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Vaccins Covid et caillots sanguins : le mystère scientifique enfin élucidé après des années d’enquête
Crédit: lanature.ca (image IA)

Une énigme médicale résolue pour la sécurité future

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Après plusieurs années de recherches intensives, la communauté scientifique vient de lever le voile sur un effet secondaire inhabituel ayant affecté certains receveurs des vaccins contre le COVID-19 développés par Oxford/AstraZeneca et Johnson & Johnson. Cette découverte marque un tournant décisif, car elle offre désormais aux développeurs de vaccins les clés pour éliminer ce risque spécifique.

L’enjeu principal de cette avancée réside dans la capacité future à produire des vaccins plus sûrs basés sur la même technologie. En comprenant précisément les mécanismes à l’œuvre, les chercheurs estiment qu’il est possible d’empêcher que ces mêmes problèmes ne se reproduisent à l’avenir, sécurisant ainsi les prochaines campagnes de vaccination mondiales.

Cette résolution intervient après une longue période d’incertitude concernant ces effets indésirables rares. La compréhension totale du phénomène permet de clore un chapitre complexe de l’histoire de la pandémie et d’ouvrir la voie à des interventions médicales optimisées.

Une technologie différente des vaccins à ARN messager

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La majorité des vaccins contre le COVID-19 encore utilisés aujourd’hui reposent sur la technologie de l’ARN messager (ARNm), comme ceux de Pfizer et Moderna. Cependant, certains des premiers vaccins déployés au début de la pandémie, notamment ceux d’Oxford/AstraZeneca au Royaume-Uni et de Johnson & Johnson aux États-Unis, fonctionnaient différemment. Il s’agissait de vaccins à vecteur adénoviral.

Cette méthode utilise un virus porteur inoffensif pour l’homme, dans ce cas précis un adénovirus, pour transporter une partie du virus contre lequel on cherche réellement à vacciner. La rapidité de développement de ces vaccins s’explique par l’antériorité de cette technologie. Les développeurs du vaccin Oxford/AstraZeneca testaient déjà un vaccin à vecteur adénoviral contre le MERS, un autre coronavirus, lorsque la pandémie a frappé.

Ces vaccins se sont révélés très efficaces. Aux côtés des vaccins à ARNm, ils ont constitué les pierres angulaires de la réponse initiale à la pandémie. Ils ont contribué à inverser la courbe des infections, à sauver des vies et ont permis la levée des restrictions sanitaires à travers le monde.

L’identification du VITT et du facteur plaquettaire 4

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Aucune intervention médicale n’est totalement exempte de risques, et il est rapidement apparu qu’un effet secondaire très rare touchait certaines personnes recevant les vaccins à adénovirus. Ce trouble a été nommé thrombocytopénie thrombotique immunitaire induite par le vaccin, ou VITT (vaccine-induced immune thrombocytopenia and thrombosis).

Cette affection est grave et potentiellement mortelle. Elle provoque la formation de caillots sanguins parallèlement à une chute brutale du nombre de plaquettes. Initialement déroutant pour le corps médical, il a été rapidement découvert que le VITT était causé par un auto-anticorps inhabituel que certaines personnes portent contre une protéine humaine appelée facteur plaquettaire 4 (PF4).

La corrélation entre l’administration du vaccin et cette réaction auto-immune spécifique a constitué la première pièce du puzzle. Comprendre pourquoi l’organisme se retournait contre ses propres plaquettes restait cependant à élucider pour les scientifiques.

Une enquête internationale en plusieurs étapes

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Une équipe internationale de scientifiques, dirigée par un groupe de l’Université Flinders en Australie, rapporte aujourd’hui l’étape finale de leur quête. Leur objectif était de comprendre exactement comment les auto-anticorps PF4 conduisent au VITT, quels composants du vaccin provoquent la réaction et s’il est possible de la prévenir.

Le co-auteur, le professeur Tom Gordon, a déclaré : « C’est un voyage fascinant avec une équipe internationale exceptionnelle de collaborateurs pour compléter une trilogie de publications dans le New England Journal of Medicine afin de résoudre le mystère de ce nouveau groupe de troubles de la coagulation sanguine, et potentiellement traduire nos découvertes en vaccins plus sûrs. »

La première étape de cette résolution a eu lieu en 2022. Le professeur Gordon et le Dr Jing Jing Wang ont co-dirigé une étude qui a découvert les facteurs de risque génétiques sous-jacents à l’auto-anticorps PF4. Une autre étude menée en 2023 a ensuite relié les points, démontrant que ces mêmes facteurs de risque pouvaient causer un trouble semblable au VITT chez certaines personnes après une exposition à un adénovirus humain naturel. Bien que les adénovirus utilisés dans les vaccins ne soient pas pathogènes pour l’homme, il existe des adénovirus responsables du rhume.

La confusion moléculaire au cœur du problème

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La deuxième étape majeure a consisté à réunir tous ces groupes de scientifiques pour confirmer que le VITT causé par les vaccins et le trouble similaire causé par une infection naturelle étaient essentiellement identiques. Cette conclusion suggérait que c’était l’adénovirus lui-même, et non un autre composant du vaccin, qui était en cause.

Désormais, l’équipe a utilisé une analyse moléculaire puissante pour découvrir pourquoi l’exposition à un adénovirus provoque cette réaction chez certaines personnes. Leurs corps confondent une protéine naturelle de l’adénovirus avec la protéine humaine PF4. Cette confusion amène les auto-anticorps à s’activer et à déclencher la réponse de coagulation nocive.

Le Dr Wang explique la portée de cette découverte pour l’avenir : « En modifiant ou en supprimant cette protéine spécifique de l’adénovirus, les futurs vaccins peuvent éviter cette réaction extrêmement rare tout en continuant à offrir une forte protection contre la maladie. »

Un triomphe de la science et de la régulation

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Cette saga entière illustre le fonctionnement optimal de la science et des pratiques réglementaires. Une fois l’effet secondaire identifié, des changements ont été apportés aux plans de déploiement des vaccins pour garantir que les personnes les plus à risque se voient proposer un vaccin différent. Dans les années qui ont suivi, en arrière-plan, des scientifiques du monde entier ont travaillé pour comprendre la situation et trouver comment empêcher qu’elle ne se reproduise.

Le co-auteur, le professeur James McCluskey, commente ainsi l’achèvement de ces travaux : « C’est un brillant travail de détective moléculaire, l’aboutissement d’un ensemble de travaux qui démêle la base génétique et structurelle de la façon dont une réponse immunitaire normale à une protéine virale conduit à une auto-immunité pathogène. »

L’étude complète détaillant ces découvertes est publiée dans le prestigieux New England Journal of Medicine.

Selon la source : iflscience.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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