Un arrêt brutal des opérations annoncé mardi
C’est une annonce majeure pour l’économie locale qui a été officialisée ce mardi. La compagnie minière canadienne Sherritt a fait savoir, par le biais d’un communiqué officiel, qu’elle devait mettre un coup d’arrêt à ses opérations sur l’île. La décision est sans appel : l’entreprise va « suspendre ses activités minières à Cuba ».
Cette interruption brutale n’est pas due à un problème technique interne, mais bien à une cause externe qui paralyse le fonctionnement industriel. La compagnie justifie cette mesure drastique en raison des « contraintes d’approvisionnement en carburant affectant le pays ». Une situation logistique qui rend impossible la poursuite normale de l’extraction pour le moment.
Le site de Moa : un poumon économique à l’arrêt
L’impact de cette suspension se concentre sur un site stratégique : la mine de Moa. Située dans la province d’Holguin, dans la partie est de l’île, cette exploitation est le cœur de l’activité de Sherritt sur le territoire cubain. C’est ici que l’entreprise extrait deux ressources précieuses : le nickel et le cobalt.
L’ancrage de la compagnie canadienne dans cette région n’est pas récent. Sherritt opère sur place dans le cadre d’un partenariat de longue date. Elle est en effet engagée depuis 1991 dans la coentreprise Moa Nickel S.A., une structure qu’elle partage directement avec l’État cubain. Cet arrêt marque donc une pause dans une collaboration industrielle vieille de plus de trente ans.
Une crise énergétique aux racines géopolitiques
Cette décision intervient dans un contexte économique particulièrement tendu pour l’île. Le nickel représente l’un des principaux produits d’exportation de Cuba, ce qui rend cette suspension d’autant plus critique. Le pays est actuellement confronté à une grave crise énergétique qui fragilise l’ensemble de son tissu industriel.
Les causes de cette pénurie sont multiples et géopolitiques. La crise s’est accentuée depuis la fin des livraisons de pétrole par le Venezuela, une conséquence directe de la chute de Nicolas Maduro. À cela s’ajoutent les pressions extérieures, notamment face aux menaces de Washington d’imposer des droits de douane aux pays qui vendent du pétrole à l’île, isolant davantage Cuba sur le marché énergétique.
Logistique : aucune visibilité sur la reprise
Sur le terrain, la situation logistique semble être dans une impasse totale à court terme. La direction de Sherritt a été transparente sur les informations reçues des fournisseurs locaux. La compagnie indique avoir « été informée que les livraisons de carburant prévues pour Moa ne seront pas honorées ».
L’incertitude plane désormais sur la date d’un retour à la normale. Sans carburant, les machines ne peuvent tourner, et aucune visibilité n’est offerte pour l’instant. Comme le précise le communiqué de l’entreprise, « le calendrier de reprise des livraisons est à ce jour inconnu », laissant les opérations de Moa dans l’expectative.
Les opérations canadiennes préservées pour le moment
Malgré cette paralysie à Cuba, la compagnie tient à rassurer sur ses activités nord-américaines. La compagnie souligne qu’« à l’heure actuelle, il n’y a aucun impact immédiat sur les opérations à Fort Saskatchewan, en Alberta ». La chaîne de production canadienne ne subit pas encore le contrecoup de l’arrêt caribéen.
L’usine de transformation poursuit son travail habituel. Sherritt affirme que « la raffinerie continue de produire du nickel et du cobalt finis destinés à la vente ». L’entreprise dispose d’une marge de manœuvre grâce à ses réserves actuelles. « Les stocks d’alimentation dont elle dispose pour cette production devraient suffire jusqu’à environ la mi-avril », conclut le communiqué, offrant un sursis de quelques semaines.
Selon la source : tvanouvelles.ca
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