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Des scientifiques ont découvert que les vers à soie possèdent un secret génétique de longévité. Et vous aussi
Crédit: lanature.ca (image IA)

Du cinéma d’horreur à la découverte scientifique

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Les papillons de nuit sont souvent sous-estimés, mais leurs larves connaissent actuellement un regain d’intérêt inattendu. La larve du papillon de soie, scientifiquement nommée Bombyx mori et plus communément appelée ver à soie, a récemment marqué les esprits dans le film d’horreur corporel The Ugly Stepsister. Dans cette œuvre, on y voit ces créatures tisser de la soie toute la nuit pour créer une robe de bal bleue chatoyante, une vision décidément plus effrayante, mais aussi plus réaliste, que la baguette magique d’une fée marraine.

Cependant, loin des projecteurs du cinéma de genre, ces insectes font aujourd’hui la une des journaux pour une raison bien plus terre-à-terre : leurs secrets anti-âge. Il s’avère que les vers à soie dissimulaient ce qui se rapproche le plus de la magie biologique.

Une équipe de chercheurs de l’Université du Sud-Ouest à Chongqing, en Chine, a mis en lumière un mécanisme fascinant en comparant différentes souches de vers à soie. Ils ont découvert que les larves possédant des niveaux plus élevés d’une enzyme métabolique spécifique avaient tendance à vivre plus longtemps. Cette enzyme, connue sous le nom de nicotinamide adénine dinucléotide, ou NAD+, semble être la clé de cette longévité accrue.

Le rôle crucial de l’enzyme NAD+ et du gène BmNmnat1

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L’étude menée par les scientifiques chinois a révélé que les vers à soie vivant le plus longtemps présentaient une expression plus élevée du gène BmNmnat1. Ce gène est essentiel à la synthèse du NAD+. L’enzyme NAD+ joue un rôle polyvalent et critique dans l’organisme : elle est impliquée dans la réparation de l’ADN, la génération de mitochondries et la synthèse de l’ATP, qui est la source d’énergie mitochondriale.

Mais ses fonctions ne s’arrêtent pas là. Cette enzyme protège également les neurones et équilibre le stress oxydatif. C’est l’ensemble de ces actions combinées qui permet d’allonger la durée de vie et de promouvoir une meilleure santé durant le processus de vieillissement.

Dans leur étude récemment publiée dans la revue Insect Science, les chercheurs déclarent : « Alors que le rôle du métabolisme du NAD+ dans le vieillissement des mammifères a été bien étudié, sa signification dans les systèmes invertébrés reste sous-explorée. Ici, nous établissons le ver à soie (Bombyx mori) comme un nouveau modèle pour étudier la régulation de la durée de vie dépendante du NAD+. »

Des parallèles inattendus avec la biologie humaine

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L’intérêt de la recherche pour les vers à soie s’est accru en raison de parallèles inattendus avec les gènes humains. Des expériences antérieures avaient déjà démontré que la durée de vie des vers à soie pouvait être prolongée grâce au resvératrol, un antioxydant, et au GABA, un neurotransmetteur. Toutefois, jusqu’à présent, il n’y avait pas eu beaucoup de recherches axées spécifiquement sur le NAD+ et le vieillissement chez ces insectes.

Il existe trois voies métaboliques par lesquelles le NAD+ est synthétisé. Toutes finissent par atteindre des catalyseurs connus sous le nom de NM-NATs, tels que le NMNAT1. Ces catalyseurs commencent à convertir le précurseur mononucléotide d’acide nicotinique, ou NAMN, en NAD+. Les chercheurs notent que les changements dans les niveaux de NAD+ liés au vieillissement sont influencés par le NMNAT1 ainsi que par d’autres enzymes.

Ce mécanisme complexe souligne l’importance de comprendre comment ces voies métaboliques interagissent pour influencer la longévité, non seulement chez l’insecte, mais potentiellement chez d’autres organismes.

Localisation de l’expression génétique et expériences curatives

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Ce que les chercheurs ont observé chez les souches de vers à soie à longue vie, ce sont des niveaux supérieurs de NAD+ et une expression accrue du gène BmNmnat1. Ce gène s’est révélé être fortement exprimé dans tous les tissus et à toutes les phases de la vie de l’insecte. Cependant, cette expression était encore plus marquée durant le stade pupal tardif et au début de l’âge adulte, spécifiquement dans la trachée, l’épiderme et l’intestin moyen.

C’est en raison de cette localisation et de ce timing que l’on pense que l’expression de BmNmnat1 soit pousse les fluctuations des niveaux de NAD+ durant le processus de vieillissement, soit y répond d’une manière ou d’une autre. De plus, il a été découvert qu’un précurseur du NAD+, le NA (une forme de vitamine B3), influence de manière spectaculaire les niveaux de NAD+.

Pour tester cette hypothèse, les vers à soie ont reçu une injection de D-Gal, un inducteur de vieillissement. Le traitement ultérieur avec du NA a favorisé la récupération de la prolifération cellulaire, suggérant un effet réparateur direct.

Impacts alimentaires et conséquences génétiques vitales

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Ces résultats prometteurs ont piqué la curiosité des chercheurs : le NA pouvait-il inverser le vieillissement s’il était ingéré comme complément alimentaire ? Lorsqu’ils ont nourri les vers avec des feuilles enrichies, ils n’ont constaté aucune différence évidente de croissance. En revanche, les papillons adultes qui avaient consommé plus de NA à l’état larvaire ont vécu plus longtemps.

Des effets antioxydants apparents ont également été observés chez les larves. Une plus grande quantité de NA a conduit à des niveaux plus élevés de NAD+, ce qui a permis de maintenir à un niveau bas les espèces réactives de l’oxygène, responsables du stress oxydatif. Le NA a également stimulé l’expression de BmNmnat1, entraînant une synthèse accrue de NAD+.

A contrario, l’inactivation du gène BmNmnat1 a eu des conséquences désastreuses. Elle a conduit à des mutations et à des décès chez les vers à soie non éclos. Pour ceux qui ont réussi à éclore, leur durée de vie a été considérablement raccourcie. Cela prouve que le gène est aussi critique pour le développement précoce qu’il l’est pour la longévité.

Une magie biologique au service de la science

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Les conclusions de cette étude ouvrent des perspectives intéressantes sur la manipulation biologique du vieillissement. Les chercheurs résument ainsi leurs travaux : « Grâce à la manipulation génétique et à l’intervention métabolique, nous avons vérifié les réponses physiologiques déclenchées par les fluctuations du niveau de NAD+ et établi le NA comme une intervention efficace pour retarder le vieillissement. »

Bien que les vers à soie ne soient pas près de faire apparaître des tenues pour un bal royal de sitôt, ils opèrent apparemment leur propre forme de magie. En nous montrant comment le processus de vieillissement peut être ralenti, ils offrent des pistes précieuses pour la compréhension des mécanismes de la longévité.

Selon la source : popularmechanics.com

Créé par des humains, assisté par IA.

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