Un changement de ton radical à Washington

C’est une déclaration qui marque un tournant potentiel dans la stratégie américaine. Vendredi, Donald Trump a ouvertement évoqué la possibilité d’un renversement du pouvoir en Iran. Cette sortie intervient dans un contexte de tensions extrêmes et de dialogue laborieux entre Washington et Téhéran concernant les capacités nucléaires et balistiques de la République islamique. Le président américain, qui alterne depuis quelque temps entre la promesse d’une issue négociée et les menaces d’ordre militaire, a profité d’un échange avec la presse pour clarifier sa pensée sur l’éventualité d’un « changement de régime ».
Interrogé spécifiquement sur ce point, le locataire de la Maison-Blanche n’a pas usé de détours diplomatiques. « Il semble que ce serait la meilleure chose qui puisse arriver », a-t-il affirmé aux journalistes. Cette prise de position tranche avec ses hésitations passées, où il avait parfois rejeté cette idée en craignant qu’elle n’apporte que du « chaos », bien qu’il l’ait déjà évoquée en termes confus lors de précédents échanges.
Le dirigeant républicain s’exprimait alors qu’il quittait la base militaire de Fort Bragg, en Caroline du Nord. Pour justifier cette posture offensive, il a mis en avant l’échec des approches diplomatiques passées et le coût humain pour les États-Unis. « Depuis 47 ans, ils parlent et parlent et parlent. Et pendant ce temps nous avons perdu beaucoup de vies », a-t-il ajouté, soulignant l’impatience grandissante de son administration face au statu quo.
Escalade militaire et menaces de conséquences « traumatisantes »

Sur le terrain, cette rhétorique s’accompagne d’un déploiement de force significatif. Peu avant ses déclarations sur le changement de régime, le président avait confirmé l’envoi « très bientôt » d’un deuxième porte-avions américain dans la région. Le Gerald Ford doit ainsi rejoindre l’USS Abraham Lincoln et ses navires d’escorte, déjà positionnés dans le Golfe depuis le mois de janvier, bien que la date précise de cette jonction demeure incertaine.
La pression militaire ne se limite pas aux mouvements de flotte. Faute d’accord diplomatique, Donald Trump a menacé jeudi l’Iran de conséquences qu’il a qualifiées de « traumatisantes ». Pour appuyer ses dires, il a rappelé un précédent violent : le bombardement par les États-Unis de sites nucléaires iraniens lors d’une guerre de 12 jours, déclenchée par Israël au mois de juin. Cependant, les cibles exactes que Washington pourrait viser dans l’hypothèse d’une nouvelle intervention restent floues à ce stade.
Cette posture belliqueuse fait écho aux menaces d’intervention militaire déjà brandies par le président face à la répression des manifestations en Iran. Selon diverses ONG de défense des droits humains, cette répression a causé des milliers de morts. Donald Trump utilise désormais cette menace de la force comme un levier pour pousser Téhéran à accepter un accord, notamment sur l’épineux dossier nucléaire.
L’impasse diplomatique à Oman

Malgré les bruits de bottes, les canaux diplomatiques ne sont pas totalement rompus, bien que le dialogue soit extrêmement fragile. Des négociations entre les deux pays ennemis ont repris le 6 février à Oman. Toutefois, la poursuite de ces discussions demeure incertaine tant le fossé entre les positions respectives semble infranchissable. Washington, fort du soutien d’Israël, exige non seulement de limiter le programme de missiles balistiques de l’Iran, mais aussi de mettre un terme au soutien iranien aux groupes armés dans la région.
De son côté, la République islamique refuse d’élargir le spectre des discussions. Téhéran ne souhaite parler que du programme nucléaire et maintient une ligne rouge : la conservation de ses capacités de raffinage d’uranium. Cette intransigeance complique la tâche des observateurs internationaux. Rafael Grossi, le secrétaire général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), a indiqué vendredi qu’un accord sur les inspections était « possible », tout en admettant qu’il serait « terriblement difficile » à obtenir.
Le passif entre l’agence onusienne et l’Iran pèse lourd dans la balance. En novembre dernier, Téhéran avait catégoriquement refusé que l’AIEA inspecte ses différents sites qui avaient été bombardés en juin. Cette opacité continue d’alimenter la méfiance de la communauté internationale et renforce la position des partisans de la manière forte à Washington.
L’appel à la mobilisation de l’opposition en exil

Parallèlement aux manœuvres géopolitiques, l’opposition iranienne tente de se réorganiser. Reza Pahlavi, le fils exilé du dernier chah d’Iran, a lancé un appel aux Iraniens pour engager de nouvelles actions de protestation. Installé aux États-Unis, il n’a pas remis les pieds dans son pays natal depuis la Révolution islamique de 1979, mais il espère capitaliser sur la vague de mobilisation qui a secoué le pays début janvier, avant d’être réprimée dans le sang.
Dans un message publié sur la plateforme X, Reza Pahlavi a exhorté les Iraniens de l’intérieur à s’associer aux rassemblements prévus ce samedi à l’étranger. Il leur a demandé de scander des slogans depuis leurs fenêtres et leurs toits, samedi et dimanche. L’objectif est de créer une résonance avec les manifestations organisées par la diaspora à Munich, Toronto et Los Angeles, qui réclament une action internationale ferme contre le régime de Téhéran.
Le lourd bilan de la répression

La situation des droits de l’homme en Iran reste au cœur des préoccupations, avec des bilans humains qui divergent selon les sources mais demeurent tragiques. D’après le groupe Human Rights Activists News Agency (HRANA), basé aux États-Unis, au moins 7 008 personnes ont été tuées lors des protestations du début du mois de janvier. La majorité des victimes seraient des manifestants. L’organisation rapporte également un chiffre massif concernant les arrestations : plus de 53 000 personnes ont été interpellées depuis le début du mouvement.
Les autorités iraniennes présentent une version différente des faits. Selon les chiffres officiels, les manifestations auraient fait plus de 3 000 morts, et Téhéran affirme qu’il s’agit en grande majorité de membres des forces de sécurité ou de simples passants. Si quelques figures du courant réformateur ont été libérées récemment, la pression judiciaire reste intense sur les contestataires.
L’ONG Iran Human Rights (IHR) alerte sur le sort de centaines de personnes actuellement poursuivies pour des chefs d’accusation directement liés aux manifestations. Ces procédures judiciaires font craindre le pire aux observateurs, car elles pourraient aboutir à des condamnations à mort, prolongeant ainsi le cycle de violence qui déchire le pays.
Selon la source : tvanouvelles.ca
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