population à opter pour l’omission ou la fabrication. La transparence, pilier traditionnel de la confiance conjugale, se trouve ainsi compromise par la nécessité perçue d’éviter les disputes liées à la gestion du budget.
Les causes des conflits et ceux qui résistent
Money Mentors a établi que les causes les plus fréquentes de désaccords concernant les finances sont les dépenses quotidiennes (28 pour cent) et le manque d’épargne (24 pour cent). Le rapport note une diminution de la sérénité financière au sein des ménages : « Alors que 39 % des Canadiens en couple déclarent n’avoir aucun désaccord financier avec leur partenaire, ce chiffre est en baisse par rapport aux 45 % de 2025 ».
Malgré ce contexte difficile, il existe encore des couples qui traversent avec succès la crise du coût de la vie. La moitié des répondants déclarent être très ouverts et tout partager, y compris un compte bancaire conjoint, tandis que 40 pour cent conservent des comptes séparés mais partagent les informations importantes. Le rapport précise d’ailleurs que « Seulement deux pour cent disent qu’ils ne discutent pas du tout de finances avec leur partenaire ».
Pour parvenir à ces conclusions, Money Mentors a interrogé 1 502 adultes canadiens en partenariat avec Angus Reid entre le 29 janvier et le 2 février 2026. Ces données offrent un panorama précis de l’état des relations amoureuses au Canada face aux défis économiques actuels.
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