Québec : 55 minutes de bus pour 6 kilomètres, le parcours du combattant d’un usager
Auteur: Adam David
Un trajet quotidien de 55 minutes pour 6 kilomètres
La situation est qualifiée de « cauchemar » par un usager régulier du Réseau de transport de la Capitale (RTC). Philippe Girard, un résident de Québec, a décidé de témoigner des difficultés qu’il rencontre quotidiennement pour effectuer ses déplacements professionnels. Pour franchir la distance de seulement 6 kilomètres qui sépare son domicile de son lieu de travail, il doit compter près d’une heure de trajet.
Cette prise de parole intervient en réaction directe à un reportage récent du Journal, qui mettait en lumière les pires arrêts de bus de la ville identifiés par divers organismes. M. Girard a tenu à élargir le débat au-delà de la simple localisation des arrêts, pointant du doigt une problématique plus structurelle du réseau.
Ce père de famille résidant dans le quartier Montcalm ne mâche pas ses mots concernant l’organisation actuelle du transport en commun. Il déclare : « La catastrophe du RTC ne relève pas que des arrêts qui mettent en danger les usagers. En fait, il faudrait faire table rase des trajets et repartir à neuf ».
Des détours complexes et l’absence de lien direct
Philippe Girard a fait un choix de vie significatif il y a quelques années en se départissant de sa voiture personnelle. Il privilégie depuis le transport collectif ou actif pour ses trajets vers le boulot. Il explique la proximité géographique paradoxale de sa destination : « Je dois me déplacer sur 6 km pour aller travailler dans Lebourgneuf. Je vois littéralement mon bureau de ma maison ».
Si le vélo s’avère être une solution efficace durant la belle saison grâce aux voies cyclables réservées, la situation se complique considérablement dès l’arrivée de l’hiver. L’usager se tourne alors vers l’application Nomade pour planifier ses itinéraires, mais les résultats proposés sont loin d’être directs.
Les options suggérées imposent des détours importants, soit par le centre-ville via le quartier Saint-Sauveur, soit par l’autoroute Robert-Bourassa vers l’Université Laval. M. Girard détaille son expérience : « L’application Nomade est imparable. On me fait passer tantôt par le centre-ville en traversant à pied le labyrinthe du quartier Saint-Sauveur, tantôt par l’autoroute Robert-Bourassa, me forçant un long détour jusqu’à l’Université Laval. Aucun lien direct. Je devrai prendre deux sinon trois autobus. Temps de trajet: en moyenne 55 minutes… à l’heure de pointe ».
La marche forcée et les défis de la fréquence
Face à ces temps de transport en commun, l’application propose parfois la marche comme alternative, mais le temps estimé grimpe à 180 minutes pour l’aller-retour. Même en optant pour l’autobus, la marche reste une composante inévitable du voyage, avec des segments pédestres significatifs intégrés aux itinéraires.
La fréquence de passage des bus ajoute une pression supplémentaire sur l’horaire de cet usager. Avec un passage toutes les 30 minutes, la marge de manœuvre est inexistante. Il souligne : « Aucun des trajets proposés n’inclut une promenade de moins de 20 minutes. La fréquence de 30 minutes ne laisse pas place à l’erreur si on veut éviter le courroux du patron le matin ou celui des enfants affamés le soir! ».
M. Girard plaide pour une amélioration de l’efficacité des trajets sur l’axe nord-sud. Face à la lenteur des changements, il utilise l’ironie pour décrire son sentiment d’impuissance : « En attendant, j’en viens paradoxalement à espérer le réchauffement planétaire qui me permettra, au rythme où vont les choses, de prendre mon vélo à l’année avant ma retraite ».
La réponse du RTC sur la sécurité et la couverture
Interpellé sur la question des arrêts problématiques soulevée par le reportage initial, le RTC a tenu à préciser sa position. L’organisme assure qu’il « s’assure toujours que l’arrêt correspond à ses normes de sécurité » et encourage les usagers à signaler tout problème rencontré sur le terrain.
Le transporteur reconnaît toutefois que certains emplacements peuvent sembler moins accueillants en raison de leur environnement immédiat. Cette situation découle de la volonté de couvrir l’intégralité du territoire, y compris les zones moins résidentielles.
Marylin Dion, porte-parole du RTC, a expliqué cette logique de desserte : « Bien qu’il soit conscient que l’emplacement de certains arrêts est moins attractif en raison de la zone dans laquelle ils se trouvent, le RTC fait le choix de desservir l’ensemble du territoire, incluant les secteurs industriels ou encore les secteurs où la circulation est plus dense ».
Optimisations du réseau et ajout d’heures de service
Au-delà des questions de sécurité et de localisation, le RTC a également communiqué sur l’évolution quantitative de son réseau pour l’année 2025. Des ajustements sont effectués régulièrement, ce qui entraîne des variations dans le nombre d’arrêts disponibles.
Le réseau confirme la perte de 87 arrêts pour l’année 2025. L’organisme justifie cette diminution par des « optimisations » continues du service, le nombre d’arrêts fluctuant ainsi d’une année à l’autre selon les besoins et les analyses.
Pour contrebalancer cette réduction du nombre d’arrêts, le RTC met en avant l’augmentation de son offre globale de service. L’organisme plaide en effet que 45 000 heures de service ont été ajoutées sur le réseau en 2025, visant à améliorer la desserte globale.
Selon la source : journaldequebec.com
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