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Charles Milliard et l’ère des « petits politiciens » : un nouveau souffle pour le PLQ ?
Crédit: Side-by-side fusion: "Charles Milliard Août 2024 (cropped).jpg" by TVA Nouvelles licensed under CC BY 3.0 via Wikimedia Commons + "Flag of Quebec.jpg" by Quintin Soloviev licensed under CC BY 4.0 via Wikimedia Commons

Charles Milliard : un nouveau visage pour le Parti libéral du Québec

L’arrivée de Charles Milliard à la tête de l’ancien parti de Robert Bourassa marque un tournant dans le paysage politique québécois. Bien que l’homme puisse encore surprendre par son action future, son ascension suscite pour l’instant une certaine réserve au sein de l’opinion publique. Comme le veut l’adage, il convient de « donner la chance au coureur », mais force est de constater que son nom ne provoque pas encore de grands frissons d’enthousiasme.

Le fait que l’ancien président de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) soit le seul chef que la formation libérale ait pu trouver est perçu par certains observateurs comme un signe des temps. Cette situation soulève des questions sur l’évolution de la fonction politique, passant d’une ère de figures historiques à une période marquée par des profils de gestionnaires. La province semble désormais dirigée avec une approche rappelant la gestion d’une boutique, d’une pharmacie ou d’une caisse populaire.

La fin des grands projets de société ?

Dans le contexte actuel, la quête d’un grand projet de société semble s’essouffler. À l’exception de Paul St-Pierre Plamondon (PSPP), qui maintient l’objectif de faire du Québec un pays, peu de politiciens proposent aujourd’hui une vision qualifiée de passionnante ou de stimulante. Le discours politique se cristallise souvent autour de slogans perçus comme répétitifs et dépourvus de relief, tels que « l’intégrité, la transparence, la croissance économique, remettre de l’ordre dans les finances publiques » ou encore « un Québec fort dans un Canada uni ».

Cette rhétorique, employée par divers chefs de parti depuis quatre décennies, est parfois comparée à celle d’un gérant d’épicerie vantant ses produits. On entendrait presque : « Les meilleurs produits au meilleur prix ! C’est chez nous que vous trouverez les framboises les plus fraîches ! ». Cette tendance soulève une interrogation sur la capacité des leaders actuels à faire rêver les électeurs, alors que l’horizon semble se rétrécir derrière les écrans du quotidien.

L’intelligence artificielle au service des programmes politiques

L’influence de la technologie sur la pensée politique est de plus en plus palpable. L’idée que l’on puisse demander à une intelligence artificielle : « Chère IA, écris-moi un programme de parti ! » illustre une crainte de voir l’originalité disparaître au profit d’une « peinture à numéros ». Les programmes qui en résultent sont souvent décrits comme des textes propres, utilisant les bons mots-clés comme « intégrité », « nationalisme » ou « rassembleur », mais manquant de la passion nécessaire pour mobiliser les foules.

Cette production politique est parfois comparée à une musique créée par ordinateur : plate, sans profondeur ni élan. Ce qui n’aurait autrefois obtenu qu’une note de passage semble aujourd’hui, dans un contexte de médiocrité ambiante, décrocher des mentions d’excellence. Le recours au copier-coller des succès électoraux des quarante dernières années semble être devenu la norme pour les nouvelles générations de politiciens.

De la grandeur de De Gaulle aux préoccupations du quotidien

Le philosophe Michel Onfray, dans son essai Vies parallèles consacré à Charles de Gaulle, souligne une perte de la notion de grandeur depuis la disparition du Général en novembre 1970. Selon lui, le peuple ne rêve plus et adopte une pensée « en rase-mottes ». Cette vision rejoint les mots de Boris Vian dans La complainte du progrès, où les aspirations se limitent à posséder « un ratatine-ordures, un pistolet à gaufres et une tourniquette pour faire de la vinaigrette ».

Cette analyse fait écho aux propos de Pierre Falardeau, qui affirmait avec son franc-parler habituel : « La seule chose qui intéresse les Québécois est le pH de leur piscine. » Ces références culturelles illustrent un glissement des préoccupations collectives vers un confort matériel immédiat, délaissant les grandes ambitions nationales ou sociales au profit d’une gestion du quotidien très terre-à-terre.

L’économie et la survie : les nouveaux horizons politiques

La réalité économique actuelle, marquée par une inflation persistante, joue un rôle déterminant dans les attentes des citoyens. Lorsque les difficultés financières s’accumulent, la priorité n’est plus au rêve mais à la survie. Les électeurs ne demandent plus nécessairement à leurs représentants de leur faire « sentir le vent du large », mais plutôt de les aider concrètement à se loger et à nourrir leur famille dans un contexte difficile.

C’est dans ce cadre que s’inscrit l’élection de Charles Milliard à la tête du PLQ. Il n’est pas perçu comme celui qui promet un « beau grand voyage », mais plutôt comme un gestionnaire capable d’assurer un « tour de machine autour du bloc ». Cette approche pragmatique répond à une époque où l’économie dicte le rythme et où la politique se concentre sur la gestion des nécessités immédiates plutôt que sur les vastes horizons.

Selon la source : journaldemontreal.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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